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Anti-sionisme galopant

Par Philippe Germain

Au XXIe siècle, l’antisionisme est devenu un phénomène d’actualité planétaire. Il constitue la quatrième configuration judéophobe, après l’antijudaicité-peuple des païens, l’antijudaïsme religieux chrétien et coranique, puis l’antisémitisme doctrinal, d’abord économique des socialiste, puis discriminatoire des nationalistes et, enfin, exterminateur des racistes.

On connaît la vision de Bainville voyant le sionisme comme l’admirable moyen de réunir, en Asie Mineure et même plus loin, tout l’Islam contre l’Occident. L’histoire le confirmera car l’antisionisme naît véritablement en 1948 lorsque le peuple juif apatride s’est, derrière Ben Gourion, doté d’un État et d’une terre en Palestine, grâce au soutien stalinien à l’ONU. Son territoire initial s’agrandit après l’échec militaire des cinq nations arabes ayant annoncé vouloir détruire le nouvel État, aboutissant à l’exil de 700 000 Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Pour Maurras, dans Votre bel aujourd’hui, la nation juive vient de récupérer un beau territoire au Proche-Orient, qui pourrait ouvrir à « nos juifs » ce substrat territorial qui manque à leur qualité d’étrangers.

L’antisionisme prend son essor avec la guerre de 1967 lancée par le chef du nationalisme arabe, le président égyptien Nasser. L’école d’Action française apporta alors son soutien à Israël franchement par les articles philosémites de Pierre Boutang dans la Nation française, modérément avec Pierre Débray qui dans Aspects de la France expliqua que l’existence d’Israël se justifiait au titre du principe de légitimité suivant les instructions données par Louis XVIII à Talleyrand au Congrès de Vienne : « est légitime ce qui a le mérite d’exister ». L’AF se distingua ainsi des soi-disant nationaux ralliant la cause-arabe par antisémitisme de peau ou alignement gaulliste. Avec la victoire de Dayan, 300 000 Palestiniens supplémentaires s’exilèrent.

Si la guerre du Kippour de 1973 confirma la légitimité réactionnaire d’Israël, le désaccord sur un droit au retour des exilés, commença à partir de 1979 à être instrumentalisé par la République Islamique d’Iran. Elle fit de la cause palestinienne, la cause unificatrice des musulmans divisés. Ainsi, l’antisionisme est-il devenu le drapeau de l’islamisme. Pourtant, depuis 2002, l’antisionisme perd de son intérêt pour les pays arabes qui préfèreraient ne plus entendre parler de la « résistance palestinienne » depuis le refus d’Arafat d’accepter la concession israélienne de création d’un État palestinien sur 97% des territoires revendiqués, pour préférer déclencher la seconde intifada. En revanche, en Europe, dans le discours gauchisant, le mythe du « résistant palestinien » se combine avec celui du « peuple victime ». Très vite la figure de la victime du sionisme va être occupée par le musulman, sur la base d’un slogan selon lequel l’islam serait une religion dominée et une minorité opprimée. Effectivement, le victimisme pro-palestinien s’élargit ainsi en victimisme pro-islamique.

De plus, l’antisionisme s’est enrichi d’une visée géopolitique contestant l’influence des élites juives dans le monde anglo-saxon. Cet aspect de l’antisionisme s’est mondialement répandu par les études d’experts formés dans les universités américaines et britanniques. D’où l’augmentation des actes antisémites aux États-Unis, Royaume-Uni et Australie. D’où de plus en plus de Juifs partant vivre en Israël, augmentant le nombre de « colons » en Cisjordanie et favorisant l’antisionisme palestinien. Étrangement, l’antisionisme a fait perdre du pouvoir à la diaspora juive démographiquement rattrapée par l’État juif. Ainsi, Israël pourrait finir par perdre son caractère unique, du « peuple élu », et devenir simplement une nation parmi d’autres.

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