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LFI, une perversion assumée

par Axel Tisserand

Les lettres « LFI », pour La France insoumise, blanches sur fond noir (aux éditons David Reiharcen miroir aux lettres « LTI », noires sur fond blanc, pour Lingua Tertii Imperii, le livre de Victor Klemperer (aux éditions Espaces libres) ? Dans les deux livres, en tout cas, c’est bien à « l’anatomie d’une perversion » à laquelle on est convié, d’une perversion de la langue. Car la langue de LFI, ses éléments d’un langage prétendument créolisé, n’ont rien à envier – en termes d’inversion, de subversion, oui, de perversion –, à l’exercice auquel s’étaient livrés les nazis, en leur temps, pour subvertir la langue allemande.

Fabuleux travail d’inventaire, dans l’un et l’autre cas, que le roman d’Orwell, 1984, a certes synthétisé de manière paradigmatique, mais qu’il faut recommencer, sur le réel, chaque fois que nous avons affaire à une nouvelle expression du totalitarisme révolutionnaire. Le travail qu’a dirigé et présenté Pierre-André Taguieff, coordonné et publié David Reinharc et introduit Bérénice Levet, ne laisse rien de côté. Il est vrai qu’une cinquantaine de chercheurs et spécialistes ont été mandatés pour ce faire. Si bien qu’aucun aspect de LFI et de son lider maximo (sociologique, politique, biographique, philosophique, électoral) n’a été laissé dans l’ombre. Une vivisection, en quelque sorte, puisque LFI est bien vivante, non seulement dans les quartiers gangrénés par le narcotrafic et l’islamo-gauchisme — là où LFI est dans son milieu (contre-)naturel —, mais  aussi dans les cerveaux boboïsésd’un trop grand nombre de Français extérieurs à ces quartiers mais dont la mauvaise conscience entretenue dès l’école les porte à se croire solidaires de cette entreprise de destruction systématique de la France. Car, comme Pierre-André Taguieffle proclame d’entrée de jeu, « si lennemi principal des peuples libres est lislamisme, le cheval de Troie, son cheval de Troie, en France, a pris figure du parti-mouvement quest La France insoumise (LFI), incarnation de lalliance islamo-gauchiste à la conquête de lopinion et du pouvoir ». Car, comme le précise Bérénice Levet, « de la France, LFI naccepte quun avenir où ne reste exactement rien de ce quelle fut. […] LFI a le pouvoir de faire de la France un pays qui aura intégralement changé et dans sa lettre et dans son esprit. […] ce mouvement représente une menace pour notre civilisation, pour un monde civilisé, cest-à-dire réglé selon des formes et des principes ». Qu’il s’agisse d’un néoracisme mensonger qui a de plus en plus de mal à dissimuler un antisémitisme chaque jour plus rabique, (« Ces néo-antiracistes sont des pseudo-antiracistes quon peut considérer comme des imposteurs, qui fonctionnent à la manière des pseudo-antifascistes staliniens », PA Taguieff), ou de l’identité même de la France (« Son révisionnisme historique est intégral », B. Levet), LFI représente une entreprise de subversion radicale de notre identité. Car, comme le dit encore David Reinharc : « Pour ce nouveau totalitarisme […] place au peuple nouveau, à l’homme nouveau, à la langue créolisée nouvelle ». D’où le christianisme serait exclu. Alain Finkielkraut, interrogé par Bérénice Levet, le remarque : Mélenchon « ninvoque la laïcité que pour effacer ce quil reste de marque chrétienne en France ».

LFI aura eu au moins le mérite d’avoir réveillé quelques vérités : « La judéophobie de gauche avait été oubliée. Elle s’est rappelée à nous depuis le méga-pogrom jihadiste du 7 octobre 2023. […] Voilà qui nous oblige à nous réveiller, à nous replonger dans l’histoire de la haine des Juifs du début du XIXe siècle à nos jours, marquée par la formation, le développement et la diffusion d’une idéologie antijuive révolutionnaire, anticapitaliste et/ou socialiste, et, en conséquence rejeter le lieu commun “antiraciste” selon l’antisémitisme serait le propre des droites extrêmes, de l’“extrême-droite” ou des milieux “réactionnaires”, premier article du catéchisme de la gauche qui se veut et se proclame “antiraciste” et “antifasciste” » (PA Taguieff). Voilà qui est dit. Faut-il pour autant faire de LFI une résurgence de gauche du fascisme ? Car si Taguieff a raison de demander si confondre le néofascisme avec lextrême-droite, « nest-ce pas là fermer les yeux sur les origines révolutionnaires du fascisme historique ainsi que sur les différentes formes politiques prises par le désir révolutionnaire dans tous les extrémismes politiques, quils soient situés à droite ou à gauche ? », peut-on alors penser que le fascisme peut renaître, dune façon imprévue, sous la forme de mouvements révolutionnaires dextrême-gauche, conduits et incarnés par des démagogues antisystème” » ? Voir dans LFI un « fascisme paradoxal », faire ainsi de lui un idéaltype du révolutionnarisme en prétendant que « le parti-mouvement mélenchonien incarne un néofascisme à visage démocratique, plus exactement démocratiste”, et antifasciste », c’est faire gagner en extension au fascisme, qui est historiquement mort, ce qu’il perd en compréhension. Ce qui est d’autant plus regrettable lorsqu’on insiste à juste titre sur l’antisémitisme de LFI. Car l’antisémitisme ne faisait pas partie de l’ADN du fascisme, contrairement, évidemment à celui du nazisme. Avant les lois antijuives de 1938, prises pour complaire à Hitler, le fascisme n’était pas antisémite. Le fascisme est une branche du totalitarisme révolutionnaire, comme le communisme en fut une autre. Et comme LFI est en aujourd’hui une nouvelle. Alain Finkielkraut a raison : « Les vieux démons ne sont pas de retour, les tout jeunes démons de l’antisémitisme antifasciste et antiraciste se déchaînent ».

Aussi, nul besoin de faire de Marat, de Robespierre ou de Saint-Just, références officielles de LFI, des préfascistes. C’est l’inverse qui est vrai. Du reste, même un Marcel Déat, socialiste passé au nazisme durant la guerre de 39-45, faisait de l’idéologie nazie une héritière du rousseauïsme et voyait en Hitler un nouveau Robespierre. D’ailleurs, PA Taguieff a raison de rappeler que « le révolutionnarisme fasciste est pleinement étranger à l’imaginaire conservateur ou traditionaliste, ou encore à la “pensée réactionnaire” ».

Comment ne pas être d’accord avec Bérénice Levet lorsqu’elle milite pour rendre « à la France, cette France qui n’est pas née en 1789, qui n’est pas née avec la République, son piquant, sa saveur, sa haute idée de l’être humain, de ce qu’il peut ». Et d’ajouter : « Combattre LFI avec pour uniques armes l’universalisme républicain, les “valeurs” républicaines, c’est se condamner à l’impuissance ». Oui, il est nécessaire de poser la question de l’identité comme ciment de notre nation ; oui, Bérénice Levet a raison de citer Bainville sur la France qui « est mieux qu’une race. C’est une nation ». 

(Sous la direction de Pierre-André TaguieffLFI, Anatomie d’une perversion, David Reinharc Éditions, 418 pages)

https://www.actionfrancaise.net/2026/05/15/lfi-une-perversion-assumee/

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