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Minute à Macron : « Manu, fais gaffe au populo, il en a ras la casquette ! »

Minute-couv-Macron-251x350.jpgLes allusions « vintage » sont à la une de la presse de ce matin. Alors que Libération titre « Eh Manu, tu redescends ? », en référence aux Inconnus, Minute s’adresse aussi à « Manu » avec cette une : « Fais gaffe au populo, il en a ras la casquette », en référence cette fois à Jean-Pax Méfret. Pour l’hebdomaire, le deuxième tour n’est pas joué si Gérard Lambert prend un coup de colère. Voici l’éditorial.

Eh bien voilà, maintenant, tout est simple. Ils ne sont plus que deux. Deux dont on pourrait dire bien des choses, décrire les qualités ou les insuffisances, souligner les habiletés ou les erreurs. Mais à quoi bon ? Car, désormais, l’essentiel est que ces deux-là incarnent à la perfection les deux destins de la France.

D’un côté, Emmanuel Macron, l’homme de la finance, du mondialisme. De l’autre, Marine Le Pen, la candidate du peuple. Et même des peuples, car ce qui jouera le 7 mai prochain dépasse nos frontières nationales.

Ce ne sont pas là des figures de style, des postures intellectuelles. Ce sont des réalités. Et ce n’est pas le ralliement rapide au ministre de l’Economie de François Hollande, à son secrétaire général adjoint à la présidence de la République, comme une fuite éperdue de poussins hors du poulailler natal, d’une majorité de cadres des Républicains qui risque de démontrer le contraire.

Le clivage gauche-droite n’a de sens que si les chefs de la droite y croient. Il semble bien que non. C’est dommage. C’est dramatique. Mais c’est un fait.

Il n’y aura pas de révolte sans colère

Le clivage est donc bien celui du peuple contre les élites, celui de la France perdante de la ruralité et de la périphérie contre la France gagnante de la mondialisation, celui du « Non » au référendum de 2005 – près de 55 % ! – contre ceux que Marine Le Pen appelle les « européistes » ou les « euro-mondialistes ».

Ce clivage traverse tous les électorats. Y compris celui de Macron. Parmi ceux qui ont voté pour lui dimanche, combien de dupes, combien de naïfs, qui voient en lui un « renouveau », un « hors système » ? Peut-être une majorité. Homme de droite pour la gauche radicale, homme de gauche pour la droite nationale, Macron est une synthèse. Celle du système. Elu, il sera pire que Hollande qui était pire que Sarkozy.

Cette victoire lui semble promise. Les sondages l’annoncent inéluctable. Disons-le tout net : sur le papier, c’est gagné pour lui, c’est perdu pour le peuple. Sur le papier. Car tout dépend des dix jours qui viennent. Tout dépend du peuple. Du populo, comme on disait naguère encore, du populo qui « en a ras le casquette » comme le chantait Jean-Pax Méfret dans Solidarité, en 1982. Tout dépend des Français qui travaillent ou qui voudraient travailler. Des Français qui ont peur et qui voudraient ne plus avoir peur. Encore convient-il de leur parler un langage clair, net, fort. Un second tour d’élection présidentielle, c’est de la castagne. De l’argumentation, oui, mais au service de l’émotion. Avant d’apaiser, il faut indigner. Il n’y a pas de révolte sans colère.

Macron n’est pas un nom, c’est une épitaphe

Aux électeurs de Mélenchon, pour ceux qui ne sont ni des « cités » ni étudiants à Sciences Po, il faut dire et répéter que Macron, c’est l’homme qui vend la France, l’homme qui a bradé Alstom aux Américains. A ceux de Fillon, il faut parler d’Emmanuel Hollande.

A tous ceux qui n’ont pas voté ou qui ne se sentent tenus par aucun parti, il faut rappeler et rappeler encore que Macron veut instaurer « une autoroute migratoire entre l’Algérie et la France » (1), qu’il affirme qu’« il n’y a pas de culture française », qu’il accuse la France d’être responsables de « crimes contre l’humanité », qu’il veut faire travailler plus pour gagner moins.

Il faut cogner Macron. Il faut faire pleurer le mari de Brigitte. Il faut frapper là où ça fait mal. Ennemi du peuple. Ennemi de la droite. Ennemi de la gauche. Ennemi de la France. Macron n’est pas un nom, c’est une épitaphe. Sa défaite est possible. Malgré les sondages. Malgré la fatale fatalité.

Mais ne nous cachons pas une vérité : tout dépend de Marine Le Pen. La présidente du Front national a dix jours pour être à la hauteur de son destin. Durant dix jours, il est lié à celui de la France. Sa responsabilité est immense.

A « Minute », nous la soutiendrons totalement. « Le Pen, le peuple ! », disaient déjà voici trente ans les affiches du Front national. C’était un autre Le Pen et presque une autre France. Cette fois, nous n’avons plus trente ans devant nous. Ni peut-être même dix. « Avant qu’il ne soit trop tard », c’est maintenant.

Editorial du n° 2819 de Minute daté du 26 avril 2017

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