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Mabrouk-Morandini : match pire que nul

Disons-le clairement d’emblée : l’auteur de ces lignes ne se situe ni du côté de l’excuse des prédateurs sexuels, ni de celui des ligues de vertu. Il constate seulement, avec regret et amertume, les ravages– qui ne font que commencer – pour l’un des rares pôles de la presse non alignée. Dégâts provoqués par le conflit entre ces deux journalistes, né essentiellement de l’intransigeance morale affichée par Madame Mabrouk.

par Marc-François de Rancon

En football, sport peu recommandable mais assez populaire, ça s’appelle un but contre son camp. En théorie des jeux, on parle de jeu à somme négative. En tout cas, le résultat est effectivement pire que celui du partage des points.

Résumons les faits. Madame Mabrouk, au nom de principes respectables de morale, a décidé de démissionner de CNews, dont elle était une des figures de proue, tant en réputation qu’en audience. À cause du maintien par la direction à l’antenne de son collègue journaliste, Monsieur Morandini, lui aussi champion de notoriété et d’audience au sein de la même chaîne, lequel venait de voir sa condamnation pénale pour mauvaises mœurs devenue définitive. Puis, Monsieur Morandini s’est retiré « volontairement » de l’antenne.

L’analyse juridique est évidente et formelle. La direction ne pouvait pas se séparer de Monsieur Morandini en arguant de la condamnation pénale du journaliste. Tout avocat le confirmera, dans le cas d’espèce on sait que ce n’est pas un motif réel et sérieux. Toute rupture dans ces conditions à l’initiative de l’employeur du contrat de travail, ainsi que des contrats annexes ou connexes, serait nécessairement jugée comme un licenciement abusif. Avec conséquences de droit, telles qu’indemnités faramineuses et disproportionnées par rapport au préjudice réel. Condamnations de l’entreprise systématiquement aggravées par la Commission arbitrale des journalistes, par effet de rebelote.

Alors, ainsi coincée en droit, que pouvait en pratique faire la chaîne de télévision CNews ?

D’abord se poser la question de savoir s’il est légitime de sanctionner un salarié au seul motif qu’une de ses collègues ne supporte plus, du jour au lendemain, sa présence. Tout directeur général et tout DRH savent que, dans le cas d’un conflit interpersonnel, quel que soit le salarié qui en est à l’origine, aussi fondées que soient les raisons de l’un et de l’autre, à terme plus ou moins rapproché ce sont les deux protagonistes qui disparaissent de la scène.

Or, n’en déplaise aux puristes de la vertu et aux idéalistes de l’information, une entreprise de presse, comme son nom l’indique, est d’abord une entreprise. Qui doit, comme toutes les entreprises, ajuster en permanence les rôles entre actionnaires, direction et salariés (ici des journalistes). Dans une entreprise, ce n’est pas le salarié qui choisit ses collègues. Si à un moment donné il ressent la cohabitation impossible avec tel ou tel, il se tait ou il se démet, ce n’est pas lui qui commande, c’est la direction mise en place par l’actionnaire. Sachant que, dans le cas des journalistes, il est très facile de maquiller une démission en invoquant une clause de conscience ou une modification de la ligne éditoriale. Avec tous les avantages, notamment les indemnités, d’un licenciement.

On peut comprendre les réserves morales de Madame Mabrouk quant à la présence à l’antenne de Monsieur Morandini. En notant toutefois que sa répulsion de la personne ne s’est manifestée publiquement que sur injonction de la gauche et l’extrême-gauche, et ce juste après le caractère définitif de la condamnation pénale de son collègue. On se souvient pas qu’elle ait marqué autant de dégoût pendant les longues années au cours desquelles un autre prédateur sexuel, de plus grande envergure et depuis plus longtemps encore, est resté jusqu’à la semaine dernière à la tête de l’institut d’un monde qu’elle connaît bien. On comprend plus mal encore que Madame Mabrouk ait cru devoir utiliser sa notoriété – en grande partie acquise grâce à sa présence sur CNews – pour jeter l’opprobre public et surtout médiatique sur Monsieur Morandini. Tout ceci aurait dû se jouer en interne, sans publicité, sauf à ce que Madame Mabrouk ait fait un autre calcul. Quoiqu’il en soit, le résultat est là : c’est la fameuse somme négative déjà évoquée plus haut, tout le monde y perd. Sauf la gauche, y compris extrême, ainsi que les médias de grand chemin, qui se frottent les mains d’avoir créé la zizanie et fait tomber dans leur piège diabolique le petit clan d’en face, qui commençait à leur faire sérieusement de l’ombre.

On dit que CNews a consulté des conseillers influents avant de retirer Morandini de l’antenne et laisser partir Mabrouk à moitié, l’autre moitié restant sur Europe 1. Peut-être ont-ils poussé vers la moins mauvaise solution à court terme. Peut-être auraient-ils bien fait de se rappeler deux proverbes : « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » d’une part, « le bien ne fait pas de bruit, le bruit ne fait pas de bien » d’autre part.

https://www.actionfrancaise.net/2026/02/13/mabrouk-morandini-match-pire-que-nul/

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