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Un ancien LR rallie le RN au Parlement européen

L'eurodéputé Laurent Castillo, copie écran France 3
L'eurodéputé Laurent Castillo, copie écran France 3
L’eurodéputé Laurent Castillo claque la porte du PPE et rejoint Les Patriotes, le parti du Rassemblement national au Parlement européen. Un chemin naturel pour cet élu qui avait déjà rejoint l’UDR. Mais un coup de boutoir supplémentaire dans l'étanchéité que certains voudraient maintenir entre les partis de droite.

Nice en trait d’union. Laurent Castillo est un proche du président de l’UDR. En 2022, ce professeur de médecine et chirurgien cancérologue se présente aux élections législatives dans les Alpes-Maritimes, où il échoue à la quatrième place au premier tour. Deux ans plus tard, Éric Ciotti, qui préside alors Les Républicains, le place en cinquième position sur la liste que mène François-Xavier Bellamy aux européennes. « J’ai voulu que notre territoire soit représenté au Parlement européen », disait alors le Niçois. Lorsque ce dernier crée l’UDR et son alliance avec le RN, Laurent Castillo, fraîchement élu au Parlement européen, le suit et devient délégué national de l’UDR. Depuis un an et demi, l’eurodéputé assumait pourtant siéger avec le PPE, le parti de la droite traditionnelle auquel est rattachée la délégation française LR. « On fait l’union des droites au Parlement européen », confiait à Libération un collaborateur du parlementaire niçois.

« Laurent Wauquiez est le petit télégraphiste d’Olivier Faure »

Une situation atypique désormais caduque, puisque Laurent Castillo a annoncé, ce 20 janvier, rejoindre le groupe des Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella. « Aujourd’hui, je quitte le PPE qui soutient l’accord du Mercosur, qui soutient Ursula von der Leyen, qui trahit nos agriculteurs, qui trahit notre souveraineté alimentaire, qui trahit la France »explique-t-il sur ses réseaux.

Un coup dur pour Les Républicains, qui font face à une multiplication de désertions. Un nombre significatif d’élus locaux n’hésitent plus à rejoindre le RN, souvent via l’UDR.

À l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez a balayé d’un revers de main l’événement. « Ce qui est étonnant, c'est que Laurent Castillo ait mis autant de temps à clarifier sa position », a indiqué le président des députés LR en conférence de presse, devant l’Association des journalistes parlementaires, ce 21 janvier. Il en a même profité pour fustiger sévèrement l’UDR : « Ce qu’a fait Éric Ciotti n’a aucun sens, il n’a pas fait l’union des droites : il est monté sur le porte-bagage de Marine Le Pen. » Pour le député de la Haute-Loire, Éric Ciotti « n’a en rien contribué à faire changer le programme du RN ». Il en veut pour preuve le programme économique du parti de Marine Le Pen, qu’il qualifie « d’extrême gauche »« Si vous voulez le redressement de la France, il faut un redressement régalien et économique », plaide celui qui a annoncé dans le même temps que les députés de son groupe ne voteraient pas la censure du gouvernement.

Dans les couloirs du palais Bourbon, Éric Ciotti n’a pas tardé à rendre la pareille à son détracteur. « Laurent Wauquiez est le petit télégraphiste d’Olivier Faure », répond le président de l’UDR à BV, en référence aux concessions faites aux socialistes par le gouvernement Lecornu. « Il est l’artisan de la disparition des Républicains et la bouée de sauvetage de la Macronie. » L’ancien président du conseil départemental des Alpes-Maritimes se réjouit bien évidemment du ralliement de Laurent Castillo au groupe des Patriotes. « Il a voulu se séparer d’un PPE et des Républicains, complices du Mercosur », cingle l’élu maralpin, qui aura sur sa liste pour les municipales à Nice son ami eurodéputé.

« Un plafond de verre qui s’effrite »

Un changement de groupe qui permet à Laurent Castillo de mieux dénoncer Les Républicains à Bruxelles, qui siègent avec la délégation allemande, la plus importante au sein du PPE avec ses 31 députés, qui est très favorable au Mercosur. C’est aussi une occasion de mettre en avant, dans la bataille que livre Éric Ciotti pour conquérir la ville de Nice, son travail d’union des droites.

Au RN, on se félicite, bien sûr, de cette « très bonne nouvelle ». Le député RN du Nord, Michaël Taverne, y voit le signe « d’un plafond de verre qui s’effrite ». Face à ce ralliement, il confie à BV sa satisfaction. « Marine Le Pen et Jordan Bardella incarnent la rupture et l’alternance autour d’une Europe des nations », insiste le parlementaire.

À Bruxelles, Jean-Paul Garraud, président de la délégation RN au Parlement européen, se réjouit du « choix clair » de Laurent Castillo : « Son engagement renforce la seule opposition crédible à l’agenda technocratique imposé à l’Europe. L’heure est au rassemblement des patriotes et des souverainistes pour bâtir une Europe des nations, respectueuse des choix démocratiques et des intérêts de ses peuples. »

Yves-Marie Sévillia

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