Pris en étau entre la nécessité de réduire le déficit, une opposition de gauche qui pense à ses propres intérêts avant de penser à ceux du pays et une opposition « nationale » qui a laissé passer hier mais ne laissera pas passer demain, le Premier ministre a engagé la responsabilité de son gouvernement pour valider les orientations budgétaires visant à acter des économies de l’ordre de 44 Mds € pour 2026, lors d’une session parlementaire spéciale programmée le 8 septembre prochain.
La rentrée politique s’opère donc sous le signe du pari : pari de la prétendue responsabilité – ou plutôt pari de l’entrée dans l’histoire en martyr de la cause –, l’œil rivé sur la présidentielle de 2027 (Bayrou) ; pari du chaos (LFI) ; et pari de la dissolution et du plébiscite au risque du front républicain (RN). Des paris politiciens : voilà la politique à laquelle aboutit logiquement le système républicain, qui prétend tirer sa légitimité de la confrontation des Français et régler cette confrontation en se livrant aux intérêts supranationaux. Bayrou se lave par avance les mains de l’impossible réforme des finances publiques comme ses prédécesseurs ont renoncé à toute réforme utile.
Cette réforme n’est pourtant pas impossible. Le crime de Bayrou n’est pas tant dans le diagnostic, certes incomplet, que dans la manière. Les Français sont prêts à faire des efforts – ils en font déjà tant ! – mais, ils l’ont prouvé lors de l’épisode des gilets jaunes, ils en ont assez de payer pour les autres. Pour légitimer cet effort, il faudrait d’abord que le monde politique donne un exemple substantiel et ne se contente pas de prétendre le partager. Il faudrait ensuite arrêter de poser des rustines budgétaires et traiter les problèmes de fond – immigration, délinquance, fraude sociale et fiscale, libre-échange, surpopulation administrative… –, mais le voudrait-il qu’il ne le pourrait pas, prisonnier qu’il est d’un système court-termiste, idéologisé et partisan.
En mettant en scène la fin de son règne, François Bayrou acte la faillite du régime. Le Premier ministre nous engage à choisir entre « le chaos ou la responsabilité ».
En ce qui nous concerne, entre le chaos républicain et la responsabilité monarchique, nous avons déjà choisi. C’est ce choix et pas un autre qu’il faut donner aux Français pour le redressement et le bien de leur pays.
https://www.actionfrancaise.net/2025/08/29/communique-daction-francaise-faillite-dun-regime/