La comédie bat déjà son plein. C’est encore plus drôle que Guignol. Le thème… ? La course à la candidature pour la prochaine élection présidentielle de 2027 déjà lancée à gauche. Il faut dire que les échéances approchent. L’année prochaine nous serons en pleine campagne, alors certains n’en peuvent déjà plus d’attendre et commencent donc à sortir du bois. Si le sujet n’était pas si sérieux, on serait en droit de regarder tout cela d’un œil goguenard et même franchement moqueur. Il faut dire que c’est à qui aura l’attitude et le discours les plus ridicules.
En premier lieu Clémentine Autain a dégainé la première et annoncé lors d’une conférence de presse en plein meeting à Tours (Indre-et-Loire) samedi 24 janvier 2026, qu’une primaire de la gauche aurait lieu le 11 octobre prochain. François Ruffin, également candidat à cette primaire, a précisé que cette dernière passerait par un vote « physique » le 11 octobre, pour lequel les unitaires espèrent attirer « deux millions de personnes ». Ce petit groupe n’étant que ceux qui ont été virés de LFI par Mélenchon en 2024. Mais souvenons-nous aussi qu’en juillet 2025, plusieurs représentants de la gauche ont fait serment d’avoir un « candidat commun » pour 2027. Parmi eux, le chef du PS Olivier Faure, celle des Écologistes Marine Tondelier, en plus de ceux déjà cités.
Il faut aussi ajouter Cécile Duflot. Actuellement directrice d’Oxfam France (ONG pro-migrants, pro climat et luttant contre la pauvreté), après avoir été secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts et ministre du Logement dans le gouvernement Ayrault de François Hollande. C’est à elle qu’on doit la Loi adoptée à l’Assemblée nationale en décembre 2012, qui prévoyait notamment un relèvement de 20 à 25 % du nombre de logements sociaux dans les communes de plus de 3500 habitants, et pour celles de plus de 1500 habitants en Île-de-France. Logements sociaux dans lesquels on retrouve non les Français pauvres, mais les migrants qu’Oxfam-France contribue à faire venir par millions. La dernière trouvaille de Duflot étant une campagne d’Oxfam contre les « milliardaires » et proposant de limiter les revenus des dirigeants d’entreprise à 40.000€ par mois, soit 480.000€ par an. Le plus drôle étant que la dame est très grassement payée chez Oxfam, une ONG luttant contre la pauvreté rappelons-le, une dame qui est très officiellement multi-millionnaire. Rappelons également que la pauvreté était déjà de près de 10 % à l’arrivée de Macron au pouvoir et qu’elle est aujourd’hui de plus de 15 %. Bravo Oxfam pour votre action très efficace dans le domaine ! Mais le scoop du moment, c’est que cette gente dame se déclare candidate à la fonction présidentielle dans le cadre de la primaire annoncée. Elle a ainsi déclaré : « Aujourd’hui, après dix ans à travailler dans le privé, dix ans de politique de haut niveau et près de dix ans dans une organisation internationale, j’ai les épaules ». Ah oui… ? Directrice chez Oxfam, pendant 10 ans, c’est « travailler dans le privé » ? Là il fallait oser le dire. Et elle a osé ! N’oublions pas non plus qu’elle est pour le droit de vote des étrangers. Franchement comment cette personne peut-elle se prétendre capable de diriger le pays ? Comment peut-elle prétendre « avoir les épaules » ? Vous l’imaginez remettre le pays en ordre en éliminant le narco-trafic, elle qui est pour la légalisation du cannabis ? Vous la voyez avec le bouton nucléaire en main en cas de conflit majeur ? Ah, j’allais oublier… elle est bien sûr volontaire pour faire tout ce qu’il faut pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir en 2027. Ouf !
Donc, il y aurait une primaire le 11 octobre. Au cours de laquelle vont s’affronter des responsables de gauche pour permettre aux votants de choisir le candidat de la gauche. Clémentine Autain, François Ruffin, Marine Tondelier, Olivier Faure, Lucie Castets, Cécile Duflot sont sur la même position. Sauf que les deux candidats de gauche en tête des sondages, Mélenchon et Glucksmann, ont dit qu’ils n’en seraient pas, ce qui a fait dire à Marine Tondelier qu’ils ont « peur du vote des électeurs de leur propre camp politique ». On notera qu’Olivier Faure (PS) même s’il se déclare pour la primaire, reste prudent. Tout comme le PCF. Enfin, dernier élément du décor en train de se mettre en place : François Hollande se verrait bien être le candidat de la gauche en 2027. Pour cela il s’agite dans tous les sens en ce moment afin de rameuter le ban et l’arrière-ban des réformistes (Cazeneuve, Marisol Touraine, etc.) en ouvrant même la porte à Glucksmann afin qu’il rejoigne le groupe. Cette stratégie de Hollande signifiant évidemment un isolement de Mélenchon.
Au final où en sommes-nous ? Selon moi, quatre hypothèses m’apparaissent possibles.
La première serait que le 11 octobre une primaire ait bien lieu, sans Mélenchon ni Glucksman mais sans doute avec Hollande. Si c’est le cas, il y aurait (sauf accord de dernière minute) trois candidats de gauche au 1er tour de la présidentielle. Le risque serait donc extrêmement grand de n’avoir aucun de ces candidats au 2e tour si un candidat de droite, autre que le RN, réussissait une percée et arrivait en 2e position (seuls les deux candidats ayant eu le plus de voix au 1er tour s’affrontent au 2e tour).
La seconde serait que Hollande se décide à faire campagne de son côté, sans participer à la primaire, donc il y aurait dans ce cas 4 candidats de gauche : Mélenchon, Glucksmann, Hollande et le candidat désigné par la primaire de la gauche. Dans cette hypothèse, la gauche serait à coup sûr éliminée du 2e tour.
La troisième hypothèse serait qu’il n’y ait pas de primaire le 11 octobre et que Glucksmann soit le seul candidat de gauche avec Mélenchon. Dans cette hypothèse, il n’est pas impossible que Mélenchon ne soit pas au 2e tour, tellement il s’est mis de gens à dos dans les rangs de gauche.
Enfin, la quatrième hypothèse serait que Mélenchon soit le candidat unique de toute la gauche comme en 2022.
Très honnêtement, l’hypothèse qui me semble la plus probable est la 4e : Mélenchon candidat unique. Pourquoi ? Parce qu’il a une capacité de nuisance que les autres partis de gauche mesurent parfaitement. Nous allons d’ailleurs le constater dès les élections municipales. Le PS dit compter actuellement 1200 maires et diriger un quart des villes de plus de 20.000 habitants en France. Il est à la tête de villes historiques telles Marseille, Nantes, Rennes, Brest, Paris, Montpellier, Lille, auxquelles il n’entend nullement renoncer. Il annonce présenter 2000 têtes de listes à ces élections et son objectif est non seulement de garder ses villes historiques mais d’en gagner ou regagner de nouvelles : Limoges, Saint-Étienne, Amiens, Toulouse, etc . Pour y parvenir de nombreuses alliances ont été nouées avec le PCF et les Verts dans moultes villes, des listes unitaires sans LFI. Et c’est là que Mélenchon les attend. Pour LFI les élections clés sont la présidentielle et les législatives. Mélenchon jubilerait si les listes unitaires sans LFI mordaient la poussière à Nantes, Marseille, Rennes, Paris, etc. Il pourrait dire : « Nous n’avez pas voulu faire alliance avec LFI, vous venez d’en payer le prix, vous avez perdu. Alors pour la présidentielle ce sera moi, Mélenchon, le candidat unique dès le 1er tour, sinon nous organiserons votre défaite aux législatives et vous serez balayés de la scène politique ». Définitivement pour le PS et le PCF qui n’ont dû leur salut qu’à des candidatures unitaires (NUPES) en 2022 et 2024. Jouer aujourd’hui à vouloir s’émanciper de LFI revient à jouer à la roulette russe. Cela peut se révéler fatal. Tout le monde à gauche sait que cette analyse et ce discours sont bien conformes à la réalité. LFI va faire rentrer de nombreux élus dans les conseils, mais se moque de diriger les mairies. Et si la gauche se plante en mars 2026, Mélenchon va se frotter les mains et être aux anges. La peur de perdre tout en 2027 ramènera alors le calme dans les rangs de gauche. Rappelons que Mélenchon n’a jamais accepté de se plier à une primaire. Ce n’est pas aujourd’hui qu’il va prendre le risque d’y être battu, surtout que c’est sa dernière élection présidentielle.
Le pari que prend la gauche en essayant de jouer sans LFI est un pari très risqué. Si elle perd les municipales, cela signera la victoire de Mélenchon. Il sera le candidat unique en 2027 et il n’y aura certainement pas de primaire de gauche en octobre.
Si la gauche gagne en mars, fait des primaires en octobre et présente un candidat face à Mélenchon, si ce dernier n’est pas au 2e tour, je conseille à la gauche de compter ses abattis car je crois Mélenchon capable, faute de réaliser son rêve, de tout casser pour faire payer à la gauche de l’avoir empêché d’aller au 2e tour de la présidentielle. Et d’organiser un désastre pour la gauche aux législatives de 2027.
Reste que ce dernier scénario serait une véritable aubaine pour la droite nationale car cela nous débarrasserait pour un bon moment de la gauche et ses politiques qui tuent notre pays. Après tout, peut-être que c’est la bêtise de la gauche qui donnera la victoire à la droite ? Qui sait ?
Nos allons bientôt le savoir. Mars 2026 n’est plus très loin.
Bernard GERMAIN