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Poitiers, le glas sonne pour les ayatollahs de l’écologie punitive

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Ils sont arrivés en juillet 2020 alors que personne ne les attendait : les écolo-bobo ont fondu sur Poitiers comme un vol de vautours. Eux-mêmes en furent surpris ...

Poitiers, le glas sonne pour les ayatollahs de l'écologie punitive

Ils sont arrivés en juillet 2020 alors que personne ne les attendait : les écolo-bobo ont fondu sur Poitiers comme un vol de vautours. Eux-mêmes en furent surpris comme me l’a dit en novembre 2020 une conseillère municipale à qui je faisais remarquer que la mairie avait mis 4 mois pour répondre à mon courrier : « Il fallait que nous nous mettions au courant, nous ne nous attendions pas à être élus. » Alors, nous sommes en droit de nous demander pourquoi ils se sont présentés, une élection municipale ce n'est ni une exposition d'art ni un Tea Time !

Surprise pour les uns, stupéfaction pour les autres : la liste des écologistes[1] était élue à Poitiers et dès les premières semaines sans même se préoccuper, contrairement à ce que me disait la conseillère municipale dont je parlais plus haut, des dossiers en cours et de la situation de la ville, ils sont partis, « bille en tête » dans la mise en œuvre d'actions souvent sans intérêt et en tout cas sans fondement vis-à-vis du développement de la ville, ce qui montre une volonté de mettre en œuvre moins une politique raisonnée et raisonnable pour la ville qu'une mise en action d'une idéologie déconnectée du quotidien des populations et de la ville. Ce fut par exemple :

  • Le changement de nom d’une place : de Droits de l’Homme à Droits Humains[2],
  • La plantation d’une deuxième rangée d’arbres sur la place de la mairie, apparemment ceux qui y étaient déjà ont été jugés insuffisants,
  • L’installation sur la place de la mairie de bancs « design », en plus de ceux existants, encore plus inaccessibles que les premiers rejetant un peu plus les personnes en difficulté pour se mouvoir, mais les nouveaux élus se sont enthousiasmés pour une production locale sans doute réalisée par un artisan proche d’eux ; la nécessité et leur utilité sont peu évidentes et discutables notamment au regard du rapport coût/usage,
  • Puis la décision de planter un arbre pour chaque naissance avec en bandeau le prénom du nouveauné… un gadget qui coûte et qui n’a pas de véritable intérêt si ce n’est de répondre à une mystique écologiste,
  • L’installation d’un « cadre métallique » pour délimiter un espace de natation dans la rivière qui traverse Poitiers (le Clain) ; il s’agissait de faire plaisir aux « vieux » poitevins nostalgiques d’une époque révolue depuis plus de 40 ans dont plongeoir délabré témoigne. La fréquentation de cette « cuvette » est extrêmement restreinte : juillet et août, l’aprèsmidi seulement et 70 personnes à la fois pour une heure. Là encore le ratio coût/usage n’est pas favorable : le coût des travaux d’appropriation des lieux s’est élevé à 565 000 € auxquels il faut ajouter l’achat d’une parcelle de terrain, les coûts annuels d’installation et de désinstallation[3], le salaire d’un maîtrenageur la journée et d’un gardien la nuit… Or Poitiers dispose de 4 piscines plus celle du Bois de Saint-Pierre qui n’est opérationnelle qu’en été et qui vient d’être transformée offrant un lieu de baignade dans un milieu naturel.
  • Autres réalisations pour le moins paradoxales : la suppression de la plupart des massifs fleuris et le renoncement au label des Villes Fleuries. Une action qui rejoint dans l’absurdité le saccage du Parc de Blossac[4] au prétexte qu’il fallait remplacer les pelouses par une « plaine sauvage » pour que les enfants s’amusent comme si déjà ils ne le faisaient pas et la municipalité entraînée par ses affidés bobos voulait supprimer le bassin central pour le remplacer par un miroir d’eau comme sur la place de la Bourse à Bordeaux ou place de l’Hôtel de Ville à Villeurbanne. Les animaux qui sont toujours un attrait pour les enfants : quelques chèvres « exotiques », quelques perruches, des canards, quelques lapins, poules et cochons d’inde ont été priés de quitter les lieux dans un vaste mouvement d’un spécisme dans lequel Peter Singer ne retrouverait pas ses « petits », et les statues du 18e siècle ont été déplacées, ébréchées, cassées peutêtre, pour certaines, détruites. Blossac n’est plus un Parc majestueux mais une dépouille recouverte d’une pseudo-nature élaborée dans un mouvement politique où les idées fondées sur des théories fausses et stupides, remplacent le bon sens ; il s’agit de faire pour être en accord avec l’idéologie écologiste comme les ayatollahs se cramponnent à leur idéologie religieuse et sectaire,
  • Il y a, aussi, dans cette mouvance « naturaliste » l’idée que la nature doit réinvestir la ville, investir serait mieux approprié… alors on plante sur les trottoirs contre la façade des immeubles, ce qui a pour effet de creuser des trous où les chiens peuvent s’épanouir sans compter que ces plantations attirent les moustiques et autres bestioles et elles finissent par encombrer les trottoirs une fois encore au détriment des personnes dont la mobilité est difficile. Certes il faut prendre des mesures face au réchauffement climatique mais s’il est une ville qui ne nécessite pas qu’on accroisse les « plantations urbaines » c’est bien Poitiers où les jardins dans les maisons y compris du centreville sont pléthores, où les parcs sont nombreux et où chacun habite à moins de 10 minutes à pied d’un espace vert, en outre que la ville est ceinte d’une nature notamment arborée extrêmement dense.

 Autant de choses coûteuses qui ont mis en difficulté les finances de la ville, jusqu’alors excédentaires, et qui ne répondaient pas à une nécessité impérieuse ni pour le développement de la ville ni pour le bien-être de ses habitants. Mais, la municipalité de Poitiers élue en 2020 promeut une écologie radicale qui veut, en particulier, totalement bannir l’automobile du Centre-Ville (et au-delà) et en même temps promouvoir une « mobilité douce » qui n’autorise, en plus de la marche, que les deux-roues non motorisés (vélo et trottinettes) et les transports en commun à propos desquels je n’écrirai rien ici. Ainsi, en accord avec sa politique globale des déplacements en ville et surtout pour satisfaire deux associations de vélocipédistes urbains dont les membres sont proches de conseillers municipaux, la municipalité a décidé de neutraliser une des voies d’une des principales artères d’entrée et de sortie de la ville : la rue du Faubourg du Pont Neuf[5]. Ici, la voix des lobbies « cyclistes » a été prépondérante, celle des automobilistes ignorée voire rejetée[6], alors qu’on ne savait pas combien[7] de cyclistes sont concernés par cette « voie douce ». Les associations d’usagers du vélo se montrent enthousiastes d’autant qu’elles sont demandeuses : « La circulation actuelle a un effet dissuasif pour tous ceux qui aimeraient prendre leur vélo », estime de son côté François Fuchs, président de Vélocité86[8]. »

Ces pistes cyclables, car il y en a eu d’autres, ont coûté une petite fortune en dépense brute mais une dépense énorme en termes de rapport coût/utilisation : les chiffres de fréquentation, après ouverture des voies, communiqués par la mairie sans qu’on sache comment et par qui ils ont été élaborés semblent « sur dosés » en cyclistes. La rue est désormais dépourvue de nombre de places de stationnement transférées vers un parking payant ce qui a un coût financier pour les riverains et plus encore un coût pratique et moral pour les personnes à mobilité réduite qui habitent cette rue et dont la vie a été complexifiée par la suppression du stationnement de proximité. En outre, il a fallu l’insistance des associations représentatives des personnes handicapées pour qu’une réunion sur site soit organisée une fois les travaux terminés pour que certaines modifications soient apportées : création de plans inclinés pour l’accès aux quais de bus, recréation de places de stationnement PMR[9]

À travers l’exemple de cette rue on remarque deux points : le désintérêt de la municipalité pour les personnes en situation de handicap (le programme de 56 pages de Poitiers Collectif[10] ne comportait aucune mesure en faveur « du handicap » celui de 2026 est tout aussi muet sur ce point) en outre, par exemple, la « végétalisation » des cours d’écoles a rendu inaccessibles aux enfants en situation de handicap les aires de jeux, la réfection des espaces de l’Îlot Tison a entraîné la suppression des places PMR[11], deuxième point, l’instauration d’une « guerre » entre les automobilistes et les cyclistes : les premiers étant porteurs de tous les maux possibles. Notons que depuis la prise de pouvoir par la liste écologiste les cyclistes se croient détenteur d’une toute-puissance et roulent sur les trottoirs, dans les rues piétonnes au mépris des piétons notamment des personnes les plus fragiles, accrochent leurs vélos n’importe où sans se préoccuper des autres usagers et respectent peu le Code de la route, ne parlons pas de la circulation à contre-sens dans des rues remarquablement étroites[12]

Il en est ainsi de Poitiers l’Écologiste où le plaisir, les loisirs, la fête et les beuveries l’emportent sur le bien commun : la municipalité ne sert qu’une partie de la population. C’est ici l’histoire de l’occupation des espaces publics désormais envahis par les terrasses de café et autres restaurants comme je l’indiquais le 23 août 2022[13]. Poitiers, forte de ses 30000 étudiants est, avec cette municipalité qui fait une priorité de leur satisfaction, tournée vers la fête, quitte à la favoriser coûte que coûte : « comme l’indiquait déjà cet extrait de son projet lors des élections de 2020 : « En concertation avec les acteurs du centre-ville, envisager de revenir sur l’arrêté municipal interdisant la vente d’alcool dans l’espace public, dans le cadre d’événements publics. » Mais cela est cohérent avec l’idée qu’ont ces élus du centre-ville qui, pour eux, n’est pas un lieu de résidence mais un lieu de fête et de beuverie. 

La ville conçue par cette municipalité, redisons-le, doit être tout orientée vers la fête même si cela doit être au détriment des personnes le plus vulnérables[14], comme si les élus avaient inventé un adage : « dans la fête, pour la fête il n’y a pas de limites ». Poitiers était dite la ville aux 3 S : sainte, savante et salle. Sainte, Savante, Salle : la ville l’est de plus en plus et ce n’est pas qu’une question de poubelles, c’est aussi l’entretien de la voirie et notamment des trottoirs, le ravalement des façades dans une ville au haut passé historique…

La municipalité, tellement moderne, a instauré une gouvernance participative, un système de gouvernance à la mode surtout dans les cercles de l’écologie-politique bien que les chercheurs soient dubitatifs[15], un système bien loin du concept de développement local et du « pouvoir-d’agir[16] ». Ainsi, la municipalité essaie de créer ou de faire croire à « une majorité citoyenne et populaire », oubliant au passage que Karl Popper comme Albert Camus rappelaient que : « La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité. » Or, à Poitiers, cette « majorité » ne repose que sur une prétendue démocratie participative aux contours indéfinis qui repose sur une « assemblée citoyenne et populaire » dont les membres ne disposent d’aucun mandat de représentation et pour lesquels on ne sait pas très bien comment ils ont été désignés. Les participants à ces réunions sont soit les mêmes personnes d’un thème à l’autre soit des personnes appartenant à la même catégorie socio-culturelle[17]. Ces réunions mobilisent en plus du personnel communal celui d’un cabinet conseil pour animer et faire un compte rendu et une troupe de comédiens pour mettre de l’ambiance : cela coûte cher pour un résultat très faible et une synthèse des travaux non communiquée ou absente. Quoi qu’il en soit de la position qu’on adopte vis-à-vis de ces assemblées citoyennes et populaires, il faut relever qu’à Poitiers elles coûtent cher pour un résultat médiocre et souvent très orienté.

Je pourrais allonger la liste de façon considérable mais la gouvernance de cette municipalité se résume à une gouvernance mue essentiellement par l’idéologie écologiste réduite à quelques idées déconnectées des réalités de la vie, du terrain et « de la science ». Du tape à l’œil plutôt qu’une vraie politique de développement de la ville. Les quelques projets structurants (modernisation du Quartier des Couronneries, rénovation du Palais d’Aliénor[18] et transformation de l’ancienne caserne des pompiers…) ont tous étaient initiés par la municipalité précédente. Pour cette municipalité le développement de la ville se concentre sur la volonté de satisfaire les étudiants qui seraient le principal moteur de l’économie de la ville[19]. Les commerçants évoquent une baisse de fréquentation, les habitants dénoncent une circulation rendue plus difficile, notamment pour les accès au centre-ville[20] et se plaignent des nuisances sonores nocturnes mais la municipalité continue sa politique en faveur des bars, des établissements de restauration rapide et des discothèques.

Poitiers est une ville sans projet global de développement qui meure… grâce à l’écologie.

 [1] Comprenant des adhérents au Parti Communiste Français, à Nouvelle Donne, à Génération.s, à Génération écologique, des mouvements appartenant à « la gauche molle » très imprégnés par l’idéologie écologiste à l’exception peut-être du PCF.

[3] « La cuvette » est enlevée à la fin de la saison et remise en place l’années suivante ce qui nécessite l’usage d’une grue, le travail de 3 employés pendant 3 journées pour chaque opération,

[4] Parc de Blossac, 9,5Ha, construit en 1770, jardin à la française, jardin à l'anglaise, jardin rocaille, jardin contemporain : La promenade de Blossac a été classée par arrêté le 07/09/1912 dans la catégorie de sites classés TC : tout critère pour la présence de caractères artistique, historique, légendaire, pittoresque, scientifique.

[7] La municipalité a communiqué quelques chiffres, un peu extravagants, sans indiquer ni la source ni la méthode de comptage.

[8] Romain Mudrak, Poitiers - Le Pont-Neuf à l’heure du partage, « Le 7 » du mardi 07 septembre 2021

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[9] Place de stationnement adaptées et réservées pour les personnes en situation de handicap.

[10] Association de soutien à la maire.

[11] Il a fallu une plainte auprès du préfet et une expertise de la sous-commission départementale de l’accessibilité accompagnée par les associations de personnes handicapées pour que de nouvelles places soient créées.

[12] Ce qui existait pour certaines rues avant 2020.

[15] Au-delà de la démocratie participative. Remettre les élu·es à leur juste place et renforcer les contre-pouvoirs, https://doi.org/10.3917/mouv.121.0034

[16] Définition UNADEL : « Le développement local refuse les modèles standardisés imposés d’en haut, dans l’uniformité de la normalisation et de la pensée unique. Il pense que chaque société locale, chaque groupe humain doit conserver le pouvoir de construire le cadre qui lui semble convenir à ses désirs, à ses spécificités, à sa culture, à ses traditions, aux visions de son devenir… Il en découle un droit à l’auto-organisation, à l’autogestion. »https://unadel.org/les-fondamentaux-du-developpement-local/

[17] La participation à ces assemblées est un débat sans fin, une véritable aporie comme diraient les philosophes.

[18] Pour lequel on s’interrogera sur la pertinence d’installer un restaurant et un bar dans la salle des pas-perdus alors que la place, au pied du Palais, ne contient quasiment que ce type d’établissement, et un hôtel low-cost dans l’aile gauche alors que Poitiers n’en manque pas.

[19] Si les économistes ont assez bien mesuré l’impact économique d’une université dans une ville, celui stricto sensu des étudiants n’a pas étaient vraiment mesuré.

[20] Ils se détournent d’autant mieux du centre-ville et des quelques commerces qui ont survécus que la ville est ceinte par de nombreuses zones commerciales faciles d’accès et aux possibilités de stationnement infinies. Le ratio de surface commerciale de ces zones par rapport au nombre d’habitant est un des plus élevé de France.

https://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/poitiers-le-glas-sonne-pour-les-267461

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