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Le journaliste Louis Emeriau m’a demandé pourquoi je défends Quentin qui ‘portait des brassards nazis’

Je ne voulais pas faire un article pour évoquer cette anecdote qui m’est arrivée ce samedi, à Quimperlé, je pensais que l’évoquer pendant les deux premières minutes de ma vidéo du jour serait suffisant.

Mais le traitement de l’information qui a couvert la manifestation lyonnaise en hommage à Quentin et les mensonges grossiers des journalistes, salissant Quentin et nazifiant les manifestants, m’ont donné envie d’apporter mon témoignage, vécu, ce samedi, quant aux pratiques plus militantes que professionnelles de certains journalistes.

Je suis donc venu à Quimperlé ce samedi à 14 heures à la demande de mon ami Pierre Couedelo, organisateur de l’hommage à Quentin. Pierre m’avait demandé si je voulais intervenir et je lui avais répondu que, s’il le souhaitait, je le ferais avec plaisir. Ce que je fis.

Notre rédactrice Martine Chapouton, présente au rassemblement, en a fait ce compte rendu :

https://ripostelaique.com/quimperle-100-manifestants-pour-rendre-hommage-a-quentin/

Mais auparavant, j’ai eu le plaisir de revoir beaucoup d’amis et de militants, rencontrés lors de diverses manifestations, notamment à Callac ou lors de mobilisations contre une installation de Cada dans une ancienne caserne de gendarmerie à Arzano, ou de la campagne de Pierre Couedelo, à l’époque militant de Reconquête, lors des législatives 2022. Et quelques autres. De bons souvenirs que nous avons évoqués ensemble.

Et puis, à un moment, j’ai remarqué la présence d’un jeune journaliste avec un micro et j’ai tout de suite senti, à son allure, qu’il ne devait pas faire partie de notre camp. Habillé de noir, plutôt fluet, petites lunettes rondes et barbe faussement négligée de bobo. Nos regards se sont croisés et il a commencé à parler avec moi. Au bout de deux phrases, j’ai eu l’impression qu’il pensait avoir trouvé un bon client, vu qu’il m’a demandé s’il pouvait enregistrer. Je lui ai dit que c’était sans souci et que j’avais l’habitude d’assumer mes propos.

Il a commencé (on entend quelques phrases dans le lien ci-dessous, et même s’il esquinte mon nom, je ne me vengerai pas en esquintant le sien) par me demander pourquoi j’étais présent. Je lui ai dit que j’avais deux petits-enfants de l’âge de Quentin, que je sentais la violence des miliciens gauchistes monter en puissance et que je craignais pour eux vu qu’ils avaient des engagements semblables à ceux de Quentin. J’ai ajouté que je trouvais révoltante l’impunité des miliciens gauchistes et insupportable qu’un jeune garçon de 23 ans puisse perdre la vie en recevant plein de coups de pied dans la tête alors qu’il est déjà au sol.

À ce moment-là, le journaliste – dont je découvrirai en cherchant un peu qu’il s’appelle Louis Emeriau, qu’il sort d’une école de journalisme bordelaise, qu’il a travaillé à Ouest-France, sur Radio France, RFI, et à présent à Ici Armorique – m’interrompt et me pose une question surprenante : « Mais cela ne vous ennuie pas de défendre un garçon qui portait un brassard nazi ? ». Celle-là, je l’avoue, je ne l’ai pas vue venir. Je m’attendais bien sûr au coup du racisme, au coup de l’antisémitisme, au coup du fascisme, mais le brassard nazi, cela m’a perturbé une petite seconde, je l’admets. J’ai imaginé un court instant que l’info vienne de sortir et que je n’étais pas au courant. Je lui ai donc expliqué ma surprise devant sa question et lui ai demandé ses sources. Il m’a parlé de « Mediapart ». J’ai bien sûr ironisé sur la fiabilité d’un journal fondé par un Plenel, tout en précisant qu’avec les outils actuels, on peut mettre un brassard nazi à n’importe qui, y compris à lui.

Et je lui a demandé de me faire voir l’image. Je l’ai vu chercher fébrilement sur son téléphone et ne rien trouver. Je lui ai alors dit que sa question était dégueulasse et qu’il salissait sans vergogne la mémoire d’un gamin de 23 ans en racontant des saloperies sur lui. Et j’avoue – un peu agacé – que je lui ai demandé si, en admettant que Quentin ait été un nazi, ce qui n’est bien sûr pas le cas, est-ce que selon lui cela méritait la peine de mort ?

Il m’a répondu que non. Puis il m’a dit que finalement, ce n’était pas une croix gammée qu’aurait porté Quentin, mais une croix celtique. De plus en plus agacé, je lui ai demandé comment il pouvait confondre une croix celtique et une croix gammée, et comment il pouvait penser qu’un catholique militant peut porter une croix gammée sachant que les nazis étaient de tradition païenne. Puis je lui ai dit que, bien que n’étant pas un grand connaisseur de la question, la croix celtique est partie prenante d’une culture qui remonte à plusieurs siècles et existait bien avant les nazis. J’ai rajouté que sa question était dégueulasse et malveillante, et n’avait qu’un objectif, discréditer Quentin et légitimer son exécution.

Il ne répondait plus, cherchant à interrompre l’entretien. Mais j’étais trop agacé pour m’arrêter là et j’ai décidé de l’interpeller sans le ménager. Je lui ai demandé pourquoi il s’acharnait ainsi après de prétendus nazis et foutait une paix royale à la gauche qui avait cautionné le communisme, ses 100 millions de morts, les 10 millions de morts de la Révolution culturelle chinoise, et le tiers de la population exterminée au Cambodge par les Khmers rouges. Mais je pense qu’il avait coupé le micro depuis longtemps et nos chemins se sont séparés. J’ignore s’il était présent lors de mon intervention, je ne l’ai pas revu…

https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-breizh-izel/hommage-a-quentin-deranque-a-quimperle-deux-rassemblements-se-font-face-6430589

Lors des trois minutes radio (on peut les écouter en cliquant sur le lien, sous le titre) qui sont consacrées à l’événement, Louis Emeriau relaie sans vergogne toute la propagande de l’extrême gauche. Il évoque le grossier mensonge, utilisé par l’ensemble de la gauche, qu’en 40 ans, l’extrême droite aurait tué dix fois plus de personnes que l’extrême gauche, que Quentin était un militant identitaire violent. Il ose affirmer, ce qui est faux, que Pierre Couedelo a du mal à justifier le fait que la victime de Lyon n’était pas un militant violent. Par contre, aucune critique contre la contre-manifestation, ni contre la parano de ces militants qui disent qu’ils ont très peur des méchants manifestants d’en face qui, bien sûr, se font manipuler…

Dans cette interprétation d’un contre-manifestant, tout le mépris de la petite bourgeoisie de gauche – dont fait partie la caste journalistique – pour le peuple. J’ai essayé, n’ayant rien enregistré, de retranscrire le plus fidèlement possible l’échange entre ce militant journaliste et moi.

Mais vrai, dommage qu’il n’ait pas retenu dans les trois minutes sa question sur le brassard nazi et ma réponse…

Pierre Cassen

https://ripostelaique.com/le-journaliste-louis-emeriau-ma-demande-pourquoi-je-defends-quentin-qui-portait-des-brassards-nazis/

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