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Aides publiques à l’Afrique : n’en jetez plus !

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Au troisième mois de pandémie du Covid-19 en , les populations africaines sont dans une situation économique en limite critique ; la gouvernance, dans des pratiques plus que jamais critiquables ; l’aide internationale, dans une posture de plus en plus critiquée.

On avait déjà affirmé ici qu’en Afrique, la mauvaise gouvernance fait désormais plus de morts que les guerres, avec des pistes concrètes pour en sortir. Dès l’arrivée du Covid-19, on avait pressenti que la gouvernance publique, clé des problèmes et des solutions, serait à l’épreuve, rendant nécessaires les contrôles indépendants de l’usage de l’argent public.

Sous prétexte d’urgence sanitaire, la gouvernance africaine montre son pire caractère, défaillant et prédateur. Per fas et nefastous les mécanismes de fraude couverts par la loi ou illégaux ont été mis en place par des roitelets satrapes pour détourner l’argent public à des fins politiques et claniques : celui censé être présent dans les caisses de l’État – en réalité, vides – et celui des lignes de crédit aussitôt négociées à peine le moratoire de la dette prononcé – en attendant qu’elle soit annulée.

Fait gênant, des facteurs climatiques et immunologiques retardent l’expansion du Covid-19. Pire : sous réserve de la fiabilité incertaine des données officielles, ce nouvel « ennemi numéro un » mondial fait très peu de morts et près de 50% des contaminés sont déjà guéris, comme le montrent les chiffres officiels de plusieurs pays africains. Au risque de rendre moins justifiables les aides financières d’urgence. Une seule certitude : ce qui a été déjà accordé est acquis et ne sera pas utilisé pour sa finalité, ni jamais remboursé.

La communauté internationale – États, bailleurs de fonds, banques et agences de développement, ONG, médias dominants – porte une lourde responsabilité dans cette dérive sans fin qu’elle encourage par son silence, quand elle n’en profite pas. La sentence du directeur général de l’Agence française de développement (AFD) – « Pas de corona-morale, en période de crise, ce n’est pas le moment d’imposer des conditionnalités » – est un morceau d’anthologie d’incitation à la mauvaise gouvernance et d’hypocrisie institutionnelle.

Pourtant, les mécanismes de contrôle existent, qu’il suffirait d’appliquer. Pour illustration, la Banque africaine de développement (BAD) avait copublié, en 2013, un rapport commandé à l’ONG américaine Global Financial Integrity (GFI) sur le thème « L’Afrique pâtit de la fuite des capitaux » (1). Parmi ses conclusions édifiantes : « Le continent africain est riche en ressources naturelles. Avec une bonne gestion des ressources, l’Afrique serait en mesure de financer en grande partie son développement elle-même. » S’ensuivent dix recommandations contraignantes, légitimes et de bon sens, qui n’ont pas été appliquées à ce jour. Pourquoi ?

Parce que leur application révélerait des pratiques malhonnêtes et des résultats insignifiants de décennies d’un business idéologique et lucratif du développement, noyauté depuis trente ans en France par des idéologies gauchistes, ouvertement marxistes, portées par de hauts fonctionnaires issus de la gauche caviar. Sur le dos des populations africaines et des contribuables des pays créditeurs.

La dette publique est comme la « pervenche de Madagascar », belle plante médicinale traditionnellement utilisée pour contrôler le diabète. À dose réduite et maîtrisée, le jus des feuilles permet de réduire le taux de glucose dans le sang. À dose excessive non contrôlée, ses alcaloïdes se révèlent toxiques.

En 2000, le magazine The Economist titrait « Hopeless Africa » (2) pour déplorer le marasme économique malgré les aides déversées sans fin ni contrôle – ou, plutôt, à cause d’elles.

En 2011, il titrait « Africa Rising – The Hopeful Continent » (3) pour célébrer une nouvelle dynamique de développement basée sur des partenariats équitables, avec l’arrivée espérée d’investisseurs du monde entier venus chercher de fabuleux relais de (leur) croissance. Des prophéties autoréalisatrices de « miracles économiques » ont été claironnées par des organisations internationales plus coûteuses qu’efficaces.

En 2020, la formule « Desperate Africa » s’imposerait pour décrire la situation socio-économique réelle, en écho au titre Desperate Housewifes Africa, série télévisée nigériane d’histoires de femmes prêtes à tout pour se sortir de situations désespérées.

Mais des voix (4) se font entendre en Afrique pour rejeter une annulation humiliante et contre-productive de la dette africaine, réclamant qu’on applique enfin les mécanismes existants. Les Européens ont aussi un intérêt moral et économique à les soutenir, pour contenir le risque croissant d’émeutes de la faim.

(1) https://gfintegrity.org/press-release/rapport-conjoint-bad-gfi-lafrique-patit-de-la-fuite-des-capitaux/
(2) https://www.economist.com/leaders/2000/05/11/hopeless-africa
(3) https://www.economist.com/leaders/2011/12/03/africa-rising
(4) https://web.facebook.com/LIDER.CI/videos/2475005589268288/?sfnsn=mo&d=n&vh=e&_rdc=1&_rdr

Jean-Michel Lavoizard

https://www.bvoltaire.fr/aides-publiques-a-lafrique-nen-jetez-plus/

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