
Un vingt–huitième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Frédéric Le Play tiré de La réforme sociale.
La cause de notre impuissance est en nous-mêmes : elle dérive des faux dogmes de 1789 qui, sauf de rares exceptions individuelles, ont pénétré, de haut en bas, jusque dans les classes inférieures de la hiérarchie sociale. Ces faux dogmes ont mis la nation française en dehors des vérités traditionnelles qui conservent la paix et la stabilité chez les races prospères de notre temps.
La voie fausse qui nous conduit à l’abîme est ouverte par le mépris du passé, inoculé à la nation par les hommes de la Terreur. Le remède sera dans la restauration du respect dû au passé. Plaise à Dieu que cette restauration se fasse avant l’arrivée des grandes catastrophes fruits de l’erreur où nous vivons depuis si longtemps !
Les trois dogmes de la Révolution et les violences exercées depuis 1789, par leurs adeptes, ont donné, chez nous, à l’antagonisme social des proportions qui n’existent, à ma connaissance, chez aucun autre peuple. En discréditant la loi morale, ces dogmes ont, en outre, fait naître un désordre peu connu dans l’histoire de l’humanité : l’intolérance du bien. Ces deux maux entraîneront promptement la ruine de notre race si toutes nos forces ne se réunissent pour en opérer la guérison.
L’esprit de la Révolution a privé la France des forces qu’elle trouvait autrefois, aux bonnes comme aux mauvaises époques, dans l’organisation du gouvernement local, dans les habitudes de la vie privée, dans l’obéissance aux coutumes et dans le respect des autorités constituées par Dieu et par les sociétés humaines.
On a souvent affirmé que l’humanité est naturellement portée vers le bien et que le mal provient seulement des institutions sociales. Cette fausse doctrine érige, pour ainsi dire, en dogmes deux sentiments fort dangereux : le mépris de toute autorité et l’amour des révolutions. Depuis 178, la France, plus que toute autre nation, a répandu ces erreurs dans l’Occident.
La Révolution a donné à la vie privée et au gouvernement local une organisation qui viole également les traditions de la vieille France et la pratique actuelle de tous les peuples prospères. Cette organisation est incompatible avec tout ordre social : elle ne saurait donc réussir ni avec le régime de contrainte ni avec le régime de liberté. Nous avons échoué dans toutes nos tentatives de réforme : car, sous la domination abusive des fonctionnaires et des légistes, nous conservons invariablement les seules institutions qu’il faudrait changer.
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