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[POINT DE VUE] Les jeunes ne veulent pas mourir pour la France… sauf les cathos et les gens de droite !

Mortier de 120 mm de la compagnie d'éclairage et d'appui du 2e REI durant l'opération Daguet. 
Par Tech. Sgt. H. H. Deffner — DF-ST-92-07425, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9910596
Mortier de 120 mm de la compagnie d'éclairage et d'appui du 2e REI durant l'opération Daguet. Par Tech. Sgt. H. H. Deffner — DF-ST-92-07425, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9910596
C’est tout de même drôle, les clichés. Ça a la vie dure, c’est caricatural, simpliste même, mais, si les clichés étaient faux, on les appellerait peut-être tout simplement des mensonges. Regardez l’affaire Epstein par exemple. L’opinion publique, ce ramassis de ploucs, imaginait qu’une élite internationale diabolique, richissime, perpétrait des horreurs lors de cérémonies orgiaques, et se renvoyait des ascenseurs dorés à coups de millions et de faveurs. On découvre - mais quelle incroyable surprise ! - que l’opinion publique avait sans doute raison, et qu’elle était même peut-être en-dessous de la réalité.

Le sondage que l’institut IFOP vient de réaliser pour le magazine Elle est un peu (toutes proportions gardées, bien sûr) du même acabit. Les questions des sondeurs portaient sur le positionnement des jeunes Français vis-à-vis de leur patrie, et notamment la question de ce qu’ils seraient prêts à lui sacrifier. Les résultats sont édifiants. À la question « Imaginez que le territoire français soit menacé d’invasion par une armée étrangère, quelle serait votre attitude ? », 23 % des 15-17 ans interrogés seraient éventuellement prêts, « s’il le faut », à mourir pour défendre leur pays (ils étaient 41 % en 1984), contre 54 % qui n’envisageraient « en aucun cas » le sacrifice suprême.

Culpabilité et dénigrement

Il n’y a pas vraiment de surprise à cela : la génération qui a entre 15 et 17 ans aujourd’hui a été biberonnée à la culpabilité coloniale, au dénigrement systématique de la France et à l’indifférence totale à la grandeur de son histoire. Pourquoi mourrait-on pour un pays qui ne vous évoque rien et dont vous avez vaguement honte ? Ce n’est qu’à moitié de leur faute : ils sont responsables de leur inculture, mais pas des choix de l'Éducation nationale.

Le magazine Elle a toutefois souhaité en savoir plus, en faisant des différences selon la religion des jeunes gens interrogés et leur positionnement politique. On ne sait pas combien de temps ces statistiques seront encore autorisées. N’est-ce pas un tout petit peu stigmatisant ? En tout cas, là encore, on ne pourra pas ne pas conclure à la partition. 13 % des musulmans seraient prêts à donner leur vie pour leur pays, contre 19 % des « sans religion », 26 % des catholiques non pratiquants et…38 % des catholiques pratiquants. Du côté politique, c’est encore plus clair : 5 % des jeunes qui se disent d’extrême-gauche, pourraient mourir pour la France. C’est un peu mieux à gauche et au centre-gauche (19 et 26 %), avec un frémissement au centre droit et à droite (32 % dans les deux cas)…pour aller jusqu’à 34% des jeunes qui se disent « d’extrême-droite » !

Si les Russes franchissent l’Oural demain matin et que la jeunesse est mobilisée en masse, qui restera tranquillement à la maison, et qui sera prêt à mourir pour son pays ? Regardez le sondage. Mais ne soyons pas caricaturaux : certains seront surpris de leur propre réaction, dans un sens ou dans l’autre, parce que la guerre polarise tout à l’extrême, d’une manière presque instinctive. Cependant, il y a fort à parier qu’une fois de plus, la guerre fauchera les « fachos » et les « cathos », puisqu’ils sont mus par un idéal et sont prêts à offrir leur vie pour quelque chose qui les dépasse. Et quand ils seront tous morts, que se passera-t-il ? Qui restera-t-il ?

Oui, décidément, si les clichés étaient faux, on les appellerait des mensonges. Les cathos et les fachos sont des cibles faciles… mais on a été bien content, en France, de trouver des Castelnau, d’Estienne d’Orves, Leclerc, La Rocque, Loustaunau-Lacau. Ce n’est pas Maurice Thorez, premier secrétaire du PCF qui vécut en URSS de 1940 à 1945, qui aurait pu dire le contraire.

Arnaud Florac

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