
Médiatisé par la chaîne CNews – merci à elle –, le pèlerinage de Chartres, qui s’est achevé lundi dernier, jour de la Pentecôte – célébrant la venue de l’Esprit saint sur les apôtres, cinquante jours après Pâques –, fut une leçon d’exemplarité. Pèlerinage ou purent venir des familles entières, lorsqu’il est devenu presque impossible aujourd’hui d’emmener ses enfants à la plupart des festivités publiques, de peur qu’ils soient victimes de violences.
En effet, contrairement aux rassemblements des hordes ultragauchistes détruisant tout sur leur passage, agressant forces de l’ordre et habitants près de chez qui ils sèment leur chaos dégénéré ; contrairement encore aux fêtes de l’Aïd el-Fitr – pour la fin du ramadan – et de l’Aïd-el-Kébir – ou fête du sacrifice –, qui sont aussi des occasions de semer le trouble, pour parler poliment, les rassemblements chrétiens en général et catholiques en particulier n’occasionnent pas de telles scènes.
Car le christianisme s’appuie sur la joie de se retrouver, l’amour et la paix. Et si tel ne fut pas toujours le cas dans son histoire tourmentée, qu’on nous désigne une civilisation qui n’ait jamais brandi le glaive ! Ainsi va l’histoire de l’humanité. Il n’empêche que, désormais, le christianisme est plutôt martyr que bourreau si l’on en croit les chiffres : « En 2026, 388 millions de chrétiens sont exposés à de fortes persécutions et discriminations en raison de leur foi, soit 1 chrétien sur 7 dans le monde. La persécution s’est encore aggravée pour la 13e année consécutive. En cause : plus de violences physiques contre les chrétiens et un rognement progressif des Droits de l’Homme (libertés de religion, d’expression, d’association). »
https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens
En France, la christianophobie, violente ou non, bat aussi des records – dans l’indifférence générale –, c’est-à-dire, on ne le répétera jamais assez, chez la Fille aînée de l’Église. Quant à ceux qui penseraient pouvoir s’affranchir de l’héritage catholique sur notre sol, c’est faire montre d’une ignorance crasse, et il faudrait, pour ne citer qu’un exemple parmi des centaines, se passer des hôpitaux, qui, tels qu’on les connaît de nos jours, sont une invention de l’Occident chrétien, au VIe siècle, qu’on appelait alors « hospices ». « Les hôpitaux sont en quelque sorte la mesure de la civilisation d’un Peuple », écrivait le chirurgien Jacques Tenon, dans son Mémoire sur les hôpitaux de Paris.
Car le christianisme ne s’appuie pas – ou plus, pour faire plaisir à ses farouches détracteurs qui profitent par ailleurs allègrement de la civilisation qu’il a fait naître ! – sur la terreur et le massacre, comme en islam. Il n’est pas excluant, au contraire : il veut rassembler autour de lui. Et si l’on reproche beaucoup de crimes (bis repetita) au christianisme – particulièrement au catholicisme – c’est toujours à sens unique. On parle ainsi souvent de la Saint-Barthélemy mais on ignore, ou feint d’ignorer, les massacres et destructions perpétrés par les protestants. On évoque les conquistadors mais on passe sous silence les immenses sacrifices humains pratiqués par les Incas et dont ils furent témoins. On accuse en substance Pie XII d’avoir collaboré avec les nazis – ce qui est faux – et l’on oublie volontairement l’abnégation d’hommes et de femmes d’Église, tantôt protégeant des familles juives, tantôt entrant en résistance. On parle de l’Inquisition, mais toute religion n’a-t-elle pas chassé ce qu’elle considérait comme une hérésie ? Encore faudrait-il tempérer les légendes autour de ladite Inquisition.
À présent, le catholicisme ne brandit ni menaces ni imprécations particulières contre l’autre. On n’y rumine pas sans cesse contres des ennemis avérés ou supposés d’autrefois. On y prône un certain amour de l’autre et l’on se défie des dérives de la modernité qui, bientôt, trouvera naturel d’envoyer à l’euthanasie les improductifs. Ce n’est déjà plus de la science-fiction, comme du temps du film Soleil vert, de Richard Fleischer.
Ce qui s’est produit au pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté – autre nom du pèlerinage de Chartres – était un petit miracle, où des milliers de jeunes et moins jeunes se sont rassemblés pour communier, dont notre ami Guillaume Senet, de Murmures de la Cité, un spectacle qui exalte précisément cette France catholique, mais pas seulement. Parce que les catholiques ne nuisent pas à la République, bien qu’ils savent être à l’occasion très critiques envers elle. Pas plus qu’ils ne se réussissent dans des officines secrètes pour décider du sort de notre Nation – voir Le Siècle ou les francs-maçons.
Ce pèlerinage de Chartres, remis au goût du jour par l’écrivain-poète Charles Péguy – mort un jour de septembre 1914, tué par une balle allemande à Villeroy, en Seine-et-Marne –, fut donc un succès moral et la preuve que la France charnelle n’est pas encore morte.
Toutes choses qui ont excité la rage des progressistes, car il s’agissait d’un pèlerinage traditionnel. Les mêmes qui ne voient pas malice lorsqu’un prêcheur islamique prône le djihad armé et pas très intérieur dans sa mosquée ! France Info s’inquiétait ainsi de la présence de « l’extrême droite » dans ce pèlerinage, rien que de très original !
Pourtant, malgré les fantasmes des uns et des autres, la conversion au catholicisme ne propose pas d’exutoires violents à ses fidèles, ce qui explique peut-être l’augmentation de ces conversions. Même le journal gauchiste Libération y consacre des articles : « Cette année [20026] le nombre de baptêmes d’adultes et d’adolescents est en hausse en France, avec plus de 21 000 catéchumènes (le nom donné aux postulants). Un chiffre qui a plus que triplé en l’espace de dix ans. A Pâques, plus de 13 000 adultes recevront ainsi le baptême, en hausse de 28 % par rapport à l’an passé, et plus de 8 000 adolescents (+ 10 %), selon des chiffres publiés mardi 24 mars par la Conférence des évêques de France (CEF) en marge son assemblée de printemps à Lourdes. »
En attendant, il convient de féliciter ces forces vives qui, toutes ensembles, maintiennent encore allumée la flamme identitaire française, qui, quoi qu’en pensent tous ses ennemis – et il sons nombreux ! –, défend la France réelle, pas celle cosmopolite et informe que nous propose le nouvel ordre mondial…
« Nous aimions l’Église et la République ensemble, et nous les aimions d’un même cœur, et c’était un cœur d’enfant, et pour nous c’était le vaste monde, et nos deux amours, la gloire et la foi, et pour nous c’était le nouveau monde. » (Charles Péguy)
https://ripostelaique.com/pelerinage-de-chartres-sans-haine-ni-violence/