
« Le Monde » et son scribouillard Olivier Faye font profession de travestir les œuvres pour mieux accabler les auteurs. Il y a quelques mois, ce fut d’abord Renaud Camus, transformé en vecteur imaginaire de la peste bubonique. Aujourd’hui, Jean Raspail, sommé de répondre du succès persistant du « Camp des saints, » jusque dans sa nouvelle traduction anglaise (Vauban Books). À chaque fois, le même procédé : tronquer, déformer, salir. À cette entreprise de défiguration répond aujourd’hui Philippe Hemsen, dont la biographie magistrale, « Jean Raspail, aventurier de l’ailleurs » (Albin Michel), rétablit les faits. Plus qu’une réplique : une salubre mise au point.
Olivier Faye, journaliste au Monde, s’est fait une spécialité d’expliquer le « Comment du pourquoi »… Par exemple : comment la peste est arrivée en Occident grâce à Renaud Camus (voir le livre récent du monsieur consacré à ce dernier) ; aujourd’hui (Le Monde, 29 mars 2027), c’est : Comment Jean Raspail est devenu le maître à penser de l’extrême-droite, de Trump, de son entourage toxique, de tout ce que les États-Unis comptent de sales racistes.
L’autre spécialité d’Olivier Faye, c’est la grande habileté (nous ne la lui contestons pas) dont il témoigne dans l’art de présenter les faits ou les gens qui lui déplaisent sous un angle qui les rend détestables, en tordant la réalité, le sens des mots, le sens des citations détachées du contexte…
Un exemple ? Olivier Faye évoque la commémoration du bicentenaire de la mort du roi Louis XVI en 1993 et, dans le même paragraphe, l’échec de Jean Raspail à se faire élire à l’Académie Française, pour mettre en relation des événements qui, dans la vie de l’écrivain, n’ont en réalité aucun rapport l’un avec l’autre, suggérant ainsi dans l’esprit du lecteur combien le personnage, « avide d’honneur », était calculateur. (On y avait déjà eu droit, dans la « biographie » de Renaud Camus)…
Citation :
« Avide d’honneurs, Raspail aurait bien aimé revêtir l’habit vert d’académicien. Dans ce but, il avait pris ses distances avec les partis politiques, se drapant dans la posture plus romantique du militant royaliste, organisateur d’un hommage à Louis XVI pour le bicentenaire de sa décapitation, en 1993. Mais il ne sera jamais élu sous la Coupole. »
Raspail, ennemi des masses, pas des hommes
Le reste est à l’avenant. Approximations, torsions de la réalité des faits, omissions… Comme lorsque Olivier Faye évoque la brève adhésion de Jean au Parti franciste de Marcel Bucard durant l’Occupation, tellement brève, de la part du gamin, que l’adhésion s’était faite le jour du débarquement ! Comme militant politique, on fait mieux… Mais ça, naturellement, que je lui avais pourtant bien signalé, au téléphone, Olivier Faye ne le dit pas, laissant ainsi planer le doute sur la position de Jean Raspail (18, 19 ans à l’époque) durant l’Occupation.
Pour ce qui est du Camp des saints, tout est question de lecture. Comme je le dis toujours, lorsqu’on me pose la question : La Guerre des mondes d’H. G. Wells, est-ce un roman raciste ? Vous remplacez les Indiens d’Inde du Camp des saints par des extra-terrestres, vous avez le même roman. Jean n’était pas « raciste », il détestait et avait peur des « masses », quelles qu’elles soient, parce qu’elles détruisaient, selon lui, tout ce qui relève de la mesure, du respect de l’espace, de l’environnement, du « chacun chez soi », du village, de la petite ville, de la communauté vivante, de la mémoire des lieux, autant de caractéristiques, à ses yeux, de l’ancestrale civilisation européenne. Jean Raspail aime le singulier ; le pluriel le gêne… Ce n’est pas un hasard, tout de même, s’il aimait tant la Patagonie, où il doit y avoir deux habitants tous les 100 kilomètres, ce qui détermine la chaleur de leur accueil ! Eh oui, Jean voyait avec tristesse la vieille France de son enfance disparaître, mais cette disparition était due, selon lui, autant à son « américanisation » (consentie, voulue, même par la plupart) qu’à l’immigration de masse. Ce qu’il condamnait avec virulence dans Le Camp des saints, c’est la veulerie des « élites » françaises, lorsqu’il s’agissait de défendre l’identité de la France face à son engloutissement par le gloubi-boulga mondialiste…
À lire : Philippe Hemsen, Jean Raspail, aventurier de l’ailleurs, Albin Michel, 2025, 400 p., 25 €.
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