
« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. » (George Orwell – 1984)
Alors que la France s’engage dans une période électorale cruciale pour le choix de son futur président, le livre Histoire de l’islamisation française 1989–2019 s’impose comme une lecture indispensable pour éclairer le jugement des citoyens.
Publié en mars 2019 puis réédité en avril 2020, cet ouvrage signé par un collectif anonyme, dresse un bilan implacable de quarante ans de renoncements face à l’ascension d’un islam politique de plus en plus affirmé.
En suivant l’évolution de la société française sur quatre décennies et à travers une documentation rigoureuse, les auteurs compilent faits, décisions, discours officiels, lois, décrets et articles de presse, révélant l’aveuglement, la complaisance et parfois la compromission des élites politiques et médiatiques. Sans commentaire superflu, le livre se contente de restituer les textes et paroles au mot près, permettant au lecteur de constater par lui-même les avancées sourdes et régulières de la charia dans notre pays au détriment des principes républicains.
Dans un contexte où certains sujets – laïcité, liberté d’expression, statut des femmes, assimilation – sont devenus tabous ou instrumentalisés, cet ouvrage brise le silence en remettant en lumière des débats essentiels, longtemps étouffés au nom du vivre-ensemble ou de la bien-pensance. Une lecture exigeante, mais nécessaire, pour comprendre les fractures profondes de la société française contemporaine.
Amnésie électorale : pourquoi ce livre choc est le pire cauchemar des candidats
À un an des élections, les plateaux de télévision et journaux débordent déjà de promesses martelées avec aplomb, de mea-culpa de circonstance et de postures de fermeté improvisées. Tout le monde feint de découvrir l’ampleur du problème. Pourtant, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », prévenait Winston Churchill. Pour ne pas être les dindons de cette énième farce démocratique, la lecture de ce livre s’impose comme une arme de salubrité publique.
Un miroir tendu aux reniements des élites
Le contenu de cet ouvrage mérite qu’on s’y attarde avec attention. Il braque un miroir sur les reculs, renoncements, les petits accommodements raisonnables et les petites phrases lâchées par ceux qui nous gouvernent ou nous informent.
Chacun des 40 chapitres couvre une année, de 1979 à 2018, et s’ouvre sur une citation emblématique. Le premier chapitre, consacré à la révolution iranienne de 1979, reprend ainsi cette phrase de Serge July dans Libération : « La joie fait son entrée à Téhéran », illustrant la fascination de certaines élites intellectuelles pour un islam politique radical. Le dernier chapitre s’achève sur le lapsus révélateur de Nicolas Martin : « Si les immigrés font plus d’enfants, seront-ils plus nombreux ? », pointant du doigt les tabous démographiques et identitaires.
À travers une documentation rigoureuse, on découvre, stupéfait, comment des figures politiques majeures – aujourd’hui drapées dans une laïcité de combat – minimisaient, niaient voire encourageaient la progression de l’islam dans l’espace public français.
L’ouvrage montre aussi comment les médias ont parfois désislamisé les attentats, comme lors de l’attaque de Nice en 2016. Chaque page constitue une pièce à conviction dans une chronique d’un renoncement collectif.
Briser l’omerta médiatique
L’intérêt majeur de cette lecture en période électorale est de vacciner le citoyen contre l’hypocrisie des campagnes. Les archives exhumées mettent en lumière le rôle actif de nombreux médias, complices d’une longue entreprise d’anesthésie collective. En qualifiant systématiquement de fantasme ce qui relevait de la simple observation, une partie de la presse a activement préparé le terrain des reculs républicains.
L’ouvrage montre comment, dès les années 1980, les grands médias français ont contribué à la construction d’un discours stigmatisant ou complaisant à l’égard de l’islam, oscillant entre peur de l’intégrisme et défense d’un islam forcément bienveillant. Le mot d’ordre était pas d’amalgame.
Comme le soulignent plusieurs analyses, les rédactions ont souvent manqué de spécialistes, laissant place à des a priori orientalistes et à une information-spectacle. Ce traitement médiatique a conduit à une omerta autour des dérives, tandis que les voix dissidentes étaient marginalisées ou taxées de racisme.
Le livre démontre que cette complicité n’était pas passive : elle s’est exprimée par des choix éditoriaux répétés, des euphémismes, des amalgames et un refus de nommer les faits. Ainsi, des événements marquants comme les grèves dans l’automobile de 1983 ou les attentats ont été relayés à travers des prismes idéologiques plutôt que factuels. En restituant les mots des uns et des autres, Histoire de l’islamisation française brise le silence et invite à une relecture critique de quarante ans de soumission médiatique.

Voter en connaissance de cause, pas sous hypnose
Voter, ce n’est pas acheter une promesse de campagne à crédit. C’est juger la cohérence d’un parcours. Face aux candidats qui s’achètent une conduite sur les réseaux sociaux, ce livre offre la seule monnaie qui vaille : la vérité historique.
Ne laissons pas ceux qui ont fermé les yeux hier nous expliquer comment regarder l’avenir aujourd’hui. Histoire de l’islamisation française démontre que les évolutions actuelles ne sont ni accidentelles ni récentes, mais la conséquence directe de décisions politiques et médiatiques documentées sur quarante ans. En confrontant les discours passés aux positions actuelles, le citoyen peut briser l’amnésie collective et échapper à l’hypnose du moment. Lire ce livre, c’est reprendre possession de sa mémoire pour mieux défendre l’avenir de la République.
Une forme de censure par le boycott médiatique
Si l’éditeur L’Artilleur a pu distribuer Histoire de l’islamisation française en librairie, en revanche le livre a été largement ignoré par les grands médias dits du centre et de gauche. Le Monde, Libération, L’Obs, France Télévisions ou Radio France lui ont quasiment refusé toute visibilité. Pour ses partisans, ce silence constitue une forme de censure indirecte, une omerta médiatique visant à marginaliser un ouvrage se basant pourtant que sur des faits.
C’est dans ce contexte que le chroniqueur Mathieu Bock-Côté a qualifié l’ouvrage de samizdat dans Le Figaro : un livre clandestin, circulant en dehors des circuits médiatiques dominants, comme les textes dissidents sous les régimes autoritaires. Ce parallèle souligne la suspicion entourant la neutralité de certains médias, accusés de filtrer l’information selon des lignes éditoriales idéologiques, au détriment du débat public.
Le choix de l’anonymat : Bouclier contre la mort sociale ou esquive journalistique ?
L’absence de signatures identifiables, le livre étant publié sous le nom générique de Collectif, suscite des critiques : pour certains, cet anonymat permettrait d’échapper au débat contradictoire et de se soustraire à la responsabilité éditoriale.
Pourtant, le contexte rend ce choix compréhensible. Comme le soulignent plusieurs sources, dénoncer publiquement les dérives liées à l’islam politique expose à des accusations immédiates d’islamophobie, de racisme, voire à des menaces physiques. Des témoignages, comme celui de Laurence Marchand-Taillande dans Une France soumise – les voix du refus (2017) [1], confirment que les lanceurs d’alerte sont souvent discrédités, interrogés par leur hiérarchie, ou menacés. L’anonymat apparaît alors non comme une esquive, mais comme une nécessité de protection.
Le livre aurait pu être signé par des journalistes ou des intellectuels, mais leur identification aurait risqué de discréditer l’œuvre par des attaques ad hominem. En restant anonyme, le collectif met l’accent sur les faits, non sur sa personne. Comme le relève La Revue des deux mondes, « il est vrai que les fatwas pleuvent et qu’il faut avoir du courage pour oser dire ». L’anonymat devient ainsi le symptôme d’un climat intellectuel où la vérité se paie cher.
Focus : Quand l’archive brise le mythe du « sursaut » républicain
Pour comprendre la puissance de Histoire de l’islamisation française, il suffit de revenir à l’année 1989 et à l’affaire des foulards de Creil. Alors que trois collégiennes refusent d’enlever leur voile, les archives exhumées par l’ouvrage révèlent la sidérante démission des élites de l’époque. Loin du sursaut républicain revendiqué a posteriori, les réactions furent marquées par l’hésitation, le compromis et parfois la justification du port du voile.
Le ministre de l’Éducation Lionel Jospin opta pour une solution ambiguë, laissant aux chefs d’établissement le soin de décider. Le Conseil d’État, saisi, conclut que l’expression religieuse ne pouvait être interdite tant qu’elle n’était ni prosélyte ni provocante. Cette décision, jugée floue, laisse aux chefs d’établissement la responsabilité de trancher au cas par cas.
Face à cette capitulation, cinq intellectuels – Élisabeth Badinter, Alain Finkielkraut, Régis Debray, Élisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler – lancent un appel retentissant le 2 novembre 1989 dans Le Nouvel Observateur : « Profs, ne capitulons pas ! ». Ils y dénoncent un Munich de l’école républicaine, rappelant que tolérer le voile, symbole de la soumission des femmes, c’est trahir la mission émancipatrice de l’école. Cet appel, resté fondateur, illustre combien la résistance à l’islamisation a été minoritaire, voire marginalisée, dès le départ.
Ce focus historique démontre qu’en près de quarante ans, le vocabulaire a changé, mais pas la méthode : la reculade de 1989 a ouvert la voie aux accommodements d’aujourd’hui. L’archive brise ainsi le mythe d’une République toujours ferme, rappelant que la situation actuelle est la conséquence logique de décisions documentées noir sur blanc.
Pour aller plus loin :
Les nouveaux enfants du siècle, publié en 2016 par Alexandre Devecchio, prolonge l’analyse en explorant les réactions identitaires, politiques et générationnelles suscitées par les transformations sociales documentées dans Histoire de l’islamisation française. À travers des témoignages croisés, il dresse le portrait d’une jeunesse en quête de sens, tiraillée entre radicalité, appartenance et rejet du libéralisme, offrant un complément essentiel à la chronique historique.
« Qui a le droit de dire que dans trente ou quarante ans la France ne sera pas un pays musulman ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. » – Marwan Muhammad, 2011, cité en conclusion de Histoire de l’islamisation française.
Johan Zweitakter
[1] « Aujourd’hui, en France, on a peur de parler à visage découvert, tant on craint à juste titre les insultes, les représailles professionnelles et même les violences physiques qui peuvent s’ensuivre. C’est dire combien notre lâcheté collective a affaibli notre démocratie. Coincés entre l’extrême droite qui rêve d’imposer le saucisson à tous et l’extrême gauche devenue dévote du religieux le plus sectaire, il n’est que temps de réagir : tendre la main à nos concitoyens musulmans qui adhérent aux lois et aux valeurs de notre République, tout en combattant sans défaillance, ceux qui n’aspirent qu’à nous imposer les leurs. » Élisabeth Badinter
Quelques liens Internet :
- — Islamisation : les étapes de 40 années de soumission de la France (YouTube)
- — Islamisme : le témoignage de Fadila Maaroufi, militante en Belgique (YouTube)
- — Islam et République : quarante années qui ont ébranlé la France (revuedesdeuxmondes.fr)
- — Histoire de l’islamisation en France, 1979-2019 (politique magazine.fr)
- — Histoire de l’islamisation française 1979-2019 (laconnectrice.wordpress.com)
- — Le grand bêtisier du médiocre Franz-Olivier Giesbert (lelibrepenseur.org/)