
Les services de renseignement allemands ont alerté récemment sur la radicalisation grandissante des jeunes musulmans Outre-Rhin. Chez nous, une autre enquête récente montrait qu’ils avaient tendance à donner plus d’importance aux préceptes de leur religion, plutôt qu’aux lois de la République. On ne voit d’ailleurs pas en quoi le problème serait différent d’un pays à l’autre, avec le même type d’immigration et de religion. L’étude officielle publiée en Allemagne sur l’adhésion aux déclarations islamistes chez les jeunes musulmans, fait une distinction entre l’adhésion latente 33,6 % en 2025 et l’adhésion manifeste, 11,5 %, soit le même phénomène que celui observé en France, sachant que chez nous s’ajoute le contentieux algérien et plus largement l’ancienne présence française au Maghreb. En sachant aussi que la spécificité musulmane de l’Allemagne est plutôt turque et que la Turquie dispose de son propre réseau de mosquées en Europe, y compris en France, où il est moins étoffé qu’en Allemagne et en concurrence avec les réseaux algérien et marocain.
Cependant, ce petit 11,5 % peut s’expliquer par un contexte sécuritaire allemand rendant l’expression explicite d’un soutien aux radicaux plus risquée, judiciairement parlant. Mais on voit ainsi émerger une radicalité “soft”, qui favorise la structuration communautaire, avec les réseaux sociaux comme outil de diffusion idéologique, notamment avec les moins de 40 ans et un ensemble de positionnements difficiles à évaluer de fait du phénomène de taqqya inhérent à cette religion. Egalement, la distinction est difficile à cerner entre ce qui relève du conservatisme religieux ou de l’attirance pour l’islam radical des générations plus jeunes. Tout en sachant que lors de ces enquêtes, une partie des personnes interrogées peut s’autocensurer. L’étude allemande, comme chez nous, note une augmentation de l’antisémitisme chez les jeunes musulmans, avec pour dénominateur commun, la date du 07 octobre 2023 et le conflit Israël-Palestine est cité comme un accélérateur de la radicalisation.
En France, pendant la campagne électorale des municipales, des signaux communautaires sont apparus assez clairement, des appels au vote communautaire à peine voilés, même si des réseaux très droitiers ont contribué à amplifier un phénomène, amplifier mais pas inventer. Au RPF, nous avons déjà évoqué des pistes de lutte contre l’islam politique, avec notamment l’interdiction du voile, dans les conseils municipaux, avec l’exemple de l’arrêté en ce sens du maire Gilles Platret. Les deux conseillers municipaux La France insoumise, dont l’une porte le voile, avaient saisi la justice et ont été déboutés. Donc le voile peut être interdit dans les conseils municipaux. Il devrait également l’être dans l’enseignement, il ne l’est pas dans l’enseignement supérieur. Egalement, nous proposions de l’interdire aux guichets de la République, CAF, France-Travail, Sécurité-Sociale et dans les entreprises en laissant aux entrepreneurs le soin de l’autoriser éventuellement dans leur entreprise… avant graduellement de l’interdire tout court, y compris dans l’espace public.
L’enseignement à tirer de cette enquête est en premier lieu le constat que si elle a été rendue nécessaire, c’est que le phénomène pose problème. Personne n’a jamais enquêté sur le degré d’adhésion à la loi française ou allemande des immigrés portugais. Et avec l’arrivée de plus de personnes dans les conseils municipaux des villes à l’issue des élections terminées ce week-end, il va être intéressant de suivre les évolutions de l’avancée, ou pas, de modalités religieuses dans les villes concernées.