Un bon point pour l’honnêteté. La journaliste a au moins le courage d’avouer une incohérence très fréquente, à gauche, mais généralement cachée. Cette sincérité appréciable ne suffit cependant pas à éteindre toute lecture critique de son cas.
Une « croyance de luxe » mise à nu
D’apparence anodine, cette petite scène est au contraire très révélatrice. Elle illustre à merveille le concept de « croyances de luxe », ces préceptes humanistes prêchés par la gauche, la main sur le cœur, et qui finissent irrémédiablement par se fracasser sur le mur du réel. Comme le dit Isabelle Saporta, « on a des convictions, et puis un jour… » Et puis un jour, vous voyez l’état de l’école publique, le niveau d’endoctrinement de l’institution, la baisse de niveau des professeurs, la dangerosité de certains enfants scolarisés. Et ce jour-là, vous inscrivez votre enfant dans le privé. C’est le choix qu’ont également fait le socialiste Jérôme Guedj et de très nombreux ministres de l’Éducation, de Luc Chatel à Pap Ndiaye en passant par François Bayrou et Amélie Oudéa-Castéra.
Une autre croyance de luxe très populaire à gauche porte sur l’immigration. Nos élites bien-pensantes jurent leurs grands dieux que le bouleversement démographique que subit actuellement la France est chose merveilleuse. Elles nous invitent au « vivre ensemble », tout en se gardant bien d’en faire elles-mêmes l’expérience, protégées derrière les hautes clôtures de leurs résidences cossues. Il faudrait les croire sur parole et accepter sans broncher les conséquences de leur idéologie, sous peine d’être traité de raciste. C’est exactement ce qu’a fait Isabelle Saporta, le 25 février dernier, sur LCI. Alors qu’un entrepreneur français vivant aux États-Unis rapportait l’inquiétude des investisseurs américains face à l’islamisation de la France, la journaliste l’a immédiatement renvoyé aux « fachos proches de Trump ». « Peut-être qu’ils sont devenus racistes aussi, non, les Américains ? », a-t-elle balayé, méprisante.
Cette croyance de luxe finira cependant, elle aussi, par se fracasser contre le mur de la réalité. Sur le thème de l’immigration comme sur celui de l’école, « on a des convictions, et puis un jour… » On pense que c’est formidable d’accueillir toute la misère du monde, et puis un jour, on se retrouve face à une insécurité endémique, des conflits ethniques incessants et une enclave islamique en bas de chez soi. Et ce jour-là, on ouvre enfin les yeux et on s’adapte. Les mieux lotis déménagent, les autres prennent des cours de self-défense ou croisent les doigts en espérant ne pas se retrouver dans les pages faits divers de la presse locale.
Manifestement, Isabelle Saporta n’a pas encore fait l’expérience de ce magnifique « vivre ensemble ». Tant mieux pour elle. Privilégiée, la journaliste peut encore se payer le luxe de prôner des croyances erronées. Mais le réel finit toujours par nous rattraper.