
La séquence politique ouverte par la mort de Quentin Deranque à Lyon continue de produire ses effets. Selon une enquête d’opinion réalisée les 24 et 25 février auprès d’un échantillon représentatif de 1 004 personnes , sondage réalisé par Elabe pour BFMTV publié ce mercredi 25 février, 63 % des Français déclarent qu’ils « feraient barrage » à La France insoumise (LFI) au second tour d’une élection. À titre de comparaison, 45 % affirment qu’ils feraient barrage au Rassemblement national (RN).
Ce différentiel marque une évolution notable dans le paysage politique français, longtemps structuré par un réflexe prioritairement dirigé contre le parti de Marine Le Pen.
Un rejet massif de LFI à droite et au centre
Dans le détail, le rejet de LFI apparaît particulièrement fort chez les électeurs du bloc central et de la droite. Parmi les sympathisants du camp présidentiel, 81 % se disent prêts à faire barrage aux Insoumis, contre 66 % face au RN. À droite, la tendance est encore plus marquée : 90 % des électeurs proches des Républicains choisiraient de s’opposer à LFI, tandis que seuls 31 % feraient barrage au RN.
Ce positionnement trouve un écho dans les prises de parole récentes. Plusieurs responsables de droite ont plaidé pour un « cordon sanitaire » visant explicitement le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. À l’inverse, le RN met en avant un front « tout sauf LFI », tentant de retourner contre les Insoumis le mécanisme de diabolisation dont il a longtemps fait l’objet.
À gauche, des lignes de fracture
La gauche, elle, apparaît divisée. Si 82 % des électeurs de gauche déclarent qu’ils feraient barrage au RN, seuls 30 % affirment qu’ils s’opposeraient à LFI dans un second tour. Toutefois, la rupture entre socialistes et Insoumis se confirme. 70 % des Français se disent favorables à la position de François Hollande, qui a récemment estimé que la relation entre le Parti socialiste et LFI devait être rompue. Cette approbation grimpe à 88 % chez les sympathisants socialistes.
Dans l’hypothèse des municipales, les Français ne manifestent pas de consensus clair : 36 % rejettent tout accord entre listes de gauche, 21 % privilégieraient un accord excluant LFI, et 15 % seulement un accord l’incluant. En revanche, au sein de l’électorat du Nouveau Front populaire, une majorité souhaite maintenir une alliance avec les Insoumis.
La mort de Quentin Deranque et les débats qui ont suivi ont pesé sur l’image du mouvement mélenchoniste. 44 % des Français estiment que ces événements ont dégradé leur perception de LFI, contre 52 % pour qui cela n’a rien changé. Même parmi les électeurs de gauche, un quart déclare avoir désormais une image plus négative du parti.
Le “ni-ni” nouvelle version
Ces chiffres illustrent une recomposition du traditionnel « front républicain ». Longtemps dirigé exclusivement contre le RN, le mécanisme de barrage s’étend désormais à LFI. Du côté du bloc central, la ligne « ni RN ni LFI » se structure, renvoyant dos à dos les deux formations jugées les plus radicales.
À l’approche des municipales de 2026 puis de la présidentielle, cette évolution pourrait peser lourd. Le RN cherche à apparaître comme un parti normalisé, capable d’intégrer une coalition plus large. LFI, de son côté, assume une stratégie de conflictualisation qui cristallise les oppositions.
Le paysage politique français semble ainsi entrer dans une phase nouvelle : le réflexe de barrage ne disparaît pas, mais il change de cible. Reste à savoir si cette dynamique se traduira dans les urnes ou si, comme par le passé, les logiques d’alliance et de second tour viendront brouiller les lignes affichées dans les sondages.
Illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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