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culture et histoire - Page 1307

  • Croisades contre jihad, cela se passe de commentaire!

    Ce document présente, de façon animée, la somme des batailles livrées par l'Islam contre la Chrétienté, en les situant dans le temps et géographiquement; puis il présente l'inverse, la somme des batailles des croisades, guerres défensives et non d'agression comme on le dit et l'écrit trop souvent en France.

    Les tenant du pasdamalgame en prennent pour leur grade!

    Lien de la vidéo

    Elle est sous-titrée en français.

    Lois Spalwer

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Le 24 septembre 1815, Louis XVIII faisait appel au duc de Richelieu

    Après les Cent-Jours, la France, au bord de la ruine, du dépeçage et de la guerre civile, s’acheminait vers le chaos. Sentant son trône branlant, Louis XVIII s’était résolu à faire appel aux deux politiciens les plus roués de l’époque : Fouché et Talleyrand, « le vice appuyé sur le bras du crime »  selon la célèbre « vision d'horreur » de Chateaubriand. Ce fut un échec. Il fallait désormais trouver un homme neuf, et cependant expérimenté, loyal et désintéressé, royaliste sans être ultra, patriote tout en aimant l’Europe, compétent et respecté par les Alliés. Un conseiller du comte d’Artois souffla au roi le nom du duc de Richelieu.

     Alors âgé de quarante-huit ans, l'arrière-arrière-arrière petit-neveu du grand cardinal avait passé en Russie auprès du tsar, dont il était devenu un des meilleurs amis, les vingt-cinq dernières années de sa vie, ayant notamment occupé la charge de gouverneur de la Nouvelle-Russie et fondé Odessa.

     Sa mission, de principal ministre et de ministre des affaires étrangères,  tenait en une phrase : réparer les immenses dégâts commis par Napoléon.

        Pendant trois ans et trois mois, au prix d’un labeur acharné, d’une constance à toute épreuve et d’une intelligence jamais prise en défaut, il allait hisser la France du précipice où elle roulait au seuil d’une nouvelle ère de son développement : quelque chose de comparable au « miracle allemand » qui suivit la fin de la deuxième guerre mondiale. Et cela presque seul, au milieu de la méfiance des uns, des chausse-trappes des autres, du scepticisme de tous. En face de trois montagnes à soulever : la paix, l’ordre, la libération du territoire.

        Dans la négociation d’un nouveau traité de paix, confronté aux exigences draconiennes des Alliés, Richelieu s’accrocha avec opiniâtreté, discutant pied à pied, utilisant tous les moyens à sa disposition : des séances de travail interminables et convoquées à tout moment qui épuisaient les ambassadeurs russe, prussien, anglais et autrichien, l'alimentation des divergences entre eux et avec les puissances moyennes, le chantage à la démission et les maladies diplomatiques (c'est de là que vient l'expression). Ainsi fut conclu le traité de Paris du 20 novembre 1815. Les concessions arrachées par Richelieu limitaient les dégâts : la France conservait ses places fortes dans les Flandres et dans les Ardennes, évitait l’occupation de Strasbourg et gardait les Antilles ; au total elle ne perdait que 1% de son sol et 1,5% de sa population ; l’indemnité de guerre, ramenée à 700 millions de francs (les Alliés réclamaient initialement un milliard et demi, soit environ 12 milliard de nos euros), s’étalerait sur cinq ans. Enfin, l’occupation militaire se réduisait à trois ans si les Alliés constataient que le comportement de la France l’autorisait : des conditions sévères mais inespérées.

       La paix faite avec l’Europe, il  faut aussi la faire avec la France, en proie à d’extrêmes désordres et, dans certaines régions, sur le fil de la guerre civile. La Terreur blanche, principalement dans l’Ouest et le Midi, s’attaquait aux bonapartistes, aux protestants et aux républicains. Richelieu reprit fermement l'administration en mains et décréta que l’épuration se limiterait aux têtes : réconciliation et rassemblement, tels étaient les deux mots d'ordre. Le général de Gaulle saurait s'en inspirer en 1944....

    La libération du territoire et le rétablissement de la France parmi les grandes puissances constituaient le troisième grand objectif de Richelieu. Pour cela, il fallait solder les comptes, rétablir la confiance, retrouver la maîtrise du sol national. Richelieu joua la franchise et mit cartes sur table. L’occupation militaire, expliqua-t-il aux Alliés, devait cesser au plus vite sinon il ne répondrait plus de la tranquillité du pays. Pour cela, il fallait payer au plus vite l'indemnité convenue. Ce dont la France n’avait pas les moyens…

    Jusqu'ici, quand l'État avait besoin d'argent, il ne connaissait que trois moyens de s'en procurer : l'impôt, l'emprunt ou la planche à billets. Richelieu ne voulait recourir à aucun des trois, craignant notamment la récession qui résulterait inévitablement d’une surpression fiscale comme d’une diminution de la masse monétaire par l'emprunt public. Quant à la fausse monnaie, le souvenir des assignats hantait toujours le peuple français. Richelieu eut donc une idée tout à fait originale : il ferait payer les indemnités dues à l'étranger par l'étranger lui-même, en empruntant les sommes nécessaires aux grandes banques d'Europe. Dès lors, il s'employa à obtenir des taux d'intérêt raisonnables et des délais longs, garantis par la reprise économique qui se dessinait en France et qui valoriserait de surcroît le cours des titres. « L'emprunt Richelieu » rencontra un fulgurant succès. Non seulement, il créa un climat favorable au redressement de la France mais il intéressa fortement l’Europe à celui-ci. Le 9 octobre 1818, la Convention d’Aix-la-Chapelle fixait le départ des troupes d’occupation au 30 novembre suivant, soit avec deux ans d’avance.

    Richelieu entendait maintenant profiter de sa réussite pour réaliser son dernier objectif : rompre l’isolement diplomatique de la France et la faire entrer de plain pied dans le nouveau concert des nations. Pour cela, substituer à l’alliance à quatre (Angleterre, Autriche, Prusse et Russie), fondée contre la France, une alliance à cinq dont celle-ci ferait partie, l’union des monarchies légitimesgarantissant la paix en Europe. Alexandre se rallia le premier à la thèse de Richelieu. Les autres puissances le suivirent. « La sainte Alliance » était ainsi élargie le 15 novembre par l’accord d’Aix-la-Chapelle. La France était redevenue une grande puissance, libre, indépendante et respectée, parlant d'égale à égale avec l'Angleterre, l'Autriche ou la Russie. Trois ans seulement après Waterloo…

    Louis XVIII voulut récompenser son ministre avec éclat mais celui-ci refusa toute gratification. Il ne rêvait que de rejoindre Odessa, de s'installer dans la petite maison de bois qu'il s'est fait construire au milieu d'un jardin aux essences rares et, peut-être, de fonder une famille avec une jolie ukrainienne de bonne naissance. Il souhaitait d'autant plus quitter la scène politique française qu'avec le retour des temps calmes réapparaissaient les intrigues. Tant qu'il fallait surmonter des obstacles gigantesques, Richelieu était seul. Maintenant, son poste fait des envieux.

    La veille de Noël 1818, Armand remit donc sa démission au roi. Mais avant de partir, pensait-il pour toujours, il voulait revoir la France en profondeur et lui laisser un testament. Du 4 janvier au 2 décembre 1819, il effectua donc un tour complet et minutieux de l'hexagone au cours duquel il se livra à de nombreuses considérations politiques. Curieux périple que ce voyage qui ressemblait à une campagne électorale, menée par un homme qui n’était candidat à rien. À Bordeaux, il prononça un discours en faveur du libre-échange. À Marseille, il traita d'éducation. À Lyon, il préconisa une baisse des impôts pour une expansion économique durable. Dans les Landes, il conseilla la plantation de pins, afin de fixer les dunes (comme on le sait, il serait écouté au delà de toutes prévisions). À Nice, il suggéra  aux gouvernants de ne jamais humilier les citoyens. Aux Tuileries, cette liberté de propos étonnait et dérangeait : on ne serait pas fâché que le duc redevienne  rapidement russe.

    Revenu à Paris, il régla ses dernières affaires personnelles, notamment la liquidation de son patrimoine afin de solder les dettes dont il avait hérité de sa famille. Le 12 février 1820,  sa berline était commandée, ses malles prêtes... Le soir même, le duc de Berry était assassiné sur les marches de l'Opéra. Mais ceci est une autre histoire…

    Daniel de Montplaisir

    http://www.vexilla-galliae.fr/civilisation/histoire/1545-il-y-a-deux-cents-ans-louis-xviii-faisait-appel-au-duc-de-richelieu

  • Maurice Allais flingue le néo-libéralisme dans une revue financée par Bercy

    Pour fêter ses 99 ans, le seul Nobel français d’économie s’est livré dans la très confidentielle revue de l’Ecole des Mines à une critique féroce du « libre-échangisme ». Il alerte sur la destruction de l’agriculture et de l’industrie, sources profondes du chômage français, et en appelle à des solidarités régionales.

    « Le libéralisme ne saurait être un laisser faire », insiste Maurice Allais, 99 ans depuis mai dernier et seul Français Nobel d’économie (1988). Dans la livraison de mai de Réalités Industrielles, publiée avec le soutien de Bercy, l’économiste ouvre le bal d’un dossier consacré au diagnostic de la crise, avec un petit article décapant sur « Les causes véritables du chômage ».

    Pour Maurice Allais, le chômage n’est pas essentiellement dû à des questions monétaires, même si celles-ci devraient « continuer de jouer un rôle néfaste grandissant », mais il pointe en premier lieu, les responsabilités d’un système global, celui né de « la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international. »

    La profonde ignorance des économistes

    Professeur honoraire à l’Ecole nationale supérieure des Mines de Paris, il rappelle à ses anciens disciples quelques vérités pas très politiquement correctes et s’en prend à l’idéologie mainstream actuelle des économistes. Farouchement anti-échangiste comme il fut exactement le contraire, reaganien invétéré jusqu’en 1994, il estime que « nous avons été conduits à l’abîme par des affirmations économiques constamment répétées, mais non prouvées. Par un matraquage incessant, nous étions mis face à » des vérités établies, des tabous indiscutés, des préjugés admis sans discussion. Cette doctrine affirmait comme une vérité scientifique un lien entre l’absence de régulation et une allocation optimale des ressources. Au lieu de vérité il y a eu, au contraire, dans tout ceci, une profonde ignorance et une idéologie simplificatrice.

    Le doyen des économistes français perçoit dans la crise financière actuelle, un poison majeur : « L’enjeu capital actuel est le risque d’une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises. Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne », accuse t-il. Démonstration : « Un écart de salaire élevé, aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple, n’est pas supportable sur le long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé. »

    Tous victimes

    Mais le quasi-centenaire met en garde également ceux qui voudraient attiser les haines xénophobes de cette situation. « Cela ne veut pas dire que j’oppose entre elles ces différentes régions, qui me semblent toutes des victimes actuelles ou à venir du libre-échangisme voulu par l’OMC, le FMI et par Bruxelles en ce qui concerne l’Europe. » En 2005 déjà, le Nobel d’économie estimait que l’abandon de la préférence communautaire, décidé en 1974 par Bruxelles, avait entraîné une réduction du taux de croissance du PIB réel par habitant de chaque pays du traité de Rome de l’ordre de 30 à 50%.

    En 2010, Maurice Allais propose une réforme rétablissant les préférences régionales au sein du commerce international. "Un point essentiel tient à la définition de ces espaces régionaux, qui ne devront pas être trop vastes et devront rechercher une homogénéité interne, ce que je définis comme « des ensembles régionaux groupant des pays de développement économique comparable, chaque association régionale se protégeant raisonnablement vis à vis des autres. » Visée : ne pas supprimer la concurrence, mais enrayer les distorsions de concurrence, telles que celles engendrées par ces écarts trop importants de coûts salariaux.

    On pourra toujours objecter à l’auguste économiste qu’il cultiva comme un forcené l’idéologie reaganienne, ou que ses théories ont été vampirisées par le Front National, Maurice Allais quant à lui se considère définitivement comme un libéral socialiste : « C’est-à-dire socialiste quant aux objectifs, et libéral quant aux moyens. Les deux ne me semblent, ainsi, plus opposables de manière antagoniste, mais deviennent complémentaires.»

    Emmanuel Lemieux
    L’annuel des idées IDEES – POLITIQUE – SCIENCES HUMAINES 
    mardi 8 juin 2010

    Repères : Réalités industrielles, édition de mai, Editions Eska avec le soutien du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, 23 euros.

    http://archives.polemia.com/article.php?id=2963

  • Marion Sigaut décryptera la naissance de la République

    http://www.medias-presse.info/marion-sigaut-decryptera-la-naissance-de-la-republique/39316

  • Vincent Revel : «La France Big Brother!», à lire pour s’éveiller, se rebeller

    Pour retrouver un esprit critique objectif, il est impératif d’aller à l’essentiel. Certains ouvrages ont cette capacité de cibler clairement les causes de nos erreurs ainsi que les responsables de nos échecs. Les livres de Laurent Obertone, et singulièrement « La France Big Brother ! » en font partie. Par Vincent Revel.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir pris conscience que nos dirigeants sont des menteurs et des profiteurs. Le fait d’entendre Christiane Taubira demander pardon aux familles des victimes du terrorisme à Paris, en essayant de justifier et d’expliquer que le gouvernement Valls n’avait rien à se reprocher dans la lutte contre l’islamisme, est tout simplement indécent.
    Depuis près de trente ans, tout est entrepris politiquement pour que l’avenir des Français s’écrive en lettres de sang et à présent que les fissures laissent apparaître le chaos, nos bonnes âmes essayent de s’esquiver en venant faire de la communication de bas étage. Mais peut-on vraiment pardonner à un responsable coupable de reproduire continuellement les mêmes erreurs qui mènent à de tels scénarios ?
    La France est orpheline de dirigeants.
    À sa tête se trouvent des carriéristes, des technocrates, des idéologues et des pantins. Leurs sorties médiatiques sont calculées. Rien n’est vrai. Leurs propos sont creux et l’émotion qu’ils suscitent donne plutôt la nausée. Pour cette raison, à l’heure où Claire Chazal quitte le JT de TF1, j’invite tous les éveillés à faire de même. Je les invite à se déconnecter de notre système de désinformation. Sans être un fan inconditionnel de Claire Chazal, je suggère cette bonne résolution à des fins thérapeutiques. Cette attitude est le meilleur moyen pour retrouver un peu de liberté, pour ne plus être pris en otage.
    Ceci peut juste nous permettre de respirer, de retrouver des sommets oubliés, de prendre l’air et des chemins menant à un début de rébellion.

    obertone

    Laurent Obertone

    Pour ça, je ne peux que conseiller la lecture de La France Big Brother de Laurent Obertone.
    Paru fin 2014, ce livre est un monument. Suivant le monde imaginé par Orwell dans 1984, l’auteur décrit avec humour la société qui nous mène à l’abattoir. Au fil des lignes, la pensée unique prend tout son sens et la liberté d’expression devient une chimère inaccessible.
    Tout ça, avec le sourire inébranlable de nos spécialistes en tout genre !

    La France Big Brother, c’est le meilleur moyen pour se poser les bonnes questions, prendre du recul et se demander par exemple si notre argent est employé à bon escient…
    Le nombre de policiers a doublé depuis les années 60. Dans le même temps, la part du budget de la Justice et ses effectifs ont été multipliés par quatre. Vous avez l’impression que l’insécurité a reculé ?
    Le nombre d’enseignants du premier degré est passé de 220 000 à 320 000 depuis les années 60. Vous avez l’impression que le savoir et l’alphabétisation ont progressé ?
    L’immigration extraeuropéenne censée sauver notre économie et enrichir notre société a explosé depuis les années 60. Vous avez l’impression que l’économie va mieux, que la société est plus enrichie, agréable et cohérente ?
    Le nombre de journalistes s’est multiplié par trois depuis les années 60. Vous avez l’impression que la pluralité d’opinion en a fait autant ?
    Les prestations sociales ont explosé, de 12 à 30 % du PIB, depuis les années 60 (INSEE). Vous avez l’impression que les bénéficiaires en sont plus satisfaits et mieux insérés ?
    En valeur absolue, les dépenses publiques ont été multipliées par 80, passant de 15 à 1200 milliards d’euros depuis les années 60 (INSEE). Les effectifs de l’administration publique et les impôts n’ont jamais été aussi importants. Vous avez l’impression d’avoir davantage de services qu’avant ? De meilleure qualité ?!

    Comment « un État qui cumule 2000 milliards de dettes, incapable de réguler ses propres dépenses, peut-il être qualifié pour gérer les richesses de ceux qui les créent ? » Trop de Français font encore confiance à ces escrocs des temps modernes.
    C’est bien pour cette raison que ces professionnels de la politique se permettent tout et qu’à présent nous avons hérité de François Hollande comme président ! Qui aurait pu prédire cette farce il y a seulement 4 ans de ça ? Ce qui était notre pays, ce qui faisait la force de notre nation, a été bradé aux plus offrants.
    Le mot patrie a été remplacé par République et ce système est devenu le symbole de nos échecs.
    À présent, l’immigration de masse que nous subissons n’est plus que le bouquet final d’une lente désintégration.

    Vincent Revel

    http://fr.novopress.info/192758/vincent-revel-france-big-brother-lire-seveiller-se-rebeller/#more-192758

  • La fabrique du surhomme soviétique

    En 1917, les vainqueurs de la révolution sont confrontés à une société russe pauvre et essentiellement agricole. Pour assurer l’industrialisation du pays, il est nécessaire de mettre l’individu au service du collectif.

    Les travaux de Pavlov sont mis à profit pour conditionner les ouvriers dans les usines, mais aussi rééduquer les «éléments non prolétariens» dans des camps de travail.

    De son côté, le généticien Ilya Ivanov se passionne pour les croisements entre singes et humains : il espère donner naissance à un être hybride, qui servirait de robot ou de cobaye dans les laboratoires.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • « Deux individus contre l'histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger » de Julien Hervier

    L’auteur et le livre

    Ce livre est la réédition revue, corrigée et augmentée d’une postface, d’un texte publié pour la première fois en 1978 et qui était lui-même la version allégée d’une thèse d’État soutenue en Sorbonne. Professeur honoraire de l’université de Poitiers, Julien Hervier est le principal traducteur de Jünger et a dirigé l’édition des Journaux de guerre dans la Pléiade, il a également traduit des ouvrages de Nietzsche, Heidegger et Hermann Hesse, et a édité de nombreux textes de Drieu, notamment son Journal 1939-1945.

    Comme le souligne lui-même l’auteur dans sa postface, le contenu de son livre serait bien différent s’il devait l’écrire aujourd’hui, notamment en ce qui concerne Jünger dont l’œuvre a pris une autre ampleur, en particulier avec les cinq volumes du journal de vieillesse Soixante-dix s’efface, jusqu’à sa mort en 1998. Quant à Drieu, il faudrait « insister sur la dimension religieuse de [son] univers » plutôt que de « le réduire à son image de grand séducteur et d’essayiste politique ». Durant les quelque trente ans qui se sont écoulés entre l’édition princeps de cet ouvrage et la présente réédition, le contexte idéologico-politique a profondément changé et ce texte doit donc être lu sans jamais perdre de vue le moment où il fut écrit.

    Deux écrivains individualistes et aristocratique : quatre grands thèmes

    En 1978 donc, J. Hervier (JH) se propose d’étudier deux écrivains « d’esprit individualiste et aristocratique » qui ont accordé dans leur œuvre « une large place aux problèmes de la philosophie de l’histoire » qu’ils ont « transcrits en termes romanesques ». Son livre se décline selon quatre grands thèmes (la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la Religion), abordés sous différents aspects pour chacun des deux auteurs. 

      • La Guerre - Pour Jünger comme pour Drieu, la guerre est perçue comme une « loi naturelle », et la Première Guerre mondiale est « l’expérience fondamentale de leur jeunesse ». Rappelons seulement quelques titres. Pour le premier : Orages d’acier (1920), La guerre notre mère (1922), Le boqueteau 125 (1925), les journaux de guerre de 1939 à 1948… et cette sentence : « Le combat est toujours quelque chose de saint, un jugement divin entre deux idées ». Pour le second, les poèmesInterrogation (1917) et Fond de cantine (1920), et surtout le roman La comédie de Charleroi (1934). Pour Drieu, les hommes « ne sont nés que pour la guerre » 
    Jünger considère également la guerre comme « technique » et écrit à cet égard : « La machine représente l’intelligence d’un peuple coulée en acier », tandis que Drieu juge que « la guerre moderne est une révolte maléfique de la matière asservie par l’homme ». 
    Le livre de Jünger La guerre notre mère illustre parfaitement l’idéologie nationaliste qui régnait alors dans l’Allemagne meurtrie par la défaite, avec son exaltation du sacrifice suprême : mourir pour la patrie. Si, à cette époque, Drieu est sensible à cette idée de sacrifice patriotique, avec la Seconde Guerre mondiale il évoluera du nationalisme au pacifisme.

      • La politique - En matière de politique, les nationalistes que sont initialement Jünger et Drieu estimeront rapidement que le nationalisme est dépassé et qu’il doit évoluer, pour l’un vers l’État universel et pour l’autre vers une Europe unie. Tous deux cependant appellent à une révolution, « conservatrice » pour Jünger et « fasciste » pour Drieu. On connaît les engagements de ces deux intellectuels, mot que Drieu définit ainsi : « Un véritable intellectuel est toujours un partisan, mais toujours un partisan exilé : toujours un homme de foi, mais toujours un hérétique ». Pour l’auteur de Gilles, l’engagement est nécessaire, mais « difficile » et « ambigu ». Pour Jünger, l’engagement est paradoxal : « Ma façon de participer à l’histoire contemporaine, telle que je l’observe en moi, observe-t-il, est celle d’un homme qui se sait engagé malgré lui, moins dans une guerre mondiale que dans une guerre civile à l’échelle mondiale. Je suis par conséquent lié à des conflits tout autres que ceux des États nationaux en lutte ». Une chose est sûre, ces deux intellectuels sont des « spectateurs engagés », mais Jünger « préfère finalement refuser l’engagement – même si un remords latent lui suggère que, malgré tout, en s’établissant dans le supratemporel, il peut réagir sur son environnement politique » (JH), tandis que l’engagement de Drieu « est placé sous le signe du déchirement et de la mauvaise conscience ».

      • L’individu et l’histoire - L’individualisme est une caractéristique essentielle de la personnalité de Drieu (« Je ne peux concevoir la vie que sous une forme individuelle » avoue-t-il en 1921), comme de celle de Jünger pour qui c’est dans l’individu « que siège le véritable tribunal de ce monde ». Mais leur individualisme est à la fois semblable et différent. Le premier, « individualiste forcené » par tempérament et formation, « condamne historiquement l’individualisme comme une survivance du passé, tout en étant incapable d’y échapper dans ses réactions psychologiques personnelles » (JH), le second, individualiste exacerbé également, prononce la même condamnation historique, mais dépasse la contradiction en affirmant, par-delà le constat de la décadence de l’individualisme bourgeois, « la nécessité d’une affirmation individuelle qui fait de chacun le dernier témoin de la liberté » (id.). Devant l’Histoire, Jünger et Drieu ont des attitudes parfois proches et parfois opposées. Jünger la conçoit, à l’instar de Spengler, comme essentiellement cyclique : les civilisations naissent, se développent, déclinent et disparaissent. De fait, il s’oppose aux conceptions de l’Histoire héritées des Lumières comme à celles issues du marxisme. Il envisage cependant « une disparition probable de l’homme historique ». (JH). 
    Drieu est fortement marqué par l’idée de décadence, son « pessimisme hyperbolique et métaphysique » dépasse le « déclinisme » de Spengler, mais, pour lui, il existe un « courant rapide » qui entraîne tout le monde « dans le même sens » et que « rien ne peut arrêter ». Il se rapproche donc, d’une certaine manière de la conception marxiste du « sens de l’histoire », mais va jusqu’à dire que l’Histoire, c’est ce « qu’on appelle aujourd’hui la Providence ou Dieu ». 
    Dans leurs « utopies romanesques », Jünger (Sur les falaises de marbre, Heliopolis) et Drieu (Beloukia, L’homme à cheval) procèdent de manière radicalement différente : le premier « part de l’histoire présente pour aboutir à l’univers intemporel de l’utopie », tandis que le second « part de l’histoire passée pour aboutir à l’histoire présente » (JH). Tous deux sont déçus par le présent, mais alors que Jünger « lui substitue un monde mythique », Drieu « l’invente dans le passé ». 
    Face au « problème de la technique », Jünger et Drieu estiment tous deux que celle-ci a détruit l’ancienne civilisation sans lui avoir jamais trouvé de substitut. La solution, selon eux, ne réside pas dans un simple retour en arrière, mais dans la création de quelque chose qu’on n’appellera plus « civilisation » et qui relèvera de « la philosophie, de l’exercice de la connaissance, du culte de la sagesse » (Drieu)

      • La religion - Après la Guerre, la Politique, l’Individu et l’Histoire, la dernière partie du livre est consacrée au rapport à la religion de Jünger et de Drieu, et c’est sans doute, pour le lecteur qui ne connaît pas l’ensemble de l’œuvre de ces deux auteurs, la plus surprenante. Un long chapitre traite de « la pensée religieuse de Drieu ». Celui-ci, vieillissant, délaissant les femmes, rejetant l’action politique, se tourne de plus en plus vers la religion. Il passe de « l’ordre guerrier » de sa jeunesse à « l’ordre sacerdotal », et écrit, aux abords de la cinquantaine, des « romans théologiques ». Il admire dans le catholicisme « un système de pensée complexe » et une religion qui « représente pour la civilisation d’Europe son arche d’alliance, le coffre de voyage à travers le temps où se serre tout le trésor de son expérience etde sa sagesse ». Toutefois, s’il vénère le christianisme sub specie æternitatis, il déteste ce qu’il est devenu, c'est-à-dire une religion « vidée de sa substance », muséifiée, et qui ne représente plus qu’« une secte alanguie », à l’image du déclin général de l’Occident. L’Église n’est plus qu’une institution bourgeoise liée au grand capitalisme. À ce « catholicisme dégénéré » (JH), Drieu oppose le christianisme « viril » du Moyen Âge, celui du « Christ des cathédrales, le grand dieu blanc et viril ». Ce dieu « n’a rien à céder en virilité et en santé aux dieux de l’Olympe et du Walhalla, tout en étant plus riche qu’eux en secrets subtils, qui lui viennent des dieux de l’Asie ». Pour Drieu, il n’y a pas de véritable antagonisme entre le christianisme et le paganisme, mais seulement une façon différente d’interpréter la Nature. À ses yeux, c’est le catholicisme orthodoxe qui a le mieux conservé l’héritage païen.. Mais, au-delà des différentes religions, païennes ou chrétiennes, Drieu croit profondément en une sorte de syncrétisme universel, celui d’« une religion secrète et profonde qui lie toutes les religions entre elles et qui n’en fait qu’une seule expression de l’Homme unique et partout le même ». 
    Pour Jünger comme pour Drieu, la dimension religieuse est fondamentale et « transcende toutes les autres » (JH). Mais, contrairement à Drieu, le mot même de « Dieu » est peu fréquent dans son œuvre, caractérisée pourtant par une vision spiritualiste du monde. De fait, il semble qu’il ait envisagé une « nouvelle théologie », sans lien véritable avec l’idée d’un Dieu personnel, relevant plus sûrement d’une « religion universelle », au sens où il parle d’« État universel ». L’ennemi commun des nouveaux théologiens comme des Églises traditionnelles demeure, en tout état de cause, le « nihilisme athée ». La sympathie générale qu’il éprouve pour toutes les religions relève davantage de sa philosophie de l’histoire que d’un véritable sentiment religieux, mais ne l’empêchera pas, tout au long de la Seconde Guerre mondiale, d’exprimer des préoccupations chrétiennes. Son journal de guerre comprend d’innombrables références à la Bible, dont il loue le « prodigieux pouvoir symbolique », tandis que Sur les falaises de marbre et Heliopolis mettent en scène deux importantes figures de prêtres. « Au temps de la plus forte douleur, écrit-il, le christianisme « peut seul donner vie au temple de l’invisible que tentent de reconstruire les sages et les poètes ». Pour lui, le christianisme est avant tout ce qui, dans notre civilisation, « incarne les valeurs religieuses permanentes de l’humanité » (JH). À ses yeux, le christianisme constitue un humanisme qui prône une haute conception de l’homme. Il n’en accepte pas moins le « Dieu est mort » nietzschéen qui, souligne-t-il, est « la donnée fondamentale de la catastrophe universelle, mais aussi la condition préalable au prodigieux déploiement de puissance de l’homme qui commence ». La mort de Dieu n’est pour lui que la mort des dieux personnels, elle n’est donc pas un obstacle à la dimension religieuse de l’homme. Au mot de Nietzsche, il préfère celui de Léon Bloy, « Dieu se retire », ce qui annonce l’avènement du Troisième Règne, celui de l’Esprit qui succèdera à ceux du Père et du Fils. 
    En matière de religion, Drieu et Jünger sont « étrangement proches et profondément différents » (JH). Tous deux défendent les religions contre le rationalisme tout-puissant, sont convaincus de l’évidence de la mort du Dieu personnel et donc de la nécessité de « reconstruire à partir d’elle une nouvelle forme d’appréhension du divin » (JH).

    Un mélange détonnant

    Ce qui ressort de cette étude comparative de Jünger et Drieu, « c’est le mélange détonnant qui se produit en eux entre un esprit réactionnaire incontestable et une volonté révolutionnaire ». Toutefois si Jünger est plutôt un national-bolchevique et Drieu un révolutionnaire fasciste, face au « bourgeoisisme » tous deux sont des révolutionnaires.

    Julie Hervier a intitulé son travail : « Deux individus contre l’histoire ». Le mot « individu » prend ici tout son sens lorsqu’on comprend, après avoir refermé le livre, que Jünger et Drieu sont fascinés par la singularité de l’individu. Jünger incarne un individualisme métaphysique qui est le contraire de l’individualisme bourgeois que Drieu, dans sa mauvaise conscience, croit représenter. Tous deux aspirent à l’avènement d’une nouvelle aristocratie, mais pour Drieu il s’agit d’une aspiration essentiellement politique, alors que pour Jünger le but c’est la constitution d’une « petite élite spirituelle ». Dans sa postface, l’auteur de cette magistrale et admirable étude justifie a posteriori son titre de 1978 en rappelant et en se réclamant de la formule de Kafka : « Il n’y a de décisif que l’individu qui se bat à contre-courant ».

    Didier Marc , 11/06/2010

    Julien Hervier, Deux individus contre l’Histoire. Pierre Drieu la Rochelle, Ernst Jünger. Eurédit, 2010, 550 p.

    http://archives.polemia.com/article.php?id=2967