Le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, mis en cause pour licenciement présumé abusif d'un ancien membre de son cabinet, a été mis en examen mardi pour détournement de fonds publics. (Voir également : La députée PS, Sylvie Andrieux, trainée en justice)
La justice soupçonne le sénateur d'avoir "arrangé" le licenciement de Jean-David Ciot, élu depuis lors député PS d'Aix-en-Provence et actuel président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. L'objectif aurait été de permettre à ce dernier de percevoir des indemnités de départ pour mieux préparer les élections législatives de 2012, lors desquelles il a affronté l'actuelle maire UMP d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains. Jean-Noël Guérini a été mis en examen après plus de deux heures d'audition par le juge Charles Duchaine sur la base d'une information judiciaire ouverte en 2011.
Selon une source proche du dossier, le juge Charles Duchaine a fait bloquer la somme de 65.000 euros sur le compte de Jean-David Ciot, correspondant à 22.000 euros indûment versés par le Conseil général et à 43.000 euros d'indemnités de chômage.
David Ciot est convoqué mardi après-midi devant le juge pour une probable mise en examen pour détournement de fonds publics et recel.
Jean-Noël Guérini a déjà été mis en examen pour association de malfaiteurs dans une affaire de malversations présumées sur les marchés publics de la région marseillaise.
Il devait de nouveau être entendu dans le cadre d'un dossier connexe à l'instruction principale mais son audition a été reportée en début d'année en raison de problèmes de santé, puis d'une méningite virale du magistrat.
Charles Duchaine, qui souhaitait placer Jean-Noël Guérini en garde à vue, avait obtenu la levée début décembre de l'immunité parlementaire du sénateur socialiste.
Malgré ses ennuis judiciaires, Jean-Noël Guérini a réaffirmé sa volonté de demeurer à son poste. "Je resterai jusqu'en 2015 à la présidence du Conseil général et après je serai candidat à ma succession", a-t-il dit.¢
Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/
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[Perpignan] : L'actualité du combat d'AF
Un public nombreux dans lequel on pouvait notamment reconnaître cinq prêtres en soutane, soit la quasi-totalité du clergé traditionaliste perpignanais, était venu assister, ce samedi 2 mars, dans le cadre confortable de l’hôtel des II Mas, à la conférence de Stéphane Blanchonnet, président de notre Comité directeur, sur l’actualité du combat d’Action française.
L’orateur avait choisi de nous conduire dans les différents aspects de la pensée d’AF en suivant le fil de son propre parcours, en montrant comment l’école maurrassienne par sa doctrine, par sa méthode mais aussi par le climat d’émulation intellectuelle qui la caractérise, lui avait permis de répondre aux différentes questions qui s’étaient posées successivement à lui : la question de la définition d’une formule spécifiquement française de l’Ordre, la question de l’articulation entre proposition du roi et combat politique sur les questions les plus contemporaines (Europe, mondialisme, immigration), la question de la modernité et de l’illusion de la fin de l’Histoire qui caractérise notre époque spectaculaire. Invoquant tour à tour Maurras, Bainville ou Boutang mais aussi Marx, Debord ou Lipovetsky, Stéphane Blanchonnet sut nous faire partager son enthousiasme pour les capacités du maurrassisme à intégrer toutes les influences intellectuelles pour en proposer une synthèse et un dépassement, toujours dans le sens du seul intérêt français. Il convient aussi de remercier M. et Mme Baux pour l’organisation irréprochable de cette grande journée d’Action française.
Action Française Perpignan http://www.actionfrancaise.net
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HEIDEGGER ET LE NAZISME (SUITE SANS FIN)
Sur cette question souvent abordée ces derniers temps, chaque commentateur y met sa vision du monde et de la philosophie, toute interprétation étant infinie. Soit on démontre que le philosophe était un nazi pour le discréditer avec toutes les variantes possibles, sa philosophie l'étant en partie ou non. Soit on affirme qu'il ne l'a pas été (ou que cela a été une erreur très passagère sans conséquence). Pour l'instant, il semble que cet engagement a été bien plus fort qu'on a bien voulu le dire. Cette affaire procure à certains une joie maligne de pouvoir ainsi juger négativement le grand philosophe et de se trouver ainsi mieux que lui. L'attitude parfois ambiguë d'Heidegger par la suite a surtout été celle d'un homme qui a cherché à assurer sa survie philosophique et même économique après la guerre.
Nous allons donc poser la question :
Y-a-t-il des points communs entre la pensée de Heidegger et un courant de la pensée allemande antidémocratique, anti-judéochrétien, anti-rationaliste que l'on retrouve aussi chez Nietzsche, interlocuteur posthume du grand philosophe d'origine catholique, ces thèmes pouvant se retrouver dans le nazisme ?
Heidegger était profondément Allemand. Cette évidence a de l'importance. Il a très peu quitté son pays et a eu comme lieu de réflexion la Forêt Noire, au sud de ce pays qui est la vraie et belle Allemagne qu'imaginent par exemple les Français. Il fut imprégné de ces thèmes récurrents à la culture allemande : la dureté et la pureté. L'être authentique dans toute sa dureté d'acier et sa pureté de cristal pouvait-il avoir une âme de démocrate ? La démocratie ne peut que fabriquer des individus tièdes, soumis, atomisés par le consensuel. On comprend tout par lassitude. Société démocratique qui met en avant des individus à la morpho-psychologie insignifiante, société qui refuse le conflit, l'affrontement, alors que « l'homme libre est guerrier ». On ne peut plus nier ou affirmer. Règne de la médiocrité, des médiocres, de l'insignifiant, du «modeste» qui rassure, triomphe des mots pompeux et creux, de la «tolérance», puisqu'il n'y a plus rien à refuser ou affirmer. Société où n'existent, comme l'écrivait le poète italien Marinetti, ni tragique ni émotion et qui évolue inexorablement vers le vide spirituel. Pour ce courant de pensée, le démocrate est fondamentalement inauthentique puisqu'il est le produit de l'opinion commune, du «on». Chez Heidegger on trouve aussi une apologie de l'origine avec, entre autres, celle des Allemands qui ont gardé leur langue originelle qui est devenue un bel instrument chez ce peuple de penseurs, poètes et musiciens.
Pour le philosophe de Freibourg, la philosophie parle allemand comme elle a parlé grec.
On trouve aussi l'éloge de l'enracinement, du sol natal, sol de l'enfance, des ancêtres. L'être enraciné s'oppose à l'errance, critique donc de la modernité, de l'américanisme opposé à l'esprit germano-européen. Philosophe de l'Etre, il avait sans doute ressenti plus qu'un autre la néantisation de l'Occident et la menace du nihilisme qui pesait sur celui-ci La pensée de gauche voit dans l'appartenance à un sol, un pays ou une nation le produit du hasard, ce qui est dépréciatif.. Dans la pensée heideggérienne, les notions de facticité, d'être jeté, d'être au monde donnent à cette appartenance une signification des plus profondes. Heidegger appartient au courant anti-rationaliste qui est aussi un prolongement de la phénoménologie husserlienne où toutes les certitudes scientistes, la mathématisation du monde, l'idée de raison, le réalisme naïf ont été mis à bas. On peut d'ailleurs noter que Husserl a été très étudié par les catholiques et même les ecclésiastiques. Car c'était sans doute la première fois qu'un courant de pensée majeur et puissant, non religieux, (la phénoménologie) remettait la science, vieille et grande rivale de l'Eglise et de la religion à sa place. La science a cru et croit encore être la vérité ou le réel alors qu'elle n'est qu'une construction axiomatique de l'esprit qui se surajoute au monde perçu qui est premier et dans lequel baignent tous les individus depuis leur naissance. La science même si elle nie, a comme fondements ultimes des postulats métaphysiques. Puisque n'existent que le subjectif et l'affectif, les mythes et la poésie ont droit de cité à la constitution de toute vérité au même titre que les modes de connaissance qui ont cru pendant longtemps depuis Descartes à l'objectivité de leurs méthodes.
La question dans la question est : Heidegger était-il raciste ? Certains n'ont pas hésité à la poser avec toute la dose de culpabilité que ce qualificatif peut engendrer de nos jours. Le philosophe avait connu une amourette avec une étudiante juive Hannah Arendt dont la jeunesse, le beau visage à l'époque et la maturité philosophique avaient attiré l'homme de trente cinq ans qu'était à ce moment là Heidegger. Mais ceci en général ne prouve pas grand chose. Plus fondamentalement Heidegger croyait au destin exceptionnel du peuple allemand et à i sa mission spirituelle pour combattre la décadence. Il fallait protéger «racialement» ce peuple allemand et ses points de vue rejoignaient parfois ceux d'Eugen Fischer, hygiéniste de la race qui, entre autres, était très inquiet de l'africanisation de la France dans les années trente, due à ses colonies. Que dirait-il de nos jours ? Heidegger ne croyait sans doute pas au racisme biologique puisqu'il avait lui-même déconstruit l'idée de science de façon encore plus radicale que Husserl, mais pour lui c'était le « peuple qui devait décider » de sa santé et de sa préservation.
par Patrice GROS-SUAUDEAU nov . déc 2002 -
988 : L'oeuvre capétienne en péril
Cantonné à son duché de Basse-Lorraine, le frère du roi Lothaire, Charles, laissait planer la menace d'un retour des Carolingiens. Face à son cousin, qui s'empara de Laon, Hugues Capet se montra aussi patient qu'obstiné, jusqu'à son entrée solennelle dans la ville libérée.
Cette année-là - la deuxième de son règne – Hugues Capet, quarante-huit ans, qui venait de faire sacrer par Adalbéron son fils aîné Robert, seize ans, semblait avoir bien établi sa lignée sur le trône de France. C'était sans compter avec le dernier des princes carolingiens, le peu recommandable Charles, duc de Basse-Lorraine, frère cadet du feu roi Lothaire, mort en 986, donc oncle de feu Louis V, mort en 987.
Trahisons
Rappelons que, comme son frère Lothaire, Charles était cousin germain d'Hugues Capet, leur oncle commun ayant été feu Otton 1er le Grand, empereur romain germanique, mort en 973, dont le fils, Otton II, était mort à son tour en 983, laissant un fils de trois ans qui, en cette année 988, atteignait tout juste ses huit ans. L'empire était donc tenu à bout de bras par les veuves des deux Otton, respectivement Adélaïde de Bourgogne et la régente, la Byzantine Théophano – deux femmes de tête qui avaient laissé élire Hugues Capet pour se débarrasser des Carolingiens, mais sans enthousiasme.
Alors Charles crut son heure arrivée. Il avait déjà trahi le roi son frère en 978 quand, celui-ci ayant provoqué par son expédition ridicule contre Aix-la-Chapelle la fureur de l'empereur Otton II, fut à deux doigts de perdre sa couronne. Charles, alors, avait tenté de se faire proclamer roi de France. Exilé, il devait depuis lors se contenter de son petit duché de Basse-Lorraine dont il avait été investi par le même Otton II (ce qui lui avait valu d'être exclu de l'élection de Senlis en 987...). Il s'y sentait d'autant plus mal à l'aise que son voisin le duc de Haute-Lorraine était alors Thierry, fils de Béatrice, soeur d'Hugues Capet ! Pour compliquer encore les choses, étaient apparentés à Thierry l'archevêque de Reims Adalbéron et toute une quirielle de prélats eux-mêmes prénommés Adalbéron...
À force de se plaindre de son sort, Charles avait réussi à se constituer une petite clientèle. Voici qu'en mai 988, grâce au fourbe et hargneux clerc Arnoul - un fils de la main gauche du roi Lothaire – qui fit semblant de se faire voler les clefs de la ville, Charles s'empara de Laon - la cité carolingienne par excellence -, annonça la réduction des impôts, chassa l'évêque du lieu, Adalbéron dit Ascelin, et emprisonna la veuve de Lothaire, la reine Emma (fille d'un premier mariage de la vieille impératrice Adélaïde avec Lothaire II d'Italie). Protestation des deux impératrices, et, bien sûr d'Hugues Capet qui convoqua un synode pour faire excommunier Charles et le bâtard Arnoul, puis assiégea Laon avec 15 000 hommes qui, même armés d'un bélier géant, ne purent enfoncer la porte principale.
Coup de théâtre au début de 889. Après la mort du grand Adalbéron (de Reims), le 23 janvier, voici qu'Hugues Capet, écartant le vertueux serviteur du défunt, Gerbert, fit désigner pour la succession épiscopale rémoise contre toute attente ...le clerc félon, Arnoul ! Habileté diplomatique ? Peut-être, mais qui ne porta pas chance à Hugues, car Arnoul s'empressa dès le mois d'août d'ouvrir Reims, la ville des sacres, à Charles, qui déjà se disait roi de France !
Donner du temps au temps...
Situation extrêmement périlleuse pour Hugues Capet. Les impératrices laissaient faire. Laon était imprenable. Par deux fois, il fallut battre en retraite. Mais le Capétien était aussi patient qu'obstiné. Il avait grandement raison de donner du temps au temps... Gerbert, un instant engagé du côté de Charles et d'Arnoul, fut le premier à revenir dans le camp capétien. Puis l'on vit resurgir Adalbéron dit Ascelin, que Charles avait chassé de Laon. Celui-ci, encore un fourbe sans pareil, joua la comédie du ralliement, écrivant humblement à Arnoul qu'il se rallierait à Charles s'il lui rendait son évêché de Laon. Charles se laissa apitoyer et lui prépara le dimanche des Rameaux un fastueux souper d'accueil dans la tour de Laon. À la suite de quoi, tandis que Charles et Arnoul dormaient comme des bienheureux, Ascelin introduisit ses complices qui se saisirent des dormeurs et les enfermèrent à double tour.
Aussitôt Ascelin courut à Senlis annoncer à Hugues Capet la délivrance de Laon. Le roi fit dans la ville une entrée solennelle et obtint sans difficulté le serment de fidélité des autorités. Au même moment, Charles, son épouse, et trois de leurs enfants étaient emmenés à Orléans pour y finir leurs jours en prison. Charles allait y mourir en 995 ; un de ses fils, resté libre, allait mourir jeune sans progéniture. Ainsi finit sans descendance mâle la dynastie des Carolingiens.
Enfin Hugues Capet allait pouvoir s'occuper d'une chose sérieuse : commencer à faire la France...
MICHEL FROMENTOUX L’ACTION FRANÇAISE 2000 du 7 au 20 mai 2009