
Par Philippe Germain
Le national-conservateur Éric Zemmour est dépassé par l’islamo-gauchiste Jean-Luc Mélenchon, qui revendique le Grand remplacement positivement. Le leader révolutionnaire complète ainsi son projet idéologique reposant sur l’antisionisme par la créolisation d’une « Nouvelle France ».
L’islamo-gauchisme, c’est une alliance idéologique reposant sur des causes communes comme l’anticolonialisme et l’anti-impérialisme et sur l’identification de tout obstacle aux intrusions islamiques à un « racisme systémique ». Son objectif est de délégitimer d’avance toute critique de l’Islam. Les luttes communes fédèrent gauchistes et islamistes en désignant comme ennemi unique, le juif et en jouant sur l’ambiguïté antisionisme/antisémitisme. Les succès du discours décolonial et racialiste dans les universités ont permis le ralliement de groupements de gauche modérée à l’islamo-gauchisme.
En complément de l’antisionisme, Mélenchon prône maintenant la créolisation. Une notion qui s’éclaire par celle des Lumières, de régénération. En 1788 l’abbé Grégoire avait publié son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs : il pensait assurer cette régénération des juifs en les intégrant à la société par l’instruction publique, la justice et l’égalité. En 2025, s’adaptant à une France multiculturelle en cours d’islamisation, Jean-Luc Mélenchon a trouvé dans la créolisation un processus régénérateur assez proche : c’est par une mutation culturelle que des populations diversifiées pourront construire, par brassage, une nouvelle identité commune. Pour Mélenchon, dans le contexte de la mondialisation, des migrations et de la diversité culturelle, la créolisation de la France est inéluctable. Cette« hybridation culturelle » n’est pas, pour lui, un projet, mais un fait en cours de réalisation. C’est, dit-il, un « enrichissement » : loin de le redouter, il faut l’accélérer. Le brassage y est considéré comme un besoin vital pour la race blanche, seuls des apports extérieurs pouvant la revivifier. La créolisation révèle ainsi sa vraie nature : ce mythe puissant trahit une fixation obsessionnelle sur la race et évoque analogiquement le culte nazi de la pureté raciale.
La créolisation de Mélenchon reprend le concept anticolonialiste de « remplacement » élaboré par Frantz Fanon en 1961 lors de la guerre d’Algérie : « La décolonisation est très simplement le remplacement d’une ‘espèce’ d’hommes par une autre ‘espèce’ d’hommes » et « pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon ». Fanon ne faisait que reprendre les révolutionnaires de la Terreur de 1793 ou l’émigré faisait fonction de colonisateur et le tiers-état gaulois de colonisé. Aujourd’hui, la « Nouvelle France » de Mélenchon reprenant l’anticolonialiste Fanon ne fait que s’inspirer de Sieyès, de l’abbé Grégoire et de Robespierre. Cela doit se savoir !
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