
Les Français défilent pour toutes les causes du monde mais jamais pour les leurs. Les paysans sont abandonnés de tous.
Ce sont pourtant eux qui nous nourrissent depuis des siècles. Mais leur cause n’émeut guère le peuple gavé de Mac Do, de consumérisme effréné, de télé-réalité, de foot et de social démesuré. C’est le règne du chacun pour soi. 80 ans de paix et de confort matériel ont forgé une société égoïste, accro aux réseaux sociaux et aux écrans. Le reste lui importe peu.
Aujourd’hui, le Mercosur est une énième sanction qui s’ajoute aux innombrables maux qui accablent nos malheureux paysans depuis que l’Europe a pris le contrôle des nations et des peuples, sans jamais écouter ceux qui refusent de mourir sous la cruelle dictature mondialiste qui règne sans partage.
Nos paysans se battent désespérément seuls contre tous, broyés par la concurrence déloyale, les normes intenables, les diktats de Bruxelles et des écologistes intégristes, les aléas climatiques, les épidémies et la dictature sanitaire et surtout le mortel favoritisme pro-ukrainien. On préfère les subventionner tels des assistés plutôt que les libérer du carcan administratif en leur laissant la liberté de produire et en faisant confiance à leur professionnalisme et leur civisme. L’État les traite comme des délinquants, contrôlant chacun de leur geste, au cas où ils enfreindraient les règles sévères de Bruxelles.
Or, un paysan n’a rien d’un assisté ou d’un irresponsable. C’est même tout le contraire puisqu’il nourrit en moyenne 50 personnes.
L’Europe, c’est la mort de notre agriculture et de la France. Tout part en vrille dans l’indifférence des élites devenues des potiches transparentes, avec la bénédiction des médias aux ordres et du peuple passif. C’est le grand suicide collectif dans l’allégresse générale.
Nos agriculteurs meurent à petit feu, abandonnés par les autorités mais aussi par le peuple qui pourtant leur doit tout. Les Français ont oublié depuis longtemps qui ils sont et d’où ils viennent. En déconstruisant notre fabuleux roman national, nos dirigeants ont détruit l’essence même de notre identité, faisant peu à peu des Français un peuple sans passé ni racines, où chacun n’est qu’un simple numéro interchangeable auquel on demande seulement de consommer, le pouvoir mondialiste s’occupant de tout le reste. Les ayatollahs de Bruxelles pensent pour nous.
Nous avons oublié que nous sommes tous des descendants de paysans, des manants de l’Ancien régime. En 14-18 ce sont ces paysans à plus de 80 % qui se sont sacrifiés dans les tranchées pour notre liberté et pour leurs terres, qu’ils chérissent tout autant que leurs bêtes qu’ils élèvent avec amour et passion. Quelle ingratitude !
Mais je vous livre l’analyse intégrale d’Alain Polomack.
Des chiffres ahurissants qui résument le calvaire des agriculteurs. L’Ukraine va tous nous entraîner par le fond. Non seulement nous y avons englouti 200 milliards au niveau européen, mais cela continue et leurs exportations ravagent nos économies.
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« La colère des agriculteurs français, une fausse excuse »
« Je ne remet pas en cause leur colère et leur mobilisation, que je salue et soutiens, mais la cible de leur colère, faite volontairement par le gouvernement et Bruxelles. C’est soi-disant contre le nouveau traité avec l’Amérique du Sud, le Mercosur, qui doit être signé dans quelques jours à Montevideo en Uruguay par Ursula von der Leyen.
Ce n’est nullement ce traité qui va couler l’agriculture française, il va y contribuer mais il est loin d’être le principal responsable des maux agricoles et de la situation critique de notre agriculture. Le gouvernement le cache, Bruxelles aussi, car c’est un sujet sensible, très sensible. Je l’ai dit et redit plusieurs fois depuis 2020, au moins, c’est l’Ukraine qui coule notre agriculture, l’agriculture européenne, comme la Pologne, l’Allemagne. Mais au nom de la guerre et du soutien à l’Ukraine, tout est fait pour étouffer cet état de fait. C’est quoi ? Pour soutenir l’Ukraine, Bruxelles autorise Kiev à vendre à perte sa gigantesque production.
Les chiffres sont ahurissants. 800 000 tonnes de sucre ukrainien ont déferlé sur le marché européen, soit plus de 4 fois les 180 000 tonnes prévues avec le Mercosur. Pour être précis, l’Ukraine a exporté vers l’Europe ce que le Brésil mettrait 6 ans à nous envoyer dans le pire des scénarios. Avec les protestations de la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, la France, l’Allemagne, Bruxelles a mis en place un frein, mais ce n’était que sur le papier, les produits agricoles continuent d’arriver sans limitation. 7,2 millions de tonnes de blé ukrainien ont inondé le marché européen en 2024, comme le poulet, le maïs, les œufs, le porc, le soja, la pomme de terre, les légumes, etc. En Ukraine, les coûts de production n’ont rien à voir avec les nôtres. De plus, l’Ukraine n’a pas de normes sanitaires pour les volailles, porcs… ni pour le lait.
Mais voilà, on ne manifeste pas contre l’Ukraine. C’est indécent en temps de guerre, c’est Bruxelles qui l’a décidé. Alors Bruxelles manœuvre pour faire dire aux agriculteurs que c’est la faute des fermiers sud-américains, tout en essayant de faire un traité avec eux. Le double jeu de Bruxelles.
Dans cette période, l’agriculture française autrefois la première en Europe s’effondre en Europe même. L’excédent commercial agricole français qui était en 2011 de 11,9 milliards d’euros est descendu à 5,3 milliards en 2023 et pourrait être pour la première fois négatif cette année en 2025. En 10 ans, la France est passée du statut d’exportateur net de volailles à celui d’importateur. Nous importons nos poulets de Pologne, d’Allemagne, des Pays-Bas. Eux-mêmes l’achètent aux Ukrainiens. Le lait, c’est pareil. Et pire, le lait ukrainien est 3 fois moins cher à la production que le lait français.
La colère agricole est le fruit de 25 ans de politique agricole désastreuse, normes, quotas, traités, favoritisme… pas de compétitivité, les 35 heures ont tué les exploitations avec les réglementations phytosanitaires qui empêchent toute construction de bâtiments d’élevage quand l’Ukraine peut le faire et produire par millions des têtes de bétail. Même les Espagnols ne peuvent pas suivre les Ukrainiens.
Bruxelles trompe les agriculteurs. Macron, tout en faisant la résistance au Mercosur, le sait parfaitement. Une hypocrisie – et entourloupe – organisée au sommet de l’État et à la Commission européenne. » (Alain Polomack)
Tout est dit.
Jacques Guillemain