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En France, la classe politique a décidé de vivre au-dessus de nos moyens

J’ai eu récemment la surprise d’entendre sur une chaîne d’infos en continu un énième sujet sur les fonctionnaires territoriaux qui bénéficient de dérogations au regard de la durée légale du temps de travail, mais la nouveauté, c’est que, d’emblée, le journaliste a incriminé les élus locaux qui achèteraient ainsi la paix sociale auprès de leurs salariés, ce qui est une réalité

Jusqu’à présent, tout glissait sur les élus, aucune critique n’était entendable, cependant c’est la lecture électoraliste de ce comportement qui semble intéressante. On peut penser, en effet, que le moteur qui fait avancer certains élus soit la volonté de faire carrière en cumulant éventuellement les mandats possibles, d’où les petits arrangements locaux.

Ne pas froisser, donc, et faire plaisir…

Faire plaisir, à l’électeur cette fois, consiste à faire la part belle aux actions qui pourront être médiatisées, à savoir ce qui se voit (un équipement sportif ou culturel, le fleurissement des ronds-points ou bien encore la pose de panneaux solaires pour montrer qu’on se préoccupe de la planète), afin de favoriser la réélection.

La Cour des Comptes note, dans un rapport de juin 2023, dans son style tout en retenue, que, « certains investissements locaux ne font ainsi pas l’objet de justifications suffisantes ou d’évaluation initiale pertinente, conduisant à des écarts significatifs entre la politique d’investissement, la capacité financière et les besoins des habitants », comme par exemple en matière de voirie, de centres aquatiques ou de stades municipaux (ce qui se voit). La tendance est donc à faire plaisir…

Par conséquent, on négligera ce qui se voit moins, à savoir la rénovation thermique des bâtiments communaux et des écoles, les fuites sur les réseaux d’eau, l’entretien de ponts ou de voiries rurales, …), en réclamant au passage à l’Etat des crédits supplémentaires….

Les communes, qui ne disposent que très rarement des moyens financiers nécessaires pour mener à bien leurs investissements (autre tare du système) font appel aux « partenaires publics » pour cofinancer les projets (intercommunalité, Départements, Régions, voire Etat ou ses opérateurs) : c’est la conséquence de l’enchevêtrement des compétences qui génère un surcoût administratif de 7.5 Milliards d’euros/an, soit environ un surplus de 14 % sur les investissements ainsi réalisés.

Alors pourquoi maintenir ce système clientéliste onéreux ? Parce que les partenaires publics, notamment dans la sphère des collectivités territoriales valorisent leur image auprès des électeurs et donnent l’impression d’être absolument indispensables à la bonne marche du pays. Ils constituent dans leur ensemble l’armée des 500 000 élus locaux bien encadrées par leurs associations (lobbies) qui gèrent les intérêts de chaque strate et au-delà confortent la position du Sénat, de la classe politique et des partis.

La place de l’électeur dans ce système est réduite à la portion congrue. Il possède le droit de vote, mais quel que soit le parti au pouvoir il y a de fortes chances de voir perdurer longtemps ce système d’influence, parce qu’aucun élu ne souhaite le remettre en cause et parce qu’il faudra du temps pour que le citoyen prenne conscience de ses dérives politiques et financières (1). Les économies attendront…

  1. « Décentralisation, il faut que tout change pour que rien ne change » ouvrage publié en janvier 2025 aux éditions l’Harmattan

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/en-france-la-classe-politique-a-266202

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