
En effet, le Hamas, s’il peut compter sur de nombreux soutiens au Proche-Orient, bénéficie également de l’appui de l’extrême gauche française qui, par cynisme électoral ou aveuglement naïf, salue le « courage » des combattants de Gaza. Et ce, malgré les exactions violentes commises contre des civils israéliens – femmes et enfants - par les soldats du Hamas. Côté Insoumis, Jean-Luc Mélenchon et ses députés ont ainsi refusé de condamner l’attaque du Hamas. La France insoumise préfère renvoyer dos à dos les deux belligérants. « L’offensive armée des forces palestiniennes menée par le Hamas intervient dans un contexte d’intensification de la politique d’occupation israélienne », se contentent de commenter les parlementaires insoumis, dans un communiqué.
Décoloniaux et antifas
Pire encore, la mouvance décoloniale va jusqu’à faire l’apologie du Hamas. Sur X (anciennement Twitter), Houria Bouteldja, fondatrice du Parti des indigènes de la République, applaudit l’offensive palestinienne. « Attaque sans précédent de la résistance palestinienne contre Israël », salue-t-elle, quelques heures seulement après le lancement de l’opération « Déluge d'Al-Aqsa ». « La résistance est un droit », poursuit la militante décoloniale, récemment invitée à débattre par une association chrétienne à Paris. Dans une publication, désormais supprimée, le Parti des indigènes allait jusqu’à rendre hommage à « la résistance palestinienne qui mène son action avec détermination et confiance dans des conditions héroïques ». Un élément de langage repris par la militante antiraciste Sihame Assbague qui encourage, elle aussi, la « résistance palestinienne »
Une position partagée par le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) qui rappelle « son soutien aux Palestiniens » et refuse de se joindre « aux appels à la désescalade ». Le parti de Philippe Poutou n’hésite, par ailleurs, pas à appeler, en fin de communiqué, à « l’intifada » (« soulèvement » contre Israël). Les dissidents du NPA, rassemblés au sein du mouvement Révolution permanente, abondent dans le même sens. « Les Palestiniens luttent pour reprendre leurs terres et leur dignité. […] Palestine vivra, Palestine vaincra », commente ainsi l’une de leurs militantes sur les réseaux sociaux. La mouvance antifasciste, enfin, ne cache pas non plus son soutien en faveur du Hamas. À Lyon, le groupe Antifa a décidé, malgré l’interdiction de la préfecture, de maintenir son rassemblement en soutien à la Palestine. Une manifestation relayée par leurs camarades de la Jeune Garde antifasciste.
Les réseaux fréristes
Autre relais du Hamas, les réseaux fréristes français refusent eux aussi de condamner l’attaque contre Israël. Pour rappel, le Hamas a été fondé par les Frères musulmans et revendique encore son appartenance à l’école frériste. L’Organisation des musulmans de France (ex-UOIF), proche des Frères musulmans selon de nombreux experts, a attendu ce 9 octobre pour publier un communiqué sur la situation en Israël. Là encore, aucune condamnation du Hamas. Musulmans de France déplore seulement « les pertes civiles israéliennes et palestiniennes » et appelle à « faire cesser le bruit des armes ». Pour Marion Maréchal, « Musulmans de France est le visage français des Frères musulmans, tout comme le Hamas en est l’expression palestinienne ». « Il est grand temps que le ministre de l’Intérieur procède clairement à l’interdiction des Frères musulmans en France – comme l’a fait l’Autriche en 2021 », poursuit la tête de liste de Reconquête aux élections européennes, qui appelle à la dissolution de Musulmans de France. Enfin, la grande mosquée de Paris qui, ironie du calendrier, vient d’annoncer son ralliement à la doctrine frériste du « juste milieu » oublie également de condamner le Hamas.
Les nombreux relais du Hamas sur le sol français font craindre à l’exécutif une importation du conflit religieux dans l’Hexagone. Menaces, insultes, tags antisémites… Déjà, plusieurs actes antisémites ont été recensés depuis le lancement de l’attaque palestinienne contre Israël. Mais, n’en déplaise à l’extrême gauche qui tente de faire croire à un conflit territorial et nationaliste, l’attaque du Hamas contre Israël est avant tout l’offensive religieuse d’une organisation islamiste contre un État juif. La devise du Hamas – « le Jihad est son chemin » - en est la preuve…
Clémence de Longraye
https://www.bvoltaire.fr/israel-extreme-gauche-et-freres-musulmans-importent-le-conflit-en-france/