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A droite, les investitures aux législatives échauffent les candidats à la primaire

C’est un des débats qui anime les coulisses de l’organisation de la primaire. Mardi 8 mars, les dirigeants de la droite ont enfin décidé de se parler à huis clos du sujet épineux des investitures aux élections législatives de 2017, sujet de discorde entre Nicolas Sarkozy et les autres candidats à la primaire, notamment Alain Juppé, Bruno Le Maire et François Fillon.

Lors du bureau politique du parti Les Républicains (LR), l’ancien président de la République a proposé aux dirigeants de mettre en place un groupe de travail dirigé par Roger Karoutchi, secrétaire général aux élections, composé de Thierry Solère, président du comité d’organisation de la primaire et d’autres personnalités représentant les différentes sensibilités.
Ce cénacle aura pour mission de réfléchir aux investitures circonscription par circonscription. Dans les cas où un nom fera consensus, le candidat sera investi dès le mois de juin. Dans le cas contraire, la décision sera remise à l’après-primaire. Les candidats sortants seront, eux, investis avant l’été.
Les candidats à la primaire ne se sont pas opposés à cette décision de compromis. Le sujet était pourtant brûlant depuis quelques mois. Le 24 septembre 2015, lors des journées parlementaires LR à Reims (Marne), Nicolas Sarkozy avait déjà affirmé qu’il fallait avancer la date de ses investitures avant l’été.
Négociations avec l’UDI
Lors du conseil national du parti LR, le 7 février, l’ancien chef de l’Etat avait insisté à la tribune : « Il faut déconnecter les investitures pour les législatives de la primaire. Peut-on trouver un accord là-dessus ? Je me battrai pour qu’on le fasse au printemps. Pour moi, c’est clair, c’est en juin que cela doit être fait. » « Je voudrais les faire en juin car les comptes de campagne commencent un an avant les élections, c’est-à-dire en juin. Ce n’est pas précipité, c’est simplement vouloir être à l’heure, pas en retard », explique au Monde le président du parti LR
De leur côté, Alain Juppé et la plupart des candidats déclarés à la primaire souhaitaient que les investitures aient lieu après la primaire des 20 et 27 novembre afin que le candidat désigné puisse composer sa future majorité présidentielle. Ils voulaient aussi éviter que le futur candidat Sarkozy ait trop de pouvoir sur le corps des parlementaires et des prétendants à l’investiture. Ce dernier a donc trouvé cette solution pour commencer à avancer sur les investitures sans ouvrir un front trop important avec les autres ténors.
L’ancien président est pressurisé car il doit aussi gérer les demandes de l’UDI. Avant d’officialiser sa participation à la primaire, le parti centriste, qui tient son congrès le 20 mars, souhaite conclure avec LR un accord de gouvernement et surtout un accord sur les investitures aux législatives.
Mais, selon nos informations, le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, est plutôt gourmand puisqu’il réclame que les députés UDI sortants soient tous investis et qu’un tiers des autres circonscriptions soit réservé aux centristes. Lors du bureau politique, un consensus s’est dégagé pour que M. Sarkozy essaye de réfréner les ambitions de M. Lagarde.
L’ancien chef de l’Etat, qui travaille sur le projet du parti est très opposé à un accord de gouvernement sur des priorités comme la réorientation de l’Europe ou encore la baisse de la dette. « C’est un peu contradictoire avec la primaire où chacun doit exprimer sa sensibilité, où chacun défend ses idées », analyse M. Sarkozy. Selon l’AFP, Alain Juppé a écrit un courrier à M. Lagarde, lundi 7 mars, où il s’exprime pour un tel accord avec l’UDI.
Pendant cette réunion, les dirigeants de la droite ont également décidé de voter dans deux semaines sur la participation du Parti chrétien démocrate (PCD) et du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), deux autres formations de droite, à la primaire. Ce dernier parti avait approché Nadine Morano pour qu’elle soit sa candidate. Candidate d’un autre parti, Mme Morano n’aurait pas eu besoin des vingt parrainages de parlementaires pour concourir.
Mais un consensus s’est dégagé pour voter contre la participation du CNIP à la primaire. « J’entends comme tout le monde que certains veulent contourner les règles à travers un autre parti, mais cela ne peut pas se passer comme ça », a déclaré M. Sarkozy lors du bureau politique qui s’est déroulé en l’absence de Mme Morano.

Matthieu Goar

Le Monde :: lien

http://www.voxnr.com/cc/politique/EuVZVylEEFWHvzJeYk.shtml

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