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L’euro : vers la dictature ? (1re partie)

Voici l’analyse d’Antraigues, polytechnicien et auteur de précédentes contributions à Polémia

♦ Du fait de contraintes de présentation, elle a été coupée en 2 parties

 Présentation

De plus en plus manifestement la France n’est pas gouvernée en fonction de ses intérêts – c’est-à-dire des intérêts et des aspirations des Français – mais en fonction d’intérêts politiques ou financiers qui ne sont pas les siens, voire qui lui sont totalement opposés.

Sans doute ne faut-t-il pas chercher plus loin l’ampleur du rejet actuel des partis dits « de gouvernement », ainsi que du gouvernement lui-même.

Au demeurant la classe politico-médiatique affiche on ne peut plus clairement qu’il ne s’agit en aucune façon de défendre les intérêts de la France. Pour les plus indulgents, cela témoignerait d’une consternante étroitesse de vue et d’esprit ; pour les autres, de plus en plus, cela relèverait des heures les plus sombres de notre histoire.

Si l’on parle à tout bout de champ de « la République » et des « valeurs républicaines », c’est pour éviter de parler de la France, et encore plus de parler de « nation ». Même Nicolas Sarkozy ne s’y risque pas, lui qui est pourtant peu avare de transgressions verbales au politiquement correct, et sans doute ne faut-il pas chercher plus loin l’explication de la particulièrement peu euphonique nouvelle dénomination de l’UMP.

La raison profonde de cette implacable diabolisation de toute démarche se réclamant de la nation et ayant quelque chance d’aboutir politiquement, c’est que l’Etat-nation, et cela résulte de la définition même de la mondialisation, est le seul obstacle véritable qui s’oppose à cette dernière, et donc aux gigantesques intérêts politiques et financiers qui la sous-tendent.

Pourtant une expérience largement séculaire a montré que seuls des Etats nations pouvaient fonctionner de façon satisfaisante. Elle a aussi montré qu’un Etat-nation ne se décrétait pas et que, pour être viable sur le long terme, il doit résulter de la volonté librement consentie des populations qui la constituent de partager un destin commun, avec toutes les conditions que cela suppose. Une analyse un peu fine montre, en outre, que ce ne sont pas les nationalismes qui sont à l’origine des guerres (quoi de plus pacifique, par exemple, que la Suisse ?) : ce sont les impérialismes.

La poursuite de la descente aux enfers de la France en tant que pays de production, l’accélération de la mise à l’encan de son patrimoine, sa dépendance politique de plus en plus caricaturale, tout cela ne peut s’expliquer seulement par de l’incompétence et du carriérisme de son personnel politique (dès lors que l’on a quelque ambition dans l’existence, il a toujours été plus simple et plus gratifiant de se mettre résolument du côté des puissances du moment !). Il ne peut en fait plus guère en être autrement, tant les abandons de souveraineté institutionnels consentis par son gouvernement ont ligoté la France. Ils ne cessent d’ailleurs de s’étendre, de façon d’ailleurs la plupart du temps parfaitement subreptice, et c’est ainsi que la France se retrouve chaque année un peu plus détricotée. Il s’y ajoute que l’apport nouveau annuel à sa population (naissances + immigration) provient de l’immigration extra-européenne pour au moins 30% (et probablement plutôt 50%), ce qui menace l’unité même de la nation.

La priorité est évidemment que la France retrouve tous les attributs normaux d’une nation : des frontières, la possibilité, par des dispositions appropriées, d’imposer qu’un minimum de la consommation nationale soit effectivement produit sur le territoire national, la souveraineté monétaire, ainsi que la maîtrise du droit et de la justice applicables sur son territoire.

Ces deux derniers points, pourtant les plus méconnus de l’opinion publique (il est vrai que tout est fait pour qu’il en soit ainsi), conditionnent tout le reste. Ils sont en outre les plus faciles à mettre en œuvre, en ce que leur mise en œuvre est pour l’essentiel immatérielle. C’est d’ailleurs ce à quoi s’est attaché en priorité Victor Orban lors de son arrivée au pouvoir, par l’introduction de dispositions appropriées dans la constitution hongroise, et c’est cela qui lui a permis l’indépendance dont il témoigne (ceci est développé à la fin de cet article).

C’est de la souveraineté monétaire que l’on traite ici :

– d’une part, en reprenant de façon résumée ce qui avait déjà été dit, de façon chiffrée et avec une argumentation beaucoup plus développée, dans deux de mes précédentes contributions à Polémia :
« Sortir de l’euro…et le plus vite possible », accompagné d’un dossier regroupant tableaux et graphiques.
http://www.polemia.com/sortir-de-leuroet-le-plus-vite-possible-12/
http://www.polemia.com/wp-content/uploads/2014/05/dossier_euro_2014-05-05.pdf
qui a été suivi de :« L’euro, arme de destruction massive des nations » www.polemia.com/leuro–arme-de-destruction–massive-des-nations/

– d’autre part, en développant quelques points nouveaux.

Signalons que la souveraineté monétaire ne se limite pas à disposer de sa monnaie propre : elle nécessite aussi que le gouvernement puisse s’organiser avec sa Banque Centrale (soit pour faire face à des actions de déstabilisation, soit pour agir au mieux des intérêts économiques du pays). C’est ainsi que la Hongrie (qui ne fait pas partie de la zone euro) a introduit dans sa Constitution un article allant dans ce sens, ce qui est totalement contraire à l’article 130 du Traité de Lisbonne, lequel s’applique à tous les membres de l’UE, et interdit à la fois aux gouvernements de donner des directives à leurs banques centrales, et à ces dernières d’en solliciter.

En ce qui concerne la reprise de la maîtrise du droit et de la justice applicables sur son territoire, signalons simplement que la Constitution française demeure au-dessus de tout, et qu’il n’y a d’abandons de souveraineté que parce qu’ils ont été inscrits dans certains de ses articles (et peut-être du fait de jurisprudences du Conseil constitutionnel). Notons que l’Allemagne, elle, a maintenu la supériorité de son droit national.

Où en est-on ?

 Il est connu de longue date qu’une monnaie n’est viable que si elle est adossée à un Etat nation. La raison en est extrêmement simple : partager une monnaie commune implique qu’il puisse y avoir des transferts budgétaires très importants, et donc l’existence d’un fort sentiment de solidarité, autrement dit d’un sentiment national. C’est ainsi que tous les Etats significatifs de la planète, hors zone euro, ont leur monnaie propre. Dans les dernières décennies la seule exception a été l’Argentine qui, sur les conseils d’économistes, a décidé en 1990 de lier sa monnaie au dollar. D’où en 1996 une épouvantable crise économique, comparable par son ampleur à la crise grecque, et dont elle ne s’est sortie qu’en décidant enfin, en 2002, de s’affranchir de la contrainte qu’elle s’était imposée.

La mise en place d’une monnaie commune à plusieurs nations n’est donc justifiable (du moins dans un cadre démocratique, car une monnaie commune peut aussi très bien être associée à un empire, et durer ce que dure cet empire), que si elle s’intègre explicitement dans la construction d’un Etat fédéral, autrement dit d’une nouvelle nation regroupant les anciennes. Elle se fait alors tout naturellement. Il est bien certain que si l’Allemagne acceptait de faire pour la mise à niveau des autres pays de la zone euro pour lesquels le problème se pose ce qu’elle a fait pour l’Allemagne de l’Est, il n’y aurait pas de problème de l’euro.

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