Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Discrimination : le RN (encore) contraint de mendier auprès des banques…

Capture d'écran X
Capture d'écran X
Que le RN soit contesté, débattu, combattu même, c’est le jeu de la démocratie, auquel se prêtent tous les partis de France. Mais ceux qui, parmi les électeurs, mettent régulièrement en doute l’équilibre et la loyauté du jeu démocratique (les abstentionnistes, notamment) y verront la confirmation de leur conviction. Une fois de plus, le parti présidé par Jordan Bardella peine à financer auprès des banques la campagne présidentielle de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella. Pour mener campagne, le RN sollicite un emprunt de 10,7 millions d’euros. Le prêteur prend peu de risque financier, puisqu’il faudrait que le parti passe sous la barre des 5 % des suffrages pour que l’État décide de ne pas rembourser ses frais de campagne.

La quête d'une banque par le RN, qui repose désormais sur des effectifs d’élus importants à tous les niveaux, reste pourtant jusqu’ici infructueuse. Les demandes attendent patiemment au plus haut niveau hiérarchique de nos grandes banques, apparemment bien plus pressées de mettre en place les programmes internes d’un wokisme aberrant que de contribuer au fonctionnement de la démocratie. Soyons justes. Certains établissements ont été rapides comme l'éclair : la Société générale et la Banque postale ont déjà répondu. C’est non. Elles ne financent plus la vie politique, disent-elles…

Tracasserie soviétique

Drôle de démocratie où un parti - un seul -, le plus important dans les sondages, peine à se financer… En 2022, le RN avait essuyé une bronca médiatique après l’obtention d’un prêt auprès d’une banque hongroise. Stupeur et tremblements. Soudain, l’argent avait une odeur et ça ne sentait pas bon. Curieusement, on n’entend jamais les doléances de LFI vis-à-vis des banques françaises. On en déduit que le parti n’éprouve pas de difficulté à emprunter. Nulle plainte, non plus, du côté des Écologistes, pourtant pas très favorables au capitalisme et aux banques. Pas de gémissements, non plus, du côté du Parti socialiste, pourtant chroniquement menacé de disparition. Idem chez LR ou en Macronie, un parti en déroute après dix ans de pouvoir.

Cette difficulté d'accès aux banques françaises est donc bien réservée au premier parti de France, dont la dynamique dans les sondages n’est contestée par personne. À la seule formation qui ait, à ce stade de la compétition, la quasi-certitude d’accéder au second tour de la présidentielle.

La démocratie française donne donc des moyens différents aux différents partis politiques : tous combattent armés face à un parti dont une main est attachée dans le dos. Cette tracasserie soviétique passe crème, comme on dit, au « pays des droits de l'homme ».

Les militants à la rescousse...

Le RN, du coup, se finance dans une grande mesure auprès des particuliers, de ses militants. « On peut emprunter auprès de sympathisants et faire participer les candidats aux législatives par exemple, via des prêts familiaux ou des prêts à la consommation », nous explique Pierre Bourdelles, élu RN, adjoint aux finances de Carpentras et « référent » auprès des mandataires financiers du RN en PACA. « Mais ce sont de petits montants. ». Le parti avait recueilli 1.200 dons d’environ 100 euros pour financer la dernière campagne régionale en PACA. Un matelas limité (les dons sont plafonnés pour tous les partis à 4.600 euros par donateur), mais complété par des emprunts auprès de particuliers auxquels le RN sert un taux de 5 %. Lors des dernières législatives, le budget émanait ainsi largement des emprunts effectués par le RN auprès de particuliers. Au niveau local, du reste, certaines banques entrouvrent leurs comptes. La Banque postale, qui vient de fermer la porte à l’échelle nationale, a ainsi accepté d’ouvrir quelque 5.000 comptes pour chaque mandataire financier des candidats RN, moyennant 600 euros de frais par ouverture de compte ! Cohérence...

Mais pour la présidentielle, il faut trouver des montants plus substantiels : les frais de campagne sont plafonnés à 16,8 millions d’euros pour chaque candidat présent au premier tour et à 22,5 millions pour ceux qui atteignent le deuxième tour. Pas le choix, si on veut éviter d’être écrasé sous la propagande des partis concurrents. L’État remboursera au maximum 47,5 % de ces sommes.

L'accès à l'argent, nerf de la guerre, est loin d'être égal dans un pays qui se gargarise d'égalité et n'aime rien tant que donner des leçons de démocratie à la Terre entière.

Marc Baudriller

https://www.bvoltaire.fr/discrimination-le-rn-encore-contraint-de-mendier-aupres-des-banques/

Écrire un commentaire

Optionnel