C’est dans le cadre de cette entreprise orwellienne que s’inscrit le dernier tweet polémique de Bruno Gaccio. Vendredi 6 mars, l’ex-auteur des Guignols a ainsi craché sur la mémoire du jeune Quentin, décédé moins d’un mois plus tôt, et raillé la minute de silence que lui avait alors consacrée l’Assemblée nationale. « Maintenant qu'on sait qui était Quentin Deranque, qu'on connaît les circonstances précises de la bagarre qui a entrainé sa mort 1H30 plus tard alors qu'il refusait de se rendre à l'hôpital, Yaël Braun-Pivet propose une minute de bruit à l'AN, pour équilibrer et apaiser la France », a-t-il écrit, sur X.
Bruno Gaccio suggère non seulement que Quentin était un sale type, mais aussi que ce dernier peut être tenu pour responsable de sa propre mort, puisqu’il aurait « refusé » de se rendre à l’hôpital… Indécent, ce sous-entendu est surtout faux : le procureur de la République de Lyon a clairement indiqué que le traumatisme cranio-encéphalique majeur qu’avait infligé les antifas à Quentin était « au-delà de toute ressource thérapeutique ». Aucune prise en charge hospitalière n’aurait pu le sauver.
Sur X, le tweet de l’ex-humoriste a donné la nausée à bon nombre d’internautes. « Vous semblez appartenir à une étrange secte où l’on prouve sa loyauté en tenant les propos les plus orduriers, en crachant sur les morts et en justifiant qu’on fracasse des crânes », a commenté le lanceur d’alerte Pierre Sautarel. « À quoi s'attendre de la part d'un homme qui a rendu la marionnette de Ben Laden sympathique (bien plus que celle de Jean-Marie Le Pen), pendant des années ? », a abondé l’essayiste Daniel Conversano. « Imaginez les parents de Quentin à la lecture de ce propos ignoble », a encore ajouté, indigné, l’avocat Pierre Gentillet.
L’extrême gauche au secours des antifas
Quand Bruno Gaccio évoque ce qu’on sait « maintenant » de Quentin Deranque, fait-il référence à la terrible vidéo partagée la veille, sur les réseaux sociaux, par les réseaux antifas lyonnais ? « Une vidéo que nous avons reçue montre Quentin en doudoune bleue le jour de l'attaque de la conférence avec Rima Hassan à Lyon, il a les mains en sang, loin de l'image du gentil petit garçon qui rentre du catéchisme », écrit la milice factieuse, croyant détenir une pièce à charge contre le défunt. Sauf que cette scène est consécutive au lynchage. On y voit des témoins conseiller à Quentin, livide et hagard, d'aller à l'hôpital. Comme le révèlera l'autopsie, il est à ce moment déjà condamné. « Le sang est le sien, bande d’abrutis, a répondu Alice Cordier aux antifas. Vous venez juste de partager la vidéo des derniers instants de vie de Quentin. »
De nombreux comptes liés à l’extrême gauche en ont fait autant, y compris un élu de la nation. « Le récit des fascistes s’effrite », a ainsi commenté le député LFI Thomas Portes, triomphal, avant de saisir le contexte réel de la séquence et supprimer son tweet à la hâte.
LFI, toujours plus loin dans l’infamie
Il se trouve que Bruno Gaccio est lui aussi membre de LFI. Engagé très à gauche depuis longtemps, il a finalement rejoint le parti mélenchoniste et portera ses couleurs dans le VIIe arrondissement de Paris, aux prochaines élections municipales. Le scénariste partage en effet la radicalité des « insoumis ». Au point d’être qualifié par France Info de « souvent polémique et parfois complotiste ». C’est dire. Sur le compte du malheureux Quentin Deranque, Bruno Gaccio s’était déjà illustré, fin février, en qualifiant le jeune homme mort de « gros connard ».
« C’était un néonazi qui faisait des entraînements dans les bois pour apprendre à se battre et qui est tombé sur plus con que lui et il s'est fait tuer », résuma-t-il, à sa façon, avant de partir dans une diatribe décousue, mêlant victimisation éhontée et négation du racisme anti-Blanc… Vraiment une belle personne, ce Gaccio.