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[ÉDITO] « Arrêtez-le ! » : Bardella, l’obsession politique de la rentrée

©BV
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Quel sera l’objectif du « système », en 2026 : réduire les déficits ? Fermer les frontières alors que la France a encore accueilli, en 2025, 150.000 clandestins ? Redonner un peu de lustre à notre diplomatie jetée entre les mains du sinistre Barrot ? Éviter la destruction des églises et du patrimoine français ? Faire campagne contre LFI ? Vous n’y êtes pas ! Il faut renverser le trône sondagier de Jordan Bardella. Et pour cause. Alors que les municipales et les sénatoriales de 2026 et la présidentielle de 2027 approchent dangereusement, Bardella domine les sondages d’opinion des personnalités politiques comme Dieu le père trône sur les nuées. Au point de mettre d’accord les instituts de sondage belligérants. L'IFOP, qui établit chaque année depuis très longtemps les cinquante personnalités préférées des Français, a distingué à nouveau, cette année, le tandem de tête du RN : Jordan Bardella arrive en douzième position, loin devant Marine Le Pen (23e). Le remplacement de la candidate RN menacée par la Justice va très vite dans l’opinion.

Parallèlement, le JDD (groupe Bolloré) a publié son propre sondage concurrent des personnalités préférées des Français. Pour la première fois, le titre du groupe Bolloré a confié ce traditionnel baromètre à l’institut CSA, rattaché lui aussi au groupe Bolloré. Bardella y bondit de la dixième à la quatrième place et Marine Le Pen de la onzième à la septième place.

Démonétiser Bardella

L’engouement en cours pour Bardella apparaît comme une des rares données politiques solides de ce début d’année. Durant toute l’année 2026 et sans doute au-delà, le député RN va donc concentrer le feu du système en place. Pas une interview sans une attaque, d’Aurore Bergé à Xavier Bertrand, entre autres. L’offensive en cours passe par la démonétisation du personnage et par... les tribunaux : Bardella aurait suivi une formation de media training financée par le Parlement européen qui lui aurait servi durant la campagne présidentielle de 2022. Il faudra trouver plus lourd… Le patron du RN est accusé d’avoir travaillé, selon le livre d’un journaliste de Libération, comme assistant parlementaire pour le RN français aux frais des instances européennes. Horresco referens ! « Pour cette mission de "quatre mois et demi", Jordan Bardella a "perçu un salaire de 1.200 euros nets mensuel", soit un coût de "10.444 euros" pour les instances européennes », écrit le journaliste cité par FranceinfoTV. Des instances européennes financées par la France à hauteur de 28,8 milliards d’euros en 2026, soit 5,7 milliards de plus qu’en 2025...

Bardella réfute, bien sûr, les affaires sont en cours. Ces offensives en rappellent beaucoup d’autres contre des candidats de droite potentiels ou déclarés, Fillon en tête. Le patron du RN a intérêt à se doter d’une carapace épaisse.

« Zéro heure de vol au compteur ? »

Emblématique du système fragilisé, l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin bute, lui aussi, sur les 35 % d’intentions de vote sondés en faveur de Jordan Bardella. Pourquoi 35 %, mais pourquoi donc ?, lui demande-t-on. Villepin a son idée : « Tout simplement parce que les Français ne voient pas d’alternative. Ils ne voient pas de voie, d’expérience capable aujourd’hui d’offrir une réponse. » Intéressant. On l’a compris : pour Villepin, l’alternative que tous les Français souhaitent embrasser dans un irrésistible élan d’enthousiasme, c’est… lui-même. Comment n’y avions-nous pas songé ? « Ils ne sont pas dans l’élection présidentielle, explique Villepin. Ils ne se sont pas posé la question. » Lui, si. La question ? « La question, c’est : Est-ce que vous monteriez dans un avion avec un pilote qui aurait zéro heure de vol au compteur ? », interroge encore Villepin, qui instruit un procès en inexpérience du pouvoir.

Pour l’instant, l’argument ne prend pas. Peut-être parce que les pilotes précédents ont précipité l’avion contre la montagne de la dette, de l’invasion migratoire et du chaos sécuritaire. Peut-être parce que les électeurs constatent que l’expérience ne suffit pas. Car lorsque les électeurs réclament un changement radical, l’inexpérience devient... un atout. Milei ou Meloni avaient peu ou pas d'expérience gouvernementale. Par ailleurs, la direction du premier parti de France est une expérience lourde. En 1945, de Gaulle n’a pas cette expérience lorsqu’il prend la tête du gouvernement provisoire. Bardella n’est pas de Gaulle, il n'a pas sa légitimité née de la guerre et nul ne sait s’il gouvernerait correctement le pays. Mais Macron, Hollande, Chirac et Mitterrand avaient de l’expérience ; il sera pourtant difficile de faire pire.

Marc Baudriller

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