C’est un sujet assez peu commenté, et assez compliqué d’un point de vu comptable.
Normalement la comptabilité est censée donner une image « fidèle » de votre situation économique. Si vous détenez par exemple des actifs dans votre bilan comme des obligations d’Etat il faut les valoriser à la valeur de marché c’est-à-dire ce qu’elles valent vraiment si vous deviez les vendre. Cela s’appelle le « mark to market ». Logique. Sauf que quand les actifs baissent comme les obligations d’Etat parce que les taux ont monté et vu que vos vieilles obligations à zéro ne rapportent rien vous vous retrouvez avec ce que l’on appelle des pertes latentes. Et quand il y a beaucoup de pertes latentes, vous n’avez plus le capital nécessaire surtout quand vous êtes une banque.
Au Japon ils viennent de résoudre le problème en permettant aux institutions financières au sens large de valoriser les obligations détenues non pas à leur valeur de marché mais à leur valeur à l’échéance. Résultat il n’y a plus de moins-values latentes.
Aux Etats-Unis le problème se pose aussi

Comme vous pouvez le voir sur ce graphique vous avez environ 395 milliards de dollars de pertes latentes.
C’est la même histoire qu’au Japon. Les obligations anciennes qui ne rapportaient rien valent beaucoup moins aujourd’hui avec la hausse des taux qu’il y a eu.
Faut-il s’inquiéter et appuyer sur le bouton panique ?
Sans doute pas.
Pourquoi ?
Parce que si un problème devait se poser, ce qui est hautement probable, les banques centrales comme la FED aux Etats-Unis changeraient les règles du jeu comme au Japon en modifiant les règles comptables ce qui a l’avantage de ne rien couter aux finances publiques ou aux banques centrales.
Dans le pire des cas, elles rachèteraient les titres concernés à leur valeur nominale et sans la perte.
Cela se paiera donc comme tout, par de la création monétaire et de l’inflation.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »
https://legrenierdeleco.com/les-pertes-non-realisees-des-banques-americaines/
