Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Élections en Rhénanie-Palatinat : L’AfD réalise un score historique dans un land de l’Ouest

afd.jpg

Michel Festivi 

Ce dimanche 22 mars, voyait la région Rhénanie-Palatinat voter pour élire les 101 députés du Landtag, qui est dominé depuis plus de 30 ans par la gauche, le SPD, et qui est actuellement gouverné par une coalition SPD-Verts-FDP (libéraux).

Cette région frontalière de la France, avec Mayence comme capitale, est connue pour ses vins blancs secs de la Pfalz ; la cité de Bingen ou Hildegarde avait établi son abbaye ; Trèves l’une des villes des plus anciennes d’Allemagne ; Ludwigshafen, siège de la plus grande usine chimique au monde BASF ; BioNtech à Mayence ; Kaiserslautern et son équipe de foot, c’était aussi le fief de l’ancien chancelier Helmut Kohl. La région est également frontalière de la Belgique et du Luxembourg.

Le contexte local n’est guère encourageant. Crise viticole pour cette plus grande région productrice de vin d’Allemagne. Fermetures d’entreprises (Opel), l’usine chimique BASF, 39 000 salariés, réduit le nombre de ses personnels. Et pour couronner le tout, un projet de fabrication de batteries automobiles ne verra pas le jour, c’est 2000 emplois qui ne se feront pas.

Le chancelier Friedrich Merz est actuellement en grande difficulté, son alliance nationale avec la gauche, le SPD, patine, chaque élection régionale est un supplice, et il compte beaucoup sur ce scrutin pour se relancer. Les sondages donnaient le SPD et la CDU de Merz au coude à coude, avec une légère avance pour la CDU. Ces mêmes sondages prévoyaient la disparition des élus libéraux du FDP, crédités de moins de 5%, et un recul significatif des Verts. Longtemps gouvernée par la CDU, mais désormais dominée par le SPD, cette région de plus de 4 millions cent mille habitants est donc convoitée par la CDU qui entend reprendre son leadership.

L’AfD espérait un bon résultat, ce qu’ont laissé entrevoir les sondages, car en 2021, elle avait subi une déconvenue en perdant 4,3% points, et obtenant 9 élus, contre 14 auparavant. 

Finalement la CDU va après une disette de 35 années, reprendre la direction du Land, avec plus de 30% et 39 élus, elle caracole en tête. Le SPD subit un revers, et n’arrive qu’en seconde position avec près de 27% et 32 députés, il perd 10 points et 7 élus. Les Verts décrochent à la 4e place avec 7,7% et 10 sièges. Mais c’est l’AfD qui réalise la stupéfiante opération de la soirée, avec 19,5% des voix et 24 mandats, alors qu’elle n’en possédait que 9, c’est un des meilleurs résultats du parti tant décrié, dans la partie l’Ouest du pays.

Aucune autre formation, ni l’extrême gauche Die Linke, ni les libéraux du FDP ne parviennent à passer la barre des 5%. Rappelons une fois de plus l’ingéniosité du mode de scrutin allemand. Chaque électeur dispose de deux bulletins. Avec le premier il vote pour un candidat nominativement, dans l’une des circonscriptions du Land (52 en l’occurrence en Rhénanie Palatinat), c’est un scrutin uninominal à un tour, le premier arrivé est élu. Avec le second bulletin, il vote pour une liste, un parti, au niveau régional, et les sièges sont répartis à la proportionnelle. A l’heure où les commentateurs politiques français se désolent hypocritement bien souvent, de la faible participation électorale, lors des élections municipales, la remise en cause de notre système s’imposerait plus que jamais. Mais les baronnies n’accepteront jamais de se faire Hara Kiri.

Nous sommes l’un des seuls pays d’Europe, voire du monde, à encore organiser des élections à deux tours, qui facilitent les pires magouilles et tambouilles politiciennes, nous l’avons vu aux législatives de 2024, et nous l’avons encore remarqué lors de ces dernières municipales. Qu’attendons-nous pour changer drastiquement de mode de scrutin et d’abord supprimer ce deuxième tour inique ? Dans un système à un seul tour, l’électeur dispose un poids politique plus que conséquent, et il ne peut y avoir aucun appel à un quelconque « cordon sanitaire » ou « barrage républicain », c’est l’électeur qui donne le tempo et pas le politique. D’ailleurs lors de ces élections allemandes, le taux de participation a dépassé les 65%, contre 57% en France pour des élections municipales, qui traditionnellement drainaient beaucoup d’électeurs (hors période Covid).

Prochaines étapes allemandes, à l’automne, mais cette fois dans des Lands de l’Est, là ou l’AfD réalise des scores stratosphériques. La situation du Chancelier allemand, va-t-elle être améliorée, suite à ce résultat ? Rien n’est moins sûr en réalité, car il gouverne dans le cadre d’une coalition avec le SPD. Déjà, ce parti fait fasse à une fronde qui entend dénoncer ces accords nationaux qui lui porte préjudice électoralement depuis plusieurs élections. De plus le contexte international est loin d’être favorable. Gageons, que tant la CDU que le SPD, les Verts et tout le système vont continuer, pour masquer leur impéritie, à tenter de trouver des poux sur la tête à l’AfD.  

http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2026/03/23/elections-en-rhenanie-palatinat-l-afd-realise-un-score-histo-6588952.html

Écrire un commentaire

Optionnel