Un véritable couple germano-italien...
Et la rencontre ressemblait précisément à un véritable sommet, avec des plats de résistance au menu. Accompagnés, chacun, d'une dizaine de ministres, les deux dirigeants ont signé un document conjoint sur la compétitivité européenne, sur le thème du renforcement du marché intérieur. Mais Rome et Berlin ont aussi signé une dizaine d'autres accords bilatéraux, sans doute préparés de longue date, touchant à la défense, à la lutte contre l'immigration illégale ou l'hydrogène. « L'Italie et l'Allemagne veulent donner un nouvel élan à l'Europe », a déclaré le chancelier. « En cette année 2026, l'Allemagne et l'Italie sont plus proches que rarement dans notre histoire commune... Il y a une grande harmonie sur la lutte contre l'immigration illégale, les rapatriements d'immigrés ou encore la coopération énergétique », a surenchéri Meloni. Nouveau camouflet : ce sont Merz et Meloni qui se saisissent à bras-le-corps du problème de l'immigration, comme si ce n'était pas devenu aussi un enjeu capital dans la France de Macron ! Longtemps, l'Europe a été le prétexte pour ne pas agir sur l'immigration. Au moment où nos partenaires agissent et obtiennent des résultats (diminution drastique des demandeurs d'asile), la France de Macron est aux abonnés absents. Macron se complaît dans les postures, mais cela ne parvient plus à cacher son manque de crédibilité à l'étranger.
Comment Macron a dilapidé le capital de confiance français
Alors que le chancelier Merz était, à son arrivée au pouvoir, favorable à un rapprochement avec la France, comment en est-il arrivé à se tourner de façon privilégiée vers l'Italie ? Il y a, bien sûr, les déboires politiques et financiers de Macron : Président en fin de règne sans véritable majorité, empêtré dans une crise budgétaire, il ne faisait plus le poids face à une Meloni en train de rétablir ses finances publiques (déficit sous les 3 %). Le sérieux budgétaire est un critère majeur, pour un chancelier allemand. Pour notre Mozart de la finance, l'affront est mérité. Mais récemment, Macron a fini de perdre le crédit qui lui restait auprès de Merz : sa volte-face de dernier moment sur le Mercosur n'a guère été appréciée à Berlin, les deux pays ne sont pas parvenus à trouver une solution au conflit qui les oppose sur le système de combat aérien du futur (SCAF) et la virulence de Macron après les menaces de Trump sur le Groenland a aussi déplu. Le couple franco-allemand ne parlant plus d'une seule voix, Merz se tourne vers Meloni. Il a aussi compris que Meloni était l'interlocutrice privilégiée de Trump en Europe, et Macron, c'est celui qui vous fâche avec tout le monde. Et, donc, celui dont il faut s'éloigner, plus ou moins discrètement.
Mais ce rapprochement Merz-Meloni peut représenter un espoir pour le prochain président de la République française. S'il cesse les gesticulations arrogantes et vaines, s'il s'inscrit dans la nouvelle dynamique européenne, impulsée par Meloni, de rigueur en matière migratoire et budgétaire, alors tous les espoirs sont permis pour la France. Y compris celui d'intégrer le trouple Paris-Rome-Berlin !