
À un an de l’élection présidentielle de 2027, les municipales des 15 et 22 mars 2026 s’annoncent comme un moment politique important. Une vaste enquête réalisée par l’Institut Terram et l’Ifop auprès de 10 000 personnes met en lumière plusieurs tendances lourdes : une progression nette des aspirations en faveur des droites, un reflux de l’écologie politique dans l’opinion et une importance croissante des thèmes de sécurité dans le vote municipal.
L’étude intervient dans un contexte politique particulier. L’annonce d’une possible défaite d’Édouard Philippe au Havre, son fief politique, a provoqué un choc dans les états-majors. L’ancien Premier ministre ayant lié sa candidature à la présidentielle de 2027 à sa réélection municipale, une défaite locale pourrait avoir des conséquences nationales.
Une poussée des droites dans les aspirations des électeurs
Premier enseignement de l’enquête : les électeurs qui souhaitent voir le Rassemblement national remporter les municipales sont aujourd’hui deux fois plus nombreux qu’en 2020. Selon l’étude Terram-Ifop, 28 % des personnes interrogées souhaitent la victoire du RN, contre 13 % lors du précédent scrutin municipal.
En ajoutant les sympathisants de Reconquête (3 %), la droite radicale rassemble ainsi environ 31 % des souhaits de victoire, contre 20 % pour le bloc central (Renaissance, MoDem, Horizons, UDI et LR) et 26 % pour l’ensemble des gauches.
Dans les grandes villes, la dynamique reste cependant plus contrastée. Les listes soutenues par le RN progressent mais peinent encore à transformer cette progression en conquêtes municipales. Elles pourraient néanmoins se maintenir plus facilement au second tour dans de nombreuses villes, notamment dans le sud de la France.
Sécurité et finances locales dominent les préoccupations
Autre enseignement majeur : les thèmes qui structurent le vote municipal correspondent largement aux priorités traditionnellement portées par la droite.
La sécurité des biens et des personnes arrive largement en tête des préoccupations des électeurs : 75 % des Français déclarent que ce thème influencera leur vote. Viennent ensuite la lutte contre les incivilités (68 %) et la lutte contre le narcotrafic (64 %).
L’accès aux soins constitue l’autre grand enjeu du scrutin, cité par 74 % des électeurs. Mais les questions de gestion municipale prennent également une place importante : 70 % évoquent la gestion des finances communales et 64 % le niveau des impôts locaux.
Selon François Kraus, directeur du pôle politique de l’Ifop et auteur du rapport, cette hiérarchie des priorités « dessine un terrain électoral objectivement plus favorable aux droites ».
Un net recul des thèmes écologistes
Six ans après la « vague verte » de 2020, les indicateurs montrent un net recul des préoccupations environnementales dans l’opinion.
La lutte contre le dérèglement climatique n’arrive plus qu’au 17ᵉ rang des enjeux cités par les électeurs, tandis que la question des pistes cyclables figure désormais en dernière position.
Dans les villes dirigées par des maires écologistes, l’étude observe également un phénomène de désalignement électoral : 30 % des électeurs déclarent regretter leur vote de 2020, soit un niveau largement supérieur à la moyenne nationale. Seuls 24 % souhaitent aujourd’hui la reconduction d’un maire écologiste, contre 55 % en moyenne pour l’ensemble des maires.
Plusieurs sondages locaux confirment cette tendance : recul des intentions de vote à Strasbourg, Lyon ou Annecy, même si certains bastions comme Besançon ou Poitiers semblent résister.
LFI progresse mais reste redoutée
La France insoumise apparaît également en progression dans plusieurs grandes villes. Les listes insoumises gagnent en moyenne cinq points par rapport à 2020 dans les métropoles étudiées.
Cependant, cette progression reste limitée. Les intentions de vote tournent autour de 12 % à 13 % dans les grandes villes et aucune conquête municipale majeure ne semble se dessiner à ce stade.
Surtout, LFI apparaît aujourd’hui comme la formation la plus redoutée par les électeurs : 36 % des Français déclarent craindre sa victoire dans leur commune, contre 31 % pour le RN.
Des municipales qui restent d’abord locales
Malgré ces dynamiques nationales, l’étude souligne que les municipales demeurent avant tout des élections locales.
Seuls 23 % des électeurs déclarent vouloir utiliser leur vote pour sanctionner l’exécutif national. À l’inverse, deux tiers des électeurs affirment qu’ils choisiront leur bulletin en fonction de considérations locales : bilan du maire sortant, projet municipal ou personnalité des candidats.
Dans les petites et moyennes communes, cette logique locale devrait continuer de dominer. En revanche, dans les grandes métropoles, la politisation du scrutin pourrait être plus forte et nourrir les interprétations nationales à un an de la présidentielle.
Un test politique… mais pas une répétition de la présidentielle
Pour les auteurs de l’étude, les municipales de 2026 offriront surtout un baromètre du climat politique. Elles permettront de mesurer l’évolution des rapports de force entre les différents blocs politiques et l’état de leurs implantations territoriales.
Mais elles ne constitueront pas pour autant une répétition générale de l’élection présidentielle. Les logiques électorales restent différentes : autre mode de scrutin, autre mobilisation et poids déterminant des personnalités locales.
Dans ce contexte, certaines villes, comme Le Havre, pourraient néanmoins prendre une dimension nationale. Le résultat d’Édouard Philippe y sera observé de près, tant il pourrait peser sur l’équilibre politique à l’approche de la présidentielle de 2027.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.