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Afrique : la famine menace 13 millions d’enfants

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Plus de 13 millions d'enfants de moins de 5 ans dans les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre sont menacés par la faim en 2026, en partie à cause de la réduction du financement des programmes internationaux d'aide alimentaire sur le continent. C'est ce qu'a prédit le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) dans un rapport publié sur son site officiel. 

L'une des principales difficultés de nombreux pays africains est la faim. Depuis de nombreuses années, la mortalité y est élevée en raison de problèmes nutritionnels et les habitants souffrent de nombreuses maladies. 

Le PAM annoncé une forte augmentation de la menace de famine dans les pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre. C'est ce qui est indiqué dans le rapport publié sur son site officiel. 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies alerte que, sans ressources et actions urgentes, les populations les plus vulnérables d'Afrique de l'Ouest et du Centre feront face à une nouvelle année difficile. Plus de 55 millions de personnes seront exposées à la faim aiguë (en phase de crise ou pire), durant la saison de soudure qui s'étend de juin à août 2026. 

C'est logique, car sur le continent cette période est presque chaque année marquée par une sécheresse qui détruit les récoltes de nombreuses cultures, ainsi que les herbes importantes pour le bétail. Il est également noté que les réserves de la récolte précédente seront épuisées, tandis que la nouvelle ne sera pas encore récoltée. Jamais au cours des dernières décennies, il n'y a eu un nombre aussi important de personnes en Afrique de l'Ouest et du Centre menacées par la faim. La situation la plus préoccupante touche dans quatre pays : le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad. 

Les enfants de moins de 5 ans constituent la catégorie la plus vulnérable. La malnutrition et le manque chronique de nourriture à cet âge augmentent non seulement le risque de décès par maladie, mais peuvent aussi endommager de façon irréversible le développement physique et cognitif. Les enfants souffrant d'insécurité alimentaire sont plus souvent victimes d'infections, d'anémie et de retard de croissance, ce qui laisse des conséquences à long terme sur la santé de la population en général. 

De telles prévisions sont déjà exprimées dans les analyses des systèmes régionaux de sécurité alimentaire, y compris le Cadre harmonisé. La dernière analyse du Cadre harmonisé, l'équivalent de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (CISA) pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, prévoit également que plus de 3 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire de niveau d'urgence (phase 4) cette année, soit le double du chiffre de 1,5 million enregistré en 2020. Le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Niger, représentent 77% de ces chiffres. Par ailleurs, 15.000 personnes dans l'État de Borno, au Nigéria, risquent de souffrir d'une faim catastrophique (phase 5 de l'IPC) pour la première fois depuis près d'une décennie. 

Selon les estimations du PAM, en 2026, plus de 13 millions d'enfants de moins de 5 ans pourraient être menacés, ce qui est en partie lié à la réduction du financement des programmes internationaux d'aide alimentaire sur le continent. 

Face à la famine massive qui menace l'Afrique, le PAM a appelé la communauté internationale à débloquer immédiatement des fonds pour prévenir les décès dus au manque de nourriture. 

"L'aide humanitaire vitale est une force transformatrice et stabilisatrice dans les contextes instables", a déclaré Sarah Longford, directrice régionale adjointe pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. "La réduction des financements observée en 2025 a aggravé la faim et la malnutrition dans la région. Les besoins dépassant les financements, le risque que les jeunes sombrent dans le désespoir est également élevé. Il est essentiel que nous soutenions les communautés en crise pour éviter que la faim qui sévit ne provoque pas de nouveaux troubles, déplacements et conflits dans la région." 

Une combinaison toxique de conflits croissants, de déplacements de population et de chocs économiques a aggravé la faim dans la région. Toutefois, la réduction de l'aide humanitaire pousse désormais les communautés au-delà de leurs capacités d'adaptation. 

Dans les régions du Mali où les familles ont reçu des rations alimentaires réduites, la faim aiguë (IPC 3+) a augmenté de 64% depuis 2023, tandis qu'elle a diminué de 34% dans les communautés ayant reçu des rations complètes. Alors que l'insécurité persistante a perturbé les voies d'approvisionnement essentielles vers les grandes villes, y compris pour les denrées alimentaires, 1,5 million de Maliens parmi les plus vulnérables devraient être confrontés à une insécurité alimentaire en phase de crise ou pire. Au Nigéria, le manque de financement, l'année dernière, a contraint le PAM à réduire ses programmes nutritionnels, touchant plus de 300.000 enfants ; depuis, la malnutrition dans plusieurs États du nord a atteint des niveaux critiques. 

Les perspectives financières actuelles, désastreuses, risquent d'aggraver la crise alimentaire. Au Cameroun, sans financement urgent, plus de 500.000 personnes vulnérables pourraient se retrouver privées d'une aide vitale dans les semaines à venir. Au Nigéria, le PAM ne pourra venir en aide qu'à 72.000 personnes en février, soit une réduction drastique par rapport aux 1,3 million de personnes aidées pendant la période de soudure en 2025. 

Avec un financement adéquat, le PAM a toujours obtenu des résultats mesurables qui ont amélioré la sécurité alimentaire à travers les programmes de résilience, de protection sociale, et d'actions anticipatoires. La restauration des terres au Sahel, par exemple, génère jusqu'à 30 dollars pour chaque dollar dépensé. Depuis 2018, le PAM et les communautés ont ainsi réhabilité 300.000 hectares de terres agricoles dans cinq pays, au profit de plus de quatre millions de personnes dans plus de 3.400 villages. 

Les programmes du PAM dans la région ont soutenu le développement des infrastructures, la fourniture des repas scolaires, la nutrition, le renforcement des capacités et l'aide saisonnière. Ces interventions ont aidé les familles à faire face aux effets des conditions météorologiques extrêmes, stabiliser les économies locales, et surtout réduire leur dépendance à l'aide. 

"Pour briser le cycle de la faim pour les générations futures, nous devons opérer un changement de paradigme en 2026. Les gouvernements nationaux et leurs partenaires doivent accroître leurs investissements dans la préparation, les mesures anticipatives et le renforcement de la résilience afin de donner aux communautés les moyens d'agir", a insisté Sarah Longford. 

Le PAM a besoin de plus de 453 millions de dollars au cours des six prochains mois pour continuer à fournir une aide humanitaire vitale dans toute la région.

Serge Savigny

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