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Le réveil des esprits libres ?

 Décidément, entre le Boulevard Voltaire de Robert Ménard qui, sur le terrain journalistique, entend s’émanciper du « médiatiquement correct« , et la « Droite Forte » de Guillaume Peltier qui, sur le terrain politique, désire « démocratiser les chaînes du service public » et « libérer l’information en garantissant l’embauche de journalistes de droite« , il semble qu’un vent de réaction souffle à droite, et que certains feignent de découvrir la domination culturelle de la gauche sur l’opinion, la politique, et les médias…

Il reste qu’invoquer la liberté d’expression, si chère à Robert Ménard, lorsque le rapport de force est défavorable, relève de la stratégie ; mais l’ériger en principe idéologique, c’est sombrer dans le relativisme dès lors que l’on ne voit derrière les idées que des opinions, toutes égales, et qu’on laisse ainsi entendre que la vérité en tant que telle est inaccessible, voire inexistante. Si en revanche toutes les idées ne se valent pas, qu’elles n’ont pas la même valeur, alors elles ne sauraient jouïr non plus des mêmes droits de diffusion. « Chacun voit midi à sa porte », nous rétorquera-t-on. Mais le même s’indignera que les idées nazies puissent faire l’objet d’une profusion sans entraves : une telle indignation ne suggère-t-elle pas, fût-ce tacitement, l’existence d’une échelle des valeurs ?

Là est toute la contradiction :
voilà des hommes de « droite » qui, pour faire entendre leur voix face à la gauche, tentent de retourner contre elle ses propres outils idéologiques. Sauf qu’à parler comme l’adversaire, on finit par penser comme l’adversaire. Car les mots sont le vecteur de la pensée. Adopter une grammaire, c’est adopter en même temps un schéma intellectuel. En invoquant le relativisme pour faire entendre leur voix, ils s’interdisent en même temps, et paradoxalement, de lui conférer une consistance objective. Ou comment se tirer une balle dans le pied en voulant faire un pas en avant…

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