Tous les candidats de gauche ne sont pourtant pas sans reproches... Et puisque les casseroles des têtes de file LFI sont déjà bien connues d’une grande partie du public (lire le trimestriel de nos confrères de Frontières), nous nous sommes intéressés aux candidats et colistiers EELV, écologistes et autres Verts.
Des têtes d’affiche peu recommandables
A commencer par les maires eux-mêmes. Et certains d’entre eux osent se représenter devant les électeurs pour candidater à leur propre réélection…
- STRASBOURG : Jeanne Barseghian
Le premier – et le seul, espérons-le – mandat de l’élue écologiste a été jalonné de polémiques. Jeanne Barseghian a multiplié les dérapages qui lui ont valu de vives accusations d’antisémitisme : suspension du jumelage de Strasbourg avec la ville israélienne de Ramat Gan au nom de Gaza ; mise en place d’un jumelage avec le camp palestinien d'Aïda ; apparition de la maire vêtue d’un keffieh palestinien, posant devant une carte du Proche-Orient sur laquelle Israël avait été effacé ; rejet de la définition de l’antisémitisme adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA)… De Jeanne Barseghian, on gardera aussi en mémoire l’attribution choquante d’une subvention de 2,5 millions d'euros pour le chantier d'une mosquée portée par Millî Görüs, association islamiste turque qui prône un islam ultra conservateur.
- LYON : Grégory Doucet
On ne présente plus le très gauchisant maire de Lyon, très remonté contre le Tour de France (« pas écoresponsable », « machiste »), mais très laxiste face aux rodéos urbains en plein centre-ville. Entre autres méfaits, l’édile avait boudé au nom de la laïcité, en septembre 2021, la cérémonie du vœu des Échevins - une tradition lyonnaise qui remonte à 1643 – avant d’aller, le lendemain, assister à la pose de la première pierre d’une grande mosquée… Dernier scandale en date : Grégory Doucet et un de ses adjoints sont visés depuis quelques jours par un signalement au procureur. On les accuse d’avoir exploité des informations qui pourraient avoir été recueillies par le groupuscule d’extrême gauche la Jeune Garde, mis en cause dans le meurtre de Quentin Deranque…
- BESANÇON : Anne Vignot
Plus discrète, Anne Vignot gagne à être mieux connue. Ou pas. La maire écolo de Besançon a fortement déplu par ses prises de position dignes de LFI : accueil à bras ouverts des migrants afghans au nom du « devoir d’humanité de la France », pavoisement de l’Hôtel de Ville aux couleurs palestiniennes, plainte pour une prétendue « provocation à la haine raciale » déposée contre le collectif féministe Némésis… Une autre plainte a eu moins d’écho médiatique : celle déposée fin 2025 par le président du Mouvement Franche-Comté (MFC) pour suspicion de délit de favoritisme à l’encontre de… Mme Vignot qui, à ce stade, bénéficie de la présomption d'innocence.
Des colistiers problématiques
Quand on se penche sur les listes des candidats écologistes, il ne faut que quelques clics pour trouver des colistiers problématiques.
- PARIS : Mams Yaffa
Sur la liste du candidat de gauche Emmanuel Grégoire, à la 59e place, figure un certain Mams Yaffa. Cet écologiste, actuel adjoint au Maire du 18e arrondissement, s’avère être un fidèle soutien d’Assa Traoré et ne cache pas ses penchants communautaristes. La très virulente sœur d’Adama Traoré le taggue sur ses vidéos Instagram et l’identifie comme un membre du « Conseil national Soninké », association qui œuvre pour « la valorisation des citoyens français issus des migrations, en particulier des communautés d’origine soninké »… En 2020, Mams Yaffa avait posé lors d’une manifestation en compagnie de la même Assa Traoré, devant une pancarte au message pour le moins troublant : « RIP Samuel (Paty) mort en saignant ». « Écœurant », avait alors commenté la ministre macroniste Aurore Bergé.
- BORDEAUX : Harmonie Lecerf Meunier
Cette délicieuse personne figure sur la liste du maire actuel de Bordeaux, Pierre Hurmic. Disciple de Sandrine Rousseau, Harmonie Lecerf Meunier a participé à la création d’un petit collectif baptisé Radicalement Vôtre. Il semble prôner certaines actions musclées comme le fauchage des cultures OGM, pudiquement requalifié en « impertinence à l’ordre social »… La douce militante a étrangement supprimé son compte X mais reste très active sur Instagram : elle y recommande par exemple la lecture du livre Moi les hommes, je les déteste (Seuil), « une pépite de féminisme, de sororité, d'amour et d'estime de soit (sic), de tips anti-patriarcat, et de vision du monde hors la vue des hommes ». Fin 2019, elle annonçait à ses followers débuter un nouveau travail dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile et renouvelait sa fidélité à l’idéologie no-border : « abolition des frontières et accueil inconditionnel ». Comme ça, c’est clair.
- POITIERS : Chiacap Kitoyi
À Poitiers, la maire sortante EELV Léonore Moncond’huy chercherait-elle à s’acheter coûte que coûte le vote des quartiers ? C’est ce que beaucoup suspectent. Pourquoi, sinon, l’édile verte aurait-elle choisi de placer au 4e rang de sa liste un certain Chiacap Kitoyi, condamné en 2013 en récidive à deux ans de prison dont un an ferme pour trafic de stupéfiants ? Cerise sur le gâteau : l’ex-dealer a également été condamné à rembourser la somme rondelette de 600.000 euros à la collectivité, celle-là même qu’il ambitionne de représenter, s'il est élu, à travers son mandat. Un pactole qu’il est prêt à restituer à hauteur de... 50 euros par mois, soit en 1000 ans !
- MEYZIEU : Axel Marin
En 2022, Axel Marin, co-président du groupe écologiste à la région Auvergne-Rhône-Alpes, a été accusé de « pressions » et de « management brutal ». L’année suivante, EELV a ouvert une enquête interne, via sa cellule dédiée aux faits de harcèlement et aux violences sexuelles et sexistes. Les faits étaient assez graves pour que l’homme soit mis en retrait de son groupe politique. Les résultats de l'enquête interne ne sont pas connus. Quoi qu'il en soit, trois ans plus tard, le même Axel Marin figure sur la liste de gauche d'Issam Benzeghiba, à Meyzieu, comme si de rien n’était…
- GRENOBLE : Serge Slama
Dans la capitale des Alpes, la succession d’Eric Piolle est assurée par Laurence Ruffin, sœur du député (ECOS) François Ruffin. Cette dernière – soutenue par EELV – a monté une liste haute en couleurs et en personnalités. Y figure par exemple Mehdi Tadjine qui assimile sur ses réseaux sociaux un syndicat de police à une organisation paramilitaire russe. On y trouve aussi Sevan Hosebian-Vartanian qui signe des articles dans le Bondy Blog pour alerter sur « la montée de l’islamophobie » en France. Mais il y a surtout Serge Slama. Présenté comme un expert neutre, ce colistier est régulièrement invité à s’exprimer dans les médias. Pourtant, en juin 2024, il avait envisagé la victoire du RN dans les urnes et appelé à la désobéissance. « Si demain le RN est au pouvoir, je n’appliquerai pas leurs lois si elles sont contraires aux principes républicains », annonçait-il. Une position pour le moins étonnante pour un professeur… de droit.
- SAINT-OUEN : Driss Naïch
Dès le début de l’année 2025, Driss Naich, élu EELV délégué au commerce à Saint-Ouen, a été mis sur la touche. Officiellement, le maire Karim Bouamrane lui reprochait de ne pas avoir voté le budget primitif. En réalité, il est accusé de violence, sexisme ou de racisme anti-blanc. Suspendu 18 mois pour harcèlement, M. Naïch apparait aujourd'hui en quatrième position sur la liste des Écologistes.
Des candidats exfiltrés
Certaines « brebis galeuses » vertes ont été écartées avant même le début de la campagne des municipales. Les éléments à charge étaient accablants !
- MARSEILLE : Hassen Hammou
C’était l’étoile montante des écolos dans la cité phocéenne. Las ! La trajectoire d’Hassen Hammou s’est stoppée net, le 16 décembre dernier, à l’annonce du verdict rendu par le tribunal correctionnel de Marseille : le militant a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour corruption de mineur. Il était notamment accusé d’avoir sollicité sur Internet un jeune garçon - dont le profil en ligne indiquait qu’il avait 14 ans - en vue de relations sexuelles tarifées… En attendant son procès en appel, M. Hammou a été suspendu du parti vert.
- PARIS : Emmanuelle Pierre-Marie
En février dernier, à deux petits jours de la clôture du dépôt des listes pour les élections municipales, Emmanuelle Pierre-Marie a été écartée par Emmanuel Grégoire, chef de file de la gauche parisienne Paris. L’actuelle édile du 12e arrondissement - dans lequel elle se représentait - est en effet accusée de « management toxique » et visée par une enquête interne pour harcèlement. En catastrophe, l’écologiste déchue a été remplacée par… Lucie Castets, l’ex-future Première ministre qui avait fait le tour des médias en 2024, avant de retomber dans l’anonymat.
Que retenir de ce tour d’horizon des candidats et militants écologistes ? Qu’on trouve des « brebis galeuses » dans tous les partis. Et sans doute bien davantage à gauche qu’à droite.
NB : Les colistiers cités dans cet article (ou les listes auxquelles ils appartiennent) ont été contactés par BV avant publication. La rédaction se tient dans l’attente de leurs éventuels éclaircissements ou réponses.