Côté LFI, le maire de Saint-Denis appelle à une manifestation, ce samedi 4 avril, contre le racisme à la suite de propos (manipulés) tenus sur CNews. On peut gager sans risque que le drapeau français y sera très discret et le drapeau palestinien très présent. La gauche aime les drapeaux vert-rouge-noir mais pas bleu-blanc-rouge. Le drapeau national, signe de fierté pour tous les pays du monde – les Suisses le font orgueilleusement flotter dans leur jardin –, reste pour la gauche française un motif de haine jamais éteinte.
Car les querelles de drapeaux ne cessent de monter en puissance, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, après des décennies de mondialisation. Des générations d’enfants français ont appris à colorier des garçons et filles qui se donnent la main sur un globe sans frontières et sans drapeaux. Tout ce qui est patriote - le drapeau en tête - frise le nazisme, c'est entendu. Et pourtant...
La Macronie pleure bruyamment le drapeau européen
Le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, qui a annoncé à BV son intention d’ériger un monument en hommage au sacrifice du colonel de gendarmerie Beltrame dans sa ville, a donc délicatement retiré le drapeau européen de la façade de sa mairie, comme le décrit Sarah-Louise Guille. Comme lui, Anthony Garénaux-Glinkowski, le maire de Harnes (Pas-de-Calais), ou Bryan Masson, le maire de Cagnes-sur-mer (Alpes-Maritimes), retirent le drapeau européen du fronton de leur mairie.
Un geste vécu comme une provocation par le centre mou macroniste. Le parti du Président qui fit pavoiser, à Paris, l’Arc de Triomphe d’un immense drapeau européen, en janvier puis en mars 2022, ne se montre jamais froissé lorsque le drapeau français est vilipendé ou brûlé, lors des émeutes de nos banlieues ou des soirées post match de foot, par exemple. Jamais. La formation des anciens Premiers ministres de Macron, Édouard Philippe en tête, et de ses alliés passés ou actuels préfère pleurer bruyamment le retrait du drapeau européen de quelques frontons. À l’image de Nathalie Loiseau : « À part ça, le RN ne souhaite pas le Frexit. Mais bien sûr », peste-t-elle, sur X.
Toute la Macronie embraye et rappelle, sur X, les subventions européennes à l’exploitation agricole du maire de Carcassonne, à la ville ou à sa communauté de communes. Elle reprend les sommes versées, les chantiers payés par l’Europe, Erasmus, la politique agricole commune dont on aurait tort de nier les immenses bienfaits, comme en témoigne l'état de notre agriculture…
Pour ce centre mondialiste, le seul drapeau admis, le seul drapeau correct, est celui de l’UE. Pendant un an, le syndicat de faillite du macronisme et ses alliés vont ainsi expliquer à quel point nous devons tout à ce drapeau, à l’Europe. Et pourtant... Il suffit de rappeler que la France est contributrice nette de l’UE, c’est-à-dire qu’elle verse à l’UE davantage qu’elle n’en reçoit. Notre pays lourdement déficitaire (plus de 5 % de son PIB) versera à l’UE, en 2026, précisément 30,8 milliards d’euros, soit 5,8 milliards de plus que l’an dernier.
Talisman
Combien recevons-nous de l'UE ? En octobre dernier, le rapporteur spécial à l’Assemblée, le député Philippe Juvin (LR), s’alarmait de « la hausse extravagante du prélèvement sur recettes au bénéfice de l’Union européenne » sans que cette hausse ne donne lieu à un vrai débat. Il mettait les points sur les i et alignait les bons chiffres. « La contribution nette de la France au budget de l’Union ne cesse de s’accroître de CFP (cadre financier pluriannuel) en CFP : elle a plus que triplé, depuis les années 2000, passant de 2,6 milliards d’euros annuels en moyenne, entre 2000 et 2006, à 7,6 milliards d’euros annuels en moyenne, entre 2014 et 2020, pour atteindre 9,8 milliards d’euros annuels en moyenne, au titre des quatre premières années du CFP 2021–2027. » Entre ce que la France verse et ce qu’elle reçoit, il manque 10 milliards d’euros. Le reste ressort de la communication mensongère. La France du drapeau bleu-blanc-rouge se saigne pour le drapeau bleu de l'UE.
Les cris d’orfraie entendus quand quelques maires retirent le drapeau européen montrent qu’on touche là au talisman suprême. La querelle du drapeau est loin d’être close. Dans cette France qu'ils ont transformée en champ de bataille inextricable, le drapeau tricolore qui nous a coûté cher reste un signe de ralliement.
