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Nouveau dérapage de Mélenchon qui pourfend les « brutes » du RN

Arnaud Florac 29 janvier 2023

« Discours de Mélenchon : la Castro-entérite », pourrait titrer Le Canard enchaîné de la semaine prochaine. 

« Droit du sol : ne Mélenchon pas tout », aurait pu renchérir Libé. En tous les cas, le consternant discours de  mérite qu'on y revienne - brièvement, bien sûr, rassurons-nous.

Samedi 28 janvier, donc,  présentait ses vœux et  prenait la parole. , vous savez, c'est ce député de La France insoumise qui était en train de faire pleurer l'Assemblée nationale sur la dure condition des migrants, lorsque le député RN  a coupé « Qu'ils retournent en Afrique ! » Les gauchistes ont évidemment pris le pluriel pour un singulier, ça les arrangeait bien : Alexis Corbière a essuyé une larme de crocodile devant les caméras, on a pu dire que le groupe parlementaire RN était décidément un ramassis de nazillons (après les avoir trouvés trop professionnels... décidément, rien ne les arrête). C'est donc ce héros de la lutte contre les heures les plus sombres du ventre de la bête immonde qui offrait, ce samedi, une tribune à son chef de parti.

Mélenchon fut un grand orateur pendant la campagne de 2012. Il aurait dû faire « pleurer [ses] yeux » comme « Le Chanteur » de Balavoine (et comme Corbière à l'Assemblée) pour faire « [ses] adieux » dès l'année suivante. Il ne l'a pas compris et commence, dix ans plus tard, à offrir le spectacle gênant d'un vieux saltimbanque un peu aux fraises, qui reprend ses meilleurs numéros en les caricaturant.

Il surjoue ses éructations d'ancien sourd, il surjoue ses plaidoyers fraternels ampoulés (cocktail 50 % Robespierre, 50 % Taubira, à boire avec des glaçons), il surjoue ses gestes et ses poses de profil. Il a troqué ses vestes d'ouvrier 1900 en velours pour un paletot stalinien. Il est lui-même en moins bien, il est prisonnier de sa caricature.

Il lui reste un sens aigu de la métrique, de la formule, mais ça ne suffit pas, car le disque est rayé par des éléments de langage complètement hors-sol. Au moins définit-il, dans ce pesant monologue, ce qu'est un Insoumis : « Un Insoumis, c'est quelqu'un qui n'accepte pas une loi qui s'impose à lui contre ce qu'il croit juste : dans son cœur brûle la certitude d'être dans le bien quand on est dans le juste. » Il aurait pu ajouter que cette certitude d'être dans le bien avait déjà provoqué pas mal de morts, puisque quand on est sûr d'être dans le bien, on se donne pour mission d'éradiquer le mal ou, du moins, de le faire taire.

Or, justement, c'est à ce titre, celui de l'éradication des méchants par tous moyens, que  tint à rendre un vibrant hommage au député Bilongo. « Tu es né ici, pas moi. Tes parents sont enterrés ici, pas les miens », commence Mélenchon qui rappelle, au passage, que ses parents à lui ont le privilège d'être enterrés sur la terre d'Afrique. Imparable conclusion : « Tu es plus proche de cette terre que moi. » Eh bah, oui, bien sûr ! Quand sa famille vient d'Afrique mais qu'on naît en France, on est plus français qu'un fils de pieds-noirs d'origine italo-espagnole. Et quand on enterre ses parents en France, ça fait gagner des points pour être encore plus français. Mélenchon pousse le droit du sol dans ses retranchements : à ce compte-là, un fils de paysans picards, français depuis Hugues Capet mais fortuitement né en Australie, serait moins français qu'un Comorien né à Mayotte tout exprès pour les papiers ? Je croyais que, selon Danton, on n'emportait pas la patrie à la semelle de ses souliers ? Va falloir décider.

Passons sur la « brute RN » que serait Grégoire de Fournas, conspué pour avoir dit ce qu'il pensait et dont les propres enfants ont été insultés et menacés de mort sur les réseaux sociaux, simplement parce qu'il estimait que les migrants devaient retourner en Afrique. On voit bien de quel côté sont les méthodes dictatoriales. Rien de nouveau depuis 1917. Passons, aussi, sur la destination « humoristique » que Mélenchon prévoit à Fournas (« Bruteland » ou « Racisteland »).

Au fond, de même que, comme on dit « le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit » (donc un délit d'opinion, au passage...), on pourrait dire que la gauche n'est pas non plus une opinion : c'est une tendance mentale qui consiste à s'affranchir de la réalité pour se satisfaire de l'ordre du discours ou du fantasme. Le contraire de la gauche n'est pas la droite mais le réel, puisqu'être de gauche, c'est simplement tordre les événements pour les faire rentrer dans un lit de Procuste intellectuel, dans un logiciel qui n'a jamais fonctionné. On garde les vieilles marottes gauchistes, on ajoute de la complaisance pour les islamistes, la prosternation devant les trucs à la mode (haine de l'Occident, haine des Blancs, haine des hommes...), on enlève la défense des vrais prolétaires (qui votent tous, ou presque, RN désormais)... et le tour est joué.

 n'en finit pas de mourir. Il pourrait avoir la décence élémentaire de le faire en coulisses.

https://by-jipp.blogspot.com/2023/01/nouveau-derapage-de-melenchon-qui.html

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