
Un surprenant Ciotti Nissa la Bella ! Sa promenade des Anglais, son Negresco et ses voituriers en uniformes d’un autre âge, sa baie des Anges, son carnaval, sa salade – la vraie car, malheureusement, très peu de niçois, restaurateurs ou pas, savent encore la faire – sa socca, surtout celle de chez Pipo et son plus fidèle client, Dick Rivers, ses pans bagnats, surtout ceux de chez Tintin, ses magnifiques arènes de Cimiez, sa belle et populaire Fête des Mai, sa vieille ville pittoresque et parfumée et… ses zones méconnaissables qui donnent envie de pleurer à ceux qui ont connu gamins ces quartiers si beaux.
Il y a Pasteur qui rime avec horreur quand on voit une sortie d’école qu’il n’est pas recommandé de filmer sous peine de gros ennuis qui en disent long sur le devenir de la France. Pasteur et son magnifique vélodrome construit en 1927, qui a vu tant de champions français et étrangers s’affronter devant un peuple niçois en fête, ce vélodrome, donc, laissé à l’abandon quatre ans puis détruit en 1960 pour laisser place à des logements sociaux attribués maintenant en priorité aux… « prioritaires » !
Seule trace de ce passé glorieux, le nom d’une petite rue devenue sale et où plus personne ne parle français, Raoul Lesueur, prestigieux champion cycliste que personne ici ne connait. Puis l’Ariane et son magnifique grand prix cycliste disputé durant des décennies, chassé (par qui ?) dans un premier temps vers un autre quartier et disparu voilà maintenant trente ans, allez savoir pourquoi. Autre endroit réjouissant, les Moulins avec ses nombreuses et diverses animations nocturnes toute l’année. Et encore les Liserons devenus, comment vous dire… un endroit qui remplirait de bonheur Méchant-Con. Ne pas oublier Saint-Roch qu’il faudrait rebaptiser tout simplement Roch pour ne pas mettre mal à l’aise, voire provoquer les gens facilement irritables par ces noms trop « identitaires », Bon Voyage le bien nommé que les Niçois ont fui en quasi-totalité et puis… le reste, tout le reste. Certains appellent cela un héritage. Escro, Escro, Estrosi – pardon je bafouille, c’est dû à l’âge – alias Motodidacte, vient de rendre son tablier, sale, diront les mauvaises langues dont je ne fais évidemment pas partie.
Mais il faut quand même lui rendre cette justice en faisant savoir qu’afin de faciliter la prise de fonction de son remplaçant, Eric Ciotti, il aurait commencé un début de nettoyage en faisant disparaître de la mairie niçoise un certain nombre de dossiers… inutiles selon lui. Il aurait été interrompu dans cette tâche par des personnes voulant connaître le contenu de ces documents. C’est ce que j’ai lu. On aurait donc empêché Motodidacte de partir avec élégance en laissant place nette à son successeur. C’est triste mais mon affliction sera, je l’espère, de courte durée. Éric Ciotti démarre sur les chapeaux de roue en invitant les policiers municipaux de Seine-Saint-Denis à demander leurs mutations pour Nice. Cet appel pourrait avoir des conséquences considérables. Ciotti va faire des émules. D’autres maires vont s’inspirer de cette exhortation. Son message sous-entendu me semble clair : « Si vous me rejoignez, ce n’est pas pour faire de vous des boucs émissaires aux premiers cris d’orfraie des gauchistes, des propagandistes étatisés et autres parasites. Vous aurez mon soutien ». Ensuite, s’il y a pénurie de policiers « démissionnaires » dans le grand foutoir que devient ce département, le grand remplacement de ces derniers se fera par des recrues locales. Ainsi il sera difficile pour le camp des extrêmes cons de rester dans cet aveuglement volontaire et imbécile, devant ces enclaves qui se construisent sous nos yeux, comme l’avait annoncé sans prendre le moindre début de mesure l’incapable et stupide Hollande. Enfin, et c’est le plus dramatique, ces enclaves naissantes seront, dans peu de longtemps, le point de départ d’émeutes qui, je le crois, seront d’une ampleur encore jamais vue. Ciotti, que les crétins professionnels montreront du doigt, n’aura fait que crever un monstrueux abcès.
Jim Jeffender