En ces circonstances dignes d'une chanson de geste moyenâgeuse, la rédaction de France 2 fait appel à son spécialiste de l'exclamation tombée en désuétude. Par la grâce du bonhomme venu en cotte de mailles porter main-forte au journal de 20 heures, le SMS « Wallah, je t'en prie mon frère, il faut payer maintenant, etc.... » devient : « Parbleu, mon frère, il faut payer maintenant, etc... » Le parbleu fut tiré au hasard dans le sac de mots du « vivre ensemble ».
Perdu pour perdu, les annonces de règlements de comptes sanglants ne seront plus que joutes médiévales. À l'heure des attaques au sabre et au coupe-coupe, France Télévisions opère un retour à l'époque qui s'y réfère. « Ventre saint gris ! Encore une altercation entre paltoquets de la cité phocéenne. » Léa Salamé signale que les cuistres se sont enfuis à bord d'une chariotte immatriculée dans le comté d'Anjou. Imprimé sur parchemin, Libération suit la tendance : « Sacrebleu ! Des foutriquets d'extrême droite ont barré la route de sire Louis Boyard. » De la tenue, du panache. Pendant la débâcle, le bobo reste droit dans ses chausses.
La maladresse du rédacteur France 2 en poste ce jour-là amuse les internautes. Le déni d'une déliquescence devenue omniprésente demande aux tenants de la propagande médiatique une imagination de chaque instant. Des pointillés viendront remplacer les phrases montrant la sauvagerie ambiante. Des « hmmmm » , des silences seront observés au beau milieu d'un commentaire. Devant son rouet, dame Ernotte rêve d'un journal sans paroles. Du mime, de l'expression corporelle, du dandinement en guise de bulletin d'info. De la contorsion pour exprimer la gêne de montrer des images contraires à l'idéologie maison. L'info par la chorégraphie. Laurent Delahousse en tutu. La réforme de France Télévisions est en marche.
Jany Leroy
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