
Ces alliances qu’on prétendait ne pas vouloir à gauche, mais que finalement on accepte bien volontiers. Comprenez, il y a les intentions, et à gauche ça vaut vertu, morale supérieure, on ne transige pas avec ! Et puis il y a la réalité. Donc, nous avions une rhétorique à gauche qui se voulait radicale, pas d’alliance avec le parti qualifié d’antisémite par certaines têtes socialistes, dont Olivier Faure. Oui mais voilà, beaucoup font les comptes, et sans un rapprochement des villes seront perdues et pas des moindres, Paris, Marseille, Lyon, etc…
La menace que la droite l’emporte est de plus en plus forte, et atteindre les 10% des suffrages exprimés s’annonce problématique sans ces alliances. En réponse à ces attaques, Mélenchon ne s’est pas privé, avec son éloquence caractéristique composée de provocations et de charges cinglantes, de comparer cet abandon à celui que le parti socialiste, en 1932, proposait pour empêcher les nazis d’arriver au pouvoir en Allemagne. Et l’argument bien que totalement infondé fait mouche, soit parce qu’à gauche personne n’a encore compris que le RN n’était pas d’extrême droite, il est tout juste de droite, soit parce que ce discours arrange bien ceux qui sont en perdition pour garder, ou résister, à l’effritement inévitable de ce que fut la gauche. Agiter une menace, même fictive, inventée de toutes pièces, n’est-ce pas le meilleur moyen pour justifier tout et n’importe quoi ?
On le voit à l’international, pourquoi se priver de faire la même chose en France ! Ainsi, la gauche se retrouve unie, presque malgré elle, mais avec une excuse qu’elle veut légitime : faire barrage à l’extrême droite. Le fameux barrage est de retour, il est l’arme absolue utilisée depuis des années, non pas pour proposer une alternative crédible, mais pour empêcher. Comme si écarter un concurrent constituait un programme. On connaît la réponse, non. La crainte d’une dérive extrême à droite est hypothétique, il n’y a factuellement pas de parti d’extrême droite en France, donc pas de quoi agiter un épouvantail qui n’existe pas. Au RPF, nous condamnons plutôt la dérive vers cette extrême gauche qui se radicalise à mesure qu’elle sent son hégémonie menacée, au point de casser et de tuer… Staline et pas mal d’autres gauchistes ont tout de même battu de nombreux records dans les domaines de la déportation et de l’emprisonnement, mais il semblerait que les geôles, quand elles sont gardées par des gens de gauche, soient moralement plus présentables, ne nous demandez pas pourquoi, nous n’en savons rien.
À l’heure actuelle, si on rajoute les alliances PS/LFI et les accords PC, écolos, nous arrivons à 112 accords électoraux. Mélenchon aurait-il gagné une fois de plus, réduisant les autres partis de gauche à ne pouvoir survivre qu’avec lui, ou plus clairement grâce à lui. Otages de LFI, les socialistes n’ont d’autres options pour se sortir de l’impasse dans laquelle ils s’enfoncent, que de prétendre qu’il n’y a pas d’accord national, mais que localement, chacun peut faire ce qu’il veut pour sauver sa peau. Étrange liberté tout de même qui permet d’un côté, ce qu’elle semblait condamner de l’autre. Rien d’étonnant venant de la gauche. En face nous avons la droite qui croit encore à cette virginité de pensée et se laisse emprisonner par le discours fallacieux de ses adversaires, s’interdisant moralement ce que les gauchistes s’autorisent sans la moindre hésitation. Quand, à la droite, elle se sent de là où la gauche lui dit qu’elle est et elle en tient compte. Qui dit que le RN est d’extrême droite ? La gauche… et la droite le croit et ne s’allie pas. Quand les responsables auront compris que la manœuvre est orchestrée pour qu’ils perdent, alors un autre avenir sera possible, mais visiblement ce n’est pas pour demain. Se rassurer en se disant qu’on est resté droit dans ses bottes n’est plus à ce niveau qu’une satisfaction de salon.