
Les tarifs des frais bancaires vont augmenter de 3%. Le journaliste François Langlet faisait justement remarquer que c’était là un paradoxe et non des moindres. En effet, une augmentation, en théorie, coïncide à une compensation pour maintenir un service, une activité, à flot et économiquement viable. Or en ce qui concerne les frais bancaires qui devraient correspondre à une augmentation des charges, c’est l’inverse qui se produit.
Moins d’agences, globalement moins de personnel et surtout l’essentiel des transactions faites par les clients eux-mêmes sur internet. Si le traitement informatique des opérations était à ce point onéreux, on assisterait à un retour en arrière, ce qui n’est pas le cas. Les banques augmentent donc le prix de quelque chose qui n’existe quasiment plus, et personne ne peut rien faire contre. C’est absurde dans un sens et lucratif dans l’autre, mais n’est-on pas habitué à vivre dans un Etat incohérent qui préfère continuer à dépenser au lieu d’économiser ? Mais le journaliste qui dénonçait ce rapt, aurait pu aller plus loin. Ce n’est pas le seul secteur où l’on peut détecter semblables pratiques.
Les consommateurs sont devenus pour beaucoup des usagers pris au piège d’un système qui oblige, par la loi, où par la restriction de l’offre à l’utilisation de certains services en état de monopole, sans s’être assuré au préalable qu’il n’y a pas d’abus dans le prix proposé. Bien entendu, il parait utopique de penser que la pluralité peut s’exercer partout, mais entre un marché ouvert où la concurrence fait le jeu d’un prix juste, et un marché fermé où les ententes, même tacites, se font au détriment du consommateur, il y a un monde. Le journaliste aurait pu tout aussi bien parler des assurances auto qui augmentent de 8% quand les indemnités progressent elles de 2% maximum, ou du montant des abonnements numériques, surfant et bénéficiant d’un public fidèle, tandis que les coûts marginaux des utilisateurs quasiment nuls, et les infrastructures déjà amorties, font de leurs augmentations une rente facile et régulière. Il aurait pu également s’intéresser aux frais universitaires. Les démarches en ligne sont la règle, le personnel diminue mais les prix progressent ? Pour quelle raison ? Le consommateur est berné sur toute la ligne et nos parlementaires, ne voient pas là un sujet à débattre ? Il est clair que le souci n’est pas de réduire les dépenses inutiles ou scandaleuses, et le budget Lecornu n’a pas été construit sur cette base, bien au contraire. C’est ce qui a séduit le PS et les LR qui ont décidé de poursuivre dans l’absurde et le futile mais en se frottant le ventre, satisfaits, car « l’essentiel a été préservé » : nous avons un budget, et accessoirement ils gardent leurs sièges, ce qui pour les LR et quasiment tous les autres, est bien le principal. Que ce budget soit bancal, pourri, spoliateur, ce n’est là qu’un détail, en attendant le contribuable continue de se faire rincer, et quand il prend sa casquette de consommateur, d’usager, ça recommence.
Au RPF nous voulons tout remettre à plat, pour supprimer non seulement ce qui nous coûte, mais aussi ce qui n’a pas lieu d’être facturé ou augmenté sans qu’on apporte la preuve de cette nécessité. Libérer du pouvoir d’achat pour relancer l’économie, celle qui permet par sa consommation de créer de la vraie richesse. L’augmentation des frais bancaires, des cotisations, des assurances, ou des frais d’enregistrement universitaires etc, ne n’enfanteront strictement rien au niveau économique et feront gonfler mécaniquement un PIB qui ne représente plus la valeur intrinsèque de pays. Que dire de ces taxes qui font artificiellement grimper les factures d’eau, d’électricité, mais qui nous sont vendues comme indispensables, soit pour assurer une qualité d’eau qui ne s’améliore pas pour autant, ou pour justifier d’une gestion plus lourde des compteurs électriques autres que Linky, alors que les relevés sont transmis par les clients eux-mêmes et qu’il n’y a pas d’intervention technique spécifique régulière. Tout est fait dans une logique de contrainte et d’essorage des citoyens, leur faire payer tout et n’importe quoi, parce qu’il faut garantir une rente aux actionnaires. Il y a là matière à réflexion sur le montant raisonnable à reverser sans mettre en péril l’investissement tout en préservant le pouvoir d’achat. C’est ce travail qui devrait être fait par nos députés au lieu de se concentrer sur une loi pour euthanasier les plus faibles, les plus exposés et demain sans doute les moins solvables…