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Bénédicte de Perthuis, une magistrate emblématique du système

Qui est Bénédicte de Perthuis, cette juge qui a eu le pouvoir exorbitant de chambouler le résultat la prochaine élection présidentielle ? Bien qu’elle ne puisse se parer d’aucune légitimité démocratique. Et affirme vertueusement ne pas être syndiquée. Ni faire de politique.

Pourtant quand elle coupe la parole à Marine Le Pen pour l’empêcher de présenter ses arguments, en recadrant dans le contexte de l’Eurocrature, les faits qu’on lui reproche, la juge ne fait-elle pas de la politique ? Or dans une démocratie, quand on veut faire de la politique, on se présente à des élections. Et le petit pouvoir dont peut bénéficier un élu est éphémère. Ce n’est pas une charge à vie comme sous Louis XIV.

Puisque des juges interviennent dans le jeu politique, sans être adoubés par le suffrage universel, il est légitime de s’intéresser à leurs motivations et à l’étendue de leur pouvoir.

Certes, c’est moins la personne que la fonction qui importe. Sauf que, dans le jugement d’éviction de Marine Le Pen de la vie politique, on ne peut écarter totalement la personnalisation des protagonistes. Les médias aux ordres donnent la mesure. Madame de Perthuis y ploie sous les dithyrambes. Presque tous les articles et commentaires la concernant sont.identiques à la virgule près. Et semblent puisés à une source unique qui jaillit rue du Faubourg Saint Honoré.

Première question qu’on peut se poser à la lecture de son CV médiatisé. Est-elle une pénaliste ? Le ministère de la justice recrute officiellement de futurs magistrats venus de divers horizons. Parmi les conditions exigées pour postuler, on ne lit nulle part qu’ils doivent être diplômés d’une école de droit ou d’un institut de criminologie.

Bénédicte de Perthuis a 63 ans mais sa carrière de juge a démarré en 1999 à l’âge de 37 ans. Une vocation tardive. Auparavant, elle était experte comptable chez Ernest & Young une multinationale du consulting, troisième au rang mondial pour le chiffre d’affaires. Une boîte impliquée dans une longue suite de scandales financiers dans plusieurs pays, et en France, fréquemment condamnée aux prud’hommes pour sa méconnaissance du droit du travail.

Les médias serpillières vantent l’expertise de la magistrate dans la gestion des dossiers financiers. Soit. Mais aucun de ses admirateurs ne lui a demandé pourquoi elle est passée d’un job prestigieux de consultante internationale à un poste de juge aux affaires familiales au Havre, sûrement moins bien rémunéré.

Sans doute est-ce de l’indiscrétion de très mauvais goût ? Mais quand on passe les autres sur le grill, il ne faut pas s’offusquer de s’y retrouver un jour à son tour… La version « people » est que Eva Joly l’aurait convaincue de changer de métier. Au moins, comme ça, on sait que madame de Perthuis est écolo.

Un tableau de chasse impressionnant

Après des débuts modestes en province, elle « perce » comme on dit dans le show business, en 2015, en accrochant le scalp de Claude Guéant à son palmarès. Ce lascar n’est pas le premier venu.

Secrétaire général de l’Élysée, puis ministre de l’intérieur jusqu’en 2012, cet ancien préfet a été condamné pour diverses infractions financières, primes en liquide, favoritisme, détournement de fonds publics. Il a connu la paille froide des cachots avant de bénéficier d’une libération conditionnelle en 2022. Mais à l’époque, il n’a pas dénoncé Sarkozy dans l’affaire de son prétendu pacte de corruption avec Kadhafi.

Une affaire semble-t-il montée de toutes pièces. Une construction intellectuelle sans preuves matérielles. Reposant sur des témoignages douteux et des interprétations spécieuses. Comme les soi-disant détournements de fonds des attachés parlementaires du RN. Contre lesquels on n’a relevé aucun enrichissement personnel.

Mais tout est possible désormais avec le PNF Parquet National Financier, une officine de police politique inventée par Hollande en 2013, en violation flagrante du principe républicain de séparation des pouvoirs. Un marqueur des dictatures. Avec son pendant la machination judiciaire. Pour couvrir l’arbitraire d’un semblant de juridisme.

Le PNF, une officine que plus rien n’arrête depuis qu’en 2017, avec une célérité exceptionnelle, sur un dossier uniquement à charge, et en violation du secret de l’instruction auprès des médias connivents, François Fillon, le favori de la présidentielle a été mis hors course.

Cible suivante : En 2022, Ernest-Antoine Seillière ex-président du MEDEF qui a mené la fronde des patrons contre divers gouvernements de gauche. Un gibier de choix. Baron. Pas de casier judiciaire. Commandeur de la légion d’honneur. Il en prend pour trois ans et 37.500 euros d’amende, pour une fraude fiscale impliquant une quinzaine de ses collaborateurs qui auront des peines plus légères. Et alors que l’entreprise a versé 315 millions d’euros de pénalités au fisc.

Par contre, le PNF ne trouve rien à reprocher au socialiste Olivier Dussopt, ministre de Macron de 2020 à 2024 dans les gouvernements Castex et Borne, puis secrétaire général de Renaissance, le parti du président.

Poursuivi pour corruption et prise illégale d’intérêts dans l’attribution de divers marchés publics, un délit passible de deux ans de prison et 30.000 euros d’amende, et bien que des documents saisis lors d’une perquisition prouvent l’existence d’arrangements coupables, madame de Perthuis a relaxé Olivier Dussopt. Qui sera condamné plus tard en appel. Comme quoi, les meilleurs juges ne sont pas infaillibles.

Les magistrats sont-ils les nouveaux aristocrates, profitant de prérogatives les plaçant au dessus des autres citoyens ?

Jugés par leurs pairs, pour respecter paraît-il leur indépendance, ils sont protégés des agressions auxquelles les citoyens lambda sont exposés chaque jour. Le simple outrage à magistrat, agression verbale mais pas physique, se paie d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende. Tarif double s’il se produit à l’audience.

Les violences avec incapacité de travail inférieure à huit jours sont passibles de cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Celles ayant causé une incapacité supérieure, c’est dix ans de cabane. À comparer au sanctions judiciaires infligées aux voyous ayant agressé des gueux chez eux ou dans la rue. Au couteau. Pas à la tchatche ni à la baffe.

Mais pour les magistrats, la menace peut aussi venir de l’intérieur. Et là, c’est une toute autre histoire. Ainsi, dans un rapport du 6 décembre 2024 le syndicat de la magistrature affirme que les violences sexuelles se banalisent au sein de l’institution judiciaire qui compte 71% de femmes. Viols, harcèlements, injures, discriminations sexistes… Perpétrés dans un contexte de hiérarchie et d’autorité. Alors, tous irréprochables nos chats-fourrés ?

Dans son rapport, le SM déplore les pressions pour étouffer ces affaires, et le fait que des magistrats sanctionnés ont été simplement déplacés et sont restés en poste dans la magistrature. Où ils pouvaient continuer à juger et condamner leurs concitoyens. Parfois pour des faits moins graves.

« Les menaces de mort contre les juges sont inacceptables » a dit Darmanin. On est tout à fait d’accord. Mais toutes les menaces de mort ne sont-elles pas condamnables ? Pourquoi uniquement les juges ? Bénéficieraient-ils d’un privilège parce qu’ils sont supérieurs aux autres Français ? J’ai appris à l’école de la République que les privilèges et droits seigneuriaux avaient été abolis par l’Assemblée constituante dans la nuit du 4 août 1789. Tout serait donc à refaire ?

Quant aux rares agressions physiques par des justiciables mécontents, la Chancellerie indique que 150 magistrats sur 8800 ont été menacés, et quinze d’entre eux font l’objet d’une protection policière. Mais cela n’a rien à voir avec des récriminations politiques. Des gangs de dealers sont impliqués. Dont le ministère n’indique pas le profil. Mais il est peu probable qu’on ait affaire à des souverainistes ou à des patriotes.

Christian Navis

https://fascismedefrance.blogspot.com/

https://ripostelaique.com/benedicte-de-perthuis-une-magistrate-emblematique-du-systeme.html

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