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  • A gauche les grandes manœuvres s’enlisent

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    Francis Bergeron Présent cliquez ici

    Si vous voulez savoir ce qui se passe chez les socialistes, allez directement à la source, suivez, dans Le Monde, le feuilleton de ces grandes manœuvres qui agitent une poignée d’individus, engagés au sein d’une myriade d’associations, de partis et de laboratoires d’idées.

    Quel est le problème posé ? Les listes doivent être bouclées pour le 3 mai. Il reste 60 jours. Mais dans cette gauche dite raisonnable, dans cette gauche de gouvernement, trois listes se disputent 15 et 20 % de l’électorat. Les deux listes vraiment socialistes, celle de Faure et celle d’Hamon, ne décollent pas

    Dans un mouvement de panique de plus en plus perceptible, Le Monde se fait le grand metteur en scène de projets de convergence des listes, pour sauver les meubles, c’est-à-dire le socialisme même. Car si, le 26 mai, ni le PS de Faure, ni le PS-bis de Hamon n’atteignait les 5 %, le socialisme, dans sa forme archaïque, celui de Jaurès, de Blum, de Mendès France, de Guy Mollet, de Mitterrand, de Jospin, de Hollande, disparaîtrait, et disparaîtrait sans doute à jamais.

    Glucksmann, sa femme, son club, son carnet d’adresses

    Horrible perspective ! Aussi Le Monde, ses amis du Nouvel Observateur, des Inrockuptibles, de Libération, de France Inter et France Culture, de France Info, des chaînes publiques, ont-ils lancé d’abord le « produit » Raphaël Glucksmann. Avec son club de gauche personnel (Place publique), sa femme Léa Salamé, leur carnet d’adresses monstrueux, Glucksmann a reçu pour mission de créer une dynamique, de recoller les morceaux, de faire fusionner les listes, de sécuriser un volume d’électeurs tel que la survie du socialisme soit garantie. Le PS, Génération.s, les écolos proches de 5 %, c’était le risque qu’un vote utile profite par exemple à Mélenchon d’un côté, à Macron de l’autre, et que les trois structures passent à la trappe. Une fusion sauvait les meubles, garantissant, à défaut de dynamique, des élus. Mais Glucksmann a échoué. Glucksmann était invité partout. Mais la « glucksmania » a cessé aussi vite qu’elle avait pris.

    Le Monde et ses têtes chercheuses ont alors sorti une autre solution de leur chapeau : Bernard Cazeneuve. Cazeneuve, vous en souvenez-vous ? C’était ce petit monsieur socialiste, ministre de l’Intérieur pendant la vague des attentats islamistes. Il a acquis de ce fait une relative notoriété, laissant le souvenir d’un homme courtois, et ouvert à l’idée que tous les tueurs islamistes ne sont pas des militants d’extrême droite ou de braves malades mentaux. Cazeneuve en tête de liste, c’était la possibilité d’attirer la gauche macronienne, et d’obtenir une certaine neutralité de la droite (même si certains se souviennent que c’est sur son intervention personnelle que 4 millions d’euros ont été alloués arbitrairement à L’Humanité, en décembre 2013). Voilà l’homme susceptible de rallier à lui les multiples courants du socialisme, son affabilité lui ouvrant toutes les portes ou presque. Depuis le 13 février, à l’occasion d’un excellent dîner de sénateurs socialistes, cette candidature fédératrice a été testée. Las, le 1er mars, Le Monde a révélé que cette piste était un cul-de-sac, que Cazeneuve renonçait.

    Et un malheur n’arrivant jamais seul, le dernier sondage en titre, publié le 27 février, annonce une percée des écolos qui, de ce fait, n’ont plus de raisons d’accepter une liste commune, tandis que PS et hamonistes pourraient finir sous les 5 %.

    Alors, un nouvel homme providentiel ? Mais qui ? Une nouvelle martingale électorale ? Mais comment ? L’horloge tourne.

    http://synthesenationale.hautetfort.com/

  • Schiappa/Joffrin : même ignominie dans l’amalgame

    Schiappa/Joffrin : même ignominie dans l’amalgame

    On se rappelle que, tout récemment dans un entretien à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, Marlène Schiappa avait affirmé : “Je ne mets pas sur le même plan la Manif pour tous et les terroristes islamistes, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique”, avant de plus ou moins retirer son propos (Gilbert Collard rappelait dans un tweet cet aphorisme de Jules Renard : « Il y a des gens qui retirent volontiers ce qu’ils ont dit comme on retire une épée du ventre de son adversaire »).

    Cette assimilation rappelle en écho l’éditorial de Laurent Joffrin paru le 24 juillet 2015 dans Libération, qui ne le cède en rien à l’ignominie : « Affaire Lambert : la menace intégriste ».

    D’un côté, les personnes qui souhaitent que tout enfant ait une chance de bénéficier de l’amour de son père et de sa mère ; de l’autre, des parents et amis qui demandent simplement que l’on accorde à leur fils et ami des soins qui, d’une façon inexplicable, lui sont toujours refusés. Tous assimilés à des terroristes musulmans. Un bel amalgame et aucun déséquilibré à l’horizon.

    Cet éditorial est reproduit ci-après dans son intégralité. Seul commentaire : M.Joffrin est une locomotive des bien-pensants dans les media français.

    « L’intégrisme l’emportera-t-il sur la loi française ? On se gardera ici de vouloir influencer la décision que doivent prendre les médecins du CHU de Reims sur le cas de Vincent Lambert. On rappellera, à ce stade, que l’arrêt des soins, s’il était finalement choisi par la communauté médicale, respecterait la loi Leonetti, comme en a décidé le Conseil d’Etat, et serait conforme à la jurisprudence de la CEDH qui s’est prononcée à une nette majorité. Mais, en lisant entre les lignes le communiqué des médecins annonçant leur volonté de surseoir, on voit bien qu’il s’agit de toute autre chose. Ces praticiens, dont la probité et le dévouement sont largement reconnus, estiment que les conditions de « sérénité » et de « sécurité » nécessaires à un choix libre ne sont pas réunis. Parlons clair : ils font allusion aux menaces physiques proférées par un certain nombre de militants extrémistes à leur encontre. La femme de Vincent Lambert, Marie, parle carrément de « terrorisme ». De quels extrémistes parle-t-on ? Les parents de Vincent Lambert sont liés à la fraternité Saint-Pie-X, secte catholique d’extrême-droite dont le Vatican, en dépit de certaines tentatives de négociations, a toujours déclaré l’illégitimité. Ainsi, c’est une phalange intégriste qui a réussi, par la menace, à faire dévier la procédure légale. Elle n’a rien à envier aux groupes équivalents dans les autres religions, par exemple les intégristes musulmans.

    On est prompt à brandir la laïcité pour dénoncer certaines pratiques extrêmes de l’islam (et souvent en fait pour mettre en cause l’islam dans son ensemble). Voilà un cas où l’intégrisme, d’origine chrétienne a réussi, par une forme de terrorisme verbal, à piétiner les principes laïcs. Cette atteinte à la République mérite, pour le moins, une égale dénonciation. »

    https://www.lesalonbeige.fr/schiappa-joffrin-meme-ignominie-dans-lamalgame/

  • « Droite républicaine » : la fin d’un mythe

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    Laurent Wauquiez – le président du parti Les Républicains – dit « chiche », du Salon de l’agriculture, à son ancien collègue de l’UMP Édouard Philippe – qui est devenu, depuis, le Premier ministre de la Macronie – concernant son idée d’instaurer des « contreparties » aux aides sociales (le vendredi 15 février, dans le Finistère). Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a, en effet, déclaré : « Depuis huit ans, je me bats pour que des heures de travaux d’intérêt général soient réalisées en contrepartie du revenu de solidarité active. Ça me fait sourire que le Premier ministre l’ait reprise. » Wauquiez avait dénoncé, en mai 2011, « le cancer de l’assistanat » consubstantiel à la France. Il était sous-entendu que ce « fléau » serait une des principales causes du chômage de masse depuis 1983. Alors doit s’imposer progressivement une lame de fond médiatico-politique favorable à l’impôt universel, voire à l’allocation universelle.

    Le gaullisme (social) est bel et bien mort. Il n’y a plus une feuille de papier à cigarette entre le « libéralisme de droite » et le « sociétalisme de gauche ». De fait, cette alliance politique prône une précarisation accélérée de l’individu sans qualification, ou de celui qui est trop érudit pour être informaticien ou boursicoteur. Le Président Macron est clairement un Thatcher avec plus d’arrogance : il entend multiplier les emplois à six cents euros. Comment ne pas penser, ici, aux réformes Hartz menées par Gerhard Schröder en Allemagne dès 2003 ? Bien qu’obliger le bénéficiaire du RSA à accomplir des travaux d’intérêt général comporte quelque chose de louable, il n’en demeure pas moins qu’aucun des emplois concernés ne peut déboucher sur un contrat à durée indéterminée. Enfin, ce n’est pas seulement le travailleur qui est appelé à disparaître, mais d’abord le travail lui-même.

    Quel est le système politique qui prône le tri entre les techno-scientistes et les affairistes, d’un côté, puis les intellectuels et les travailleurs, de l’autre, si ce n’est le libéralisme économico-financier ? En outre, la loi « anti-casseurs », imaginée initialement par le sénateur LR Bruno Retailleau en mai 2018, a été recyclée par le parti quasi unique à l’Assemblée nationale pour en faire un symbole de la nouvelle autorité de l’actuel chef de l’État. D’ailleurs, cet enfant roi ne pouvait se retenir d’en remettre une couche en rendant les gilets jaunes « complices du pire« concernant les débordements en marge de leurs manifestations (le 26 février). Par machiavélisme, ce parti « de l’ordre » n’arrête ni les Black Blocs ni les islamo-gauchistes – autrement dit, les vrais responsables de ces violences.

    Il n’est donc pas étonnant que Macron ait, à force de caresser dans le sens du poil la droite libérale, regonflé sa cote de popularité (39 %, soit 4 points de plus qu’en janvier). Tel est le cynisme d’une classe sociale qui ne considère que ses petits intérêts, et ce, au détriment de l’intérêt général. Telle est, aussi, l’expression du mépris de classe de ces foulards rouges qui défilaient à Paris, le 19 janvier dernier. Dans tous les cas, la « droite républicaine » perd chacune de ses cibles sociologiques. Alors, qui incarnera, à terme, les camps et national et social tant caricaturés par les médias de masse ? Parce que, tant que ce vide subsistera, la Macronie pourra s’étendre durablement, c’est-à-dire bien au-delà de deux mandats présidentiels.

    Henri Feng

    http://www.bvoltaire.fr/droite-republicaine-la-fin-dun-mythe/