Depuis plusieurs semaines, un feu nourri de critiques partisanes s’abat sur Charles Alloncle, député rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public. On le présente comme une cible idéologique plutôt qu’un parlementaire attaché à faire la lumière sur l’usage des deniers publics. Pourtant, les faits montrent une démarche légitime, citoyenne, et nécessaire — quoi qu’en disent ses détracteurs.
Né en 1993, Charles-Henri Alloncle est député de l’Hérault, membre du groupe UDR, et s’est vu confier cette commission d’enquête inédite à l’Assemblée nationale. C’est la première fois que l’audiovisuel public fait l’objet d’un tel examen parlementaire, précisément sur sa neutralité, son fonctionnement interne et, surtout, l’utilisation de l’argent public qui le finance.
Une mission que certains veulent dénaturer
La réaction de la gauche médiatique et politique est symptomatique : plutôt que de répondre aux questions soulevées, on accuse le rapporteur de « faire une commission contre l’audiovisuel public », voire de mener une croisade politique. Ce type de réduction caricaturale est révélateur d’un malaise profond : on préfère défendre un système opaque que de l’expliquer au public qui le finance.
Le débat autour de cette enquête ne porte d’ailleurs pas seulement sur l’idéologie présumée des contenus — mais bien sur la gestion de près de 4 milliards d’euros de fonds publics alloués chaque année à France Télévisions, Radio France et autres institutions du service public audiovisuel. Les questions financières ne sont pas accessoires : elles concernent la responsabilité envers les contribuables.
Nagui, symbole ou bouc émissaire ?
L’accusation selon laquelle Charles Alloncle serait « raciste » parce qu’il a critiqué Nagui — ou parce qu’il met ce dernier en lumière dans son enquête — est non seulement infondée, mais scandaleusement mensongère. Rien dans les propos rapportés ne suggère une attaque motivée par autre chose que l’intérêt public.
Alloncle a simplement rappelé que, selon les données qu’il a reçues, Nagui serait l’un des animateurs qui s’est le plus enrichi grâce à l’argent public ces dix dernières années, du fait de contrats de production et d’un rôle multiple d’animateur et de producteur. C’est une appréciation économique — pas une condamnation raciale.
Prétendre que critiquer l’usage des fonds publics serait par nature raciste est une rhétorique tragiquement réductrice : elle substitue l’insulte à l’argument, et le réflexe de défense corporatiste à l’examen critique. Une telle stratégie ne vise pas à débattre, mais à neutraliser toute remise en question.
Où est le débat sur les prix faramineux des boîtes de production ?
Alloncle a même annoncé qu’il comptait, début janvier, interroger les sociétés de production de l’audiovisuel public sur leurs facturations élevées, souvent critiquées pour les sommes colossales facturées à France Télévisions — parfois sans justification claire de l’intérêt général. C’est exactement ce genre de sujet que l’on devrait débattre publiquement, plutôt que de l’étouffer sous une pluie d’accusations partisanes.
Et pourtant, dès que l’on met le doigt là où ça fait mal — les rentes installées, les réseaux proches du pouvoir médiatique, et l’opacité des coûts de production financés par l’impôt — on assiste à un réflexe d’auto-défense digne d’une caste protégée. Celle-ci préfère hurler au complot plutôt que de répondre sur le fond.
Une commission nécessaire, pas une cabale
Les lecteurs honnêtes le verront : loin d’être une mise en cause idéologique de l’audiovisuel public, la démarche est une enquête démocratique légitime menée par un député mandaté par l’Assemblée nationale pour vérifier que l’argent de tous sert vraiment l’intérêt de tous.
Ce qui est choquant n’est pas qu’on pose des questions — c’est qu’on veuille empêcher qu’on y réponde.
Jean-Jacques Fifre
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