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Fronde contre Canal+ : fin de la récré ?

Juliette Binoche arrives for the screening of the film "Amarga Navidad" (Bitter Christmas) at the 79th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France on May 19, 2026. (Photo by Olivier CHASSIGNOLE / AFP)

On a les batailles d’Hernani qu’on peut. Et la pétition conjointe des zartistes, zacteurs et zactrices, signée contre Vincent Bolloré, sorte de Sauron dont Canal+ serait la tour de garde à l’œil omnipotent, démontre que tout ce joli petit monde peut peu. Parmi les têtes d’affiche du texte en question, trois vedettes. Juliette Binoche, la star qui a beaucoup tourné à Hollywood. Adèle Haenel, ayant annoncé la fin de sa carrière d’actrice alors que les plus pointus des cinéphiles ignoraient que cette dernière ait pu un jour commencer. Et Corinne Masiero, héroïne de Capitaine Marleau, série télévisée ayant connu un succès impromptu, puisque l’ayant un temps propulsée au rang de starlette de la France périphérique ; celle qui vote plus souvent RN que LFI, est-il besoin de le préciser. Il y a des carrières qui se font sur un simple malentendu.

Souteneuse du groupe punk Les Vaginites, Corinne Masiero s’exhibe, en 2021, à la cérémonie des Césars™ vêtue de sa seule vertu, des Tampax™ en guise de boucles d’oreille, le dos tagué d’un assez décoratif slogan, « Rend nous l’art Jean ». À l’époque, Jean Castex est Premier ministre. Ce qui n’excuse pas ces deux fautes de syntaxe, « Rends-nous l’art, Jean ». Le « s » à « rend » et le tiret entre les deux, voilà qui aurait été mieux. Mais peu importe.

Les principales victimes ? Les soutiers du cinéma…

En effet, l’essentiel est ailleurs. Dans la lâcheté des signataires, par exemple. Le gros du troupeau ? Les petites mains, assujetties au régime des intermittents du spectacle, taillables et corvéables à merci. Qui ont risqué gros en signant le texte en question, mais qui, tôt ou tard, seront abandonnés par ceux qui savent que, sans Canal+, le cinéma français, le seul résistant encore au moloch hollywoodien, rien ne peut se faire. Voilà qui a déjà été fort bien résumé en ces colonnes par l’ami Samuel Martin. La preuve en est que d’imprudents signataires se sont tôt rétractés, dont Jean-Pascal Zadi, auteur du remarquable Noir après tout, tourné en 2020, mais dont les autres films, évidemment financés par Canal+, ont encore moins bien marché.

Ne pas prendre Saada et Bolloré pour des caves…

Ces caprices d’enfants gâtés, Maxime Saada, le grand mogul de Canal et homme de confiance de Bolloré, semble avoir décidé de ne plus les supporter : « J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+ et dans toute la diversité de ses choix. En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. » Badaboum !

Voilà qui semble avoir calmé les ardeurs de ceux qui rejouent le Vercors à Saint-Germain-des-Prés, à en croire notre confrère du JDD Pascal Meynadier. D’où ces confessions arrachées à un « professionnel de la profession », pour paraphraser le défunt Jean-Luc Godard : « Sociologiquement, le monde du cinéma agrège une quantité de fils de bourgeois insupportables à qui personne n’a jamais dit non. » Et ce dernier de conclure : « Les masques de l’hypocrisie tombent. Cela va leur remettre la cervelle à l’endroit. » Surtout quand leurs comptes en banque respectifs seront touchés par leur antifascisme de pacotille…

Nicolas Gauthier

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