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Post-nationalisme germano-centré

Combat royaliste 107

Par Philippe Germain

L’Europe est l’une des organisations internationales les plus puissantes au monde. Dotée de sa monnaie, d’un corps diplomatique, d’un appareil administratif, d’un parlement, d’un ordre juridique et même d’une cour constitutionnelle capable d’annuler des lois nationales, elle impose des sanctions financières aux États-membres non conformes. Pourtant, cette organisation internationale, ce dernier carré de l’Occident des Lumières, est confrontée à une crise existentielleSon affaiblissement résulte de sa pratique de la censure et de sa répression de l’opposition politique. Toutes les deux sont maintenant démasquées auprès des opinions et l’empire démocratique européen a ainsi perdu beaucoup de sa crédibilité.

Ceci dit, l’Europe possède encore deux défenseurs car s’il est impossible d’éviter sa chute, il est possible de la retarder. C’est ce que jouent les progressistes et les euro-identitaires.

Le progressisme soutient que la solution à la crise existentielle de l’Europe réside dans un post-nationalisme technocratique. C’est-à-dire par plus d’Europe et par l’accélération de son processus d’intégration impérialiste vers l’Est. C’est faire fi des lois de l’histoire, avec les échecs du Saint Empire Germanique, de Napoléon et d’Hitler. La réponse progressiste à la crise existentielle se trouve dans une législation judiciaire imposée par une cour supranationale, par la domination d’institutions technocratiques, dans la centralisation, dans des réglementations imposées, dans une censure inumérique, dans la mainmise allemande sur la dissuasion nucléaire française.

D’autres, enfermés dans l’obsession identitaire, envisagent la sortie de crise existentielle de l’Europe par le recours fasciné à la pensée allemande. Leur germanophilie culturelle se nourritde wagnérisme, de mythes ancestraux, de Nietzsche et Heidegger, de poètes romantiques, de révolution conservatrice, de culture ethno-völkisch. Leur solution est un post-nationalisme, basé sur le recyclage dilué d’auteurs maudits et par la réactivation de pseudo-identités dormantes, coagulée par un modèle impérial mythifié. Un néo-paganisme bricolé cohabitant avec un ethno-pluralisme reformulant l’irréductibilité des identités culturelles.

Ces deux visions post-nationalistes ne sont que des mesures technocratiques de retardement, ou des détournements identitaires devant l’accélération de l’histoire. Mieux vaut s’efforcer de rendre l’agonie de l’Europe moins longue (Frexit, droit du sang et privatisation du service médiatique d’État) et l’accouchement plus aisé d’un quatrième Occident(retour des religions et revanche des nations). Pour accélérer l’agonie du vieux monde démocratique, combattons pour« Moins d’Europe, plus de France » et pour favoriser l’accouchement proposons une géopolitique européenne telle qu’imaginée par Charles Maurras dans Le soliloque du prisonnier.

Ce scénario « on arrête tout et on recommence » pourrait inspirer un nouveau traité de coopération européenne, libéré du paradigme interventionniste de l’actuelle Union germano-centrée et de celui de la gestion par mesures réglementaires. Ce changement novateur permettrait de mettre en place une nouvelle structure européenne de gouvernance autour de communautés d’États souverains, mettant véritablement en œuvre le principe de subsidiarité si cher à Saint Jean-Paul II.

Rubriques du Combat royaliste :

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