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De la prospérité

Un trentième-sixième texte de notre rubrique « Souvenez-vous de nos doctrines » est à retrouver aujourd’hui, un extrait de Frédéric Le Play tiré de La réforme sociale en France.

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Il faut revenir aux institutions qui donnèrent à nos aïeux la prospérité, tout en adoptant les formes de notre temps, il faut replacer la société sur ses bases éternelles : la vie privée, sur le foyer, l’atelier, la paroisse et la corporation ; le gouvernement local, sur le département rural et la commune urbaine ; le gouvernement central, sur la province et l’État.

Au milieu des diversités qui se rattachent à la nature des lieux, aux traditions de la race, à l’organisation de la vie privée, aux formes du gouvernements, aux vices et aux vertus des hommes, il existe un critérium sûr pour discerner les peuples modèles : c’est le régime de la paix sociale. La dose de bien ou de mal qui existe au sein d’une société est exactement en rapport avec la dose d’harmonie ou de discorde qui se trouve dans les esprits des hommes et dans leurs mutuelles relations. Dès qu’il y a défaillance dans l’un des éléments de la constitution, la discorde apparaît aussitôt. Quand, au contraire, la paix est complète, on peut être assuré que la loi suprême est respectée, que les institutions sont conformes à la nature des lieux et des traditions.

En ce qui touche la prospérité, j’adopte la définition suivante, qui me paraît conforme aux indications de l’histoire et aux sentiments des contemporains satisfaits de leur sort. J’appelle « prospères » les sociétés où la paix règne sans un recours habituel à la force armée ; où la stabilité des foyers domestiques, des ateliers de travail et des voisinages est assurée par la libre entente des pères de famille ; où, enfin, la conservation de l’ordre traditionnel, fondé sur la loi morale, est le vœu commun des populations.

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Partout, la prospérité [trouve] ses principales sources chez le père dévoué à sa famille et chez le patron aimé de ses ouvriers ; elle devient complète quand le magistrat et le prêtre ont au même degré l’esprit de devoir et l’amour du peuple.

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Les idées et les institutions les plus favorables au bien-être temporel d’un peuple sont celles qui attachent le vieillard à la tradition de ses ancêtres et au bonheur de ses descendants. Elles perpétuent pendant de longue années des forces précieuses qui, privées de ce stimulant, deviendraient promptement stériles. Les peuples les plus prospères ont toujours prolongés par le respect et l’obéissance des jeunes générations, la vie active des vieillards.

Chez les peuples prospères, il n’existe entre les divers âges aucune trace d’antagonisme : les jeunes gens comprennent fort bien qu’ils ont tout intérêt à honorer leurs parents et à leur obéir, ne fût-ce que pour éviter plus tard d’être humiliés par leurs propres enfants.

Les sentiments d’affection et de respect sont les plus solides soutiens de la hiérarchie sociale.

La pratique de la coutume et des préceptes du Décalogue, qui en sont le fondement, ne se conservent chez un peuple que si chaque génération a le pouvoir de les inculquer à celle qui suit.

https://www.actionfrancaise.net/2026/04/11/de-la-prosperite/

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