
Pour Yves Daoudal, la défaite de Viktor Orban signe la “normalisation” de la Hongrie.
Orban avait cru pouvoir sanctuariser la définition de la famille et l’interdiction de la propagande LGBT, mais le nouveau pouvoir va s’empresser de les rayer de la Constitution, et sans aucun doute de faire pire, aux applaudissements de l’UE. La Hongrie normalisée par l’UE c’est aussi un pays russophobe de plus, et dans l’immédiat le pays qui va permettre de verser 90 milliards d’euros dans le trou sans fond de l’Ukraine. (A moins que Robert Fico, éventuellement épaulé par Andrej Babiš, ne prenne le relais, mais Orban était le poids lourd…)
De son côté Ouest-France qualifie le nouveau Premier ministre de “populiste” :
le populiste Péter Magyar va remplacer l’autoritaire Viktor Orban
Selon ce compte X, Magyar est un conservateur-libéral, ex-membre du même parti qu’Orbán, mais il a démissionné à cause de tous les cas de corruption qui existaient dans le parti.
- Immigration — Contre les politiques de l’Union européenne. Pour le maintien de la barrière frontalière. En campagne, il a déclaré : « Nous choisissons le peuple hongrois et nous ne voulons pas d’immigrants ».
- Économique — Pro-marché, libéral. Pour la baisse des impôts. Réduire le pouvoir de l’État.
- Géopolitique — Anti-Poutine, mais en ce qui concerne l’Ukraine, il pense très similairement (rappelons-le, ils viennent tous deux du même parti).
- Social — « Anti-woke », il a en fait présenté des programmes pour prioriser la famille hongroise et augmenter la natalité.
- Défense — Il prévoit d’augmenter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035.
Péter Magyar a promis de durcir la politique migratoire de Viktor Orban :
« Nous protégeons les travailleurs hongrois : à partir du 1er juin 2026 et jusqu’à nouvel ordre, nous n’autoriserons zéro, c’est-à-dire zéro importation de travailleurs invités non hongrois en dehors de l’UE. »
Jean-Dominique Merchet, journaliste sur LCI et L’Express, souligne :
- La Hongrie de Orbán n’était pas une dictature. La preuve par les élections d’hier. Orbán avait le soutien d’une majorité d’électeurs, il l’a perdu, il s’en va. Le pays est donc resté une démocratie, certes “illibérale”, mais une démocratie quand même.
- Son échec s’explique par plusieurs raisons. D’abord, l’économie. Le pays se porte mal depuis 2020 et les prix ont fortement augmenté. Le contraste est frappant avec le dynamisme économique de la Pologne, voire de la Roumanie, ce qui est vécu comme une humiliation. La politique économique “non-orthodoxe”, avec un fort interventionnisme du pouvoir, n’a pas donné de brillants résultats.
- Dans ce contexte, la corruption massive des cercles du pouvoir, et les atteintes inhérentes à l’Etat de droit qui l’accompagnent, ont été rejeté par une majorité de Hongrois, qui ne profitaient plus des fruits de la croissance.
- L’usure naturel du pouvoir après quatre mandats consécutifs (16 ans) et même cinq s’il l’on tient compte du premier (1998-2002). Viktor Orban est sur la scène politique hongroise depuis 1989.
- Faute de pouvoir présenter un bon bilan économique, Orbán avait choisi de faire campagne sur le thème de la paix (éviter d’être entrainer dans la guerre d’Ukraine). Cela n’a pas marché.
- Une question reste ouverte : son illibéralisme a-t-il été rejeté ? En partie, mais en partie seulement. Le futur Premier ministre Peter Magyar est un homme de droite (il siège avec LR et la CDU au Parlement européen), même s’il a bénéficié du soutien des progressistes. Il se réconciliera avec Bruxelles (à la manière de Giorgia Meloni) ce qui lui permettra de bénéficier des fonds européens mais conservera une ligne anti-immigration et une certaine prudence vis-à-vis de l’Ukraine dont la cause n’est pas populaire en Hongrie – tout en s’éloignant de Moscou. Toutefois, le pays reste extrêmement dépendant de la Russie pour son approvisionnement en énergie (pétrole, gaz, nucléaire).
Cela nous indique que les médias sont en décalage sur l’actualité hongroise. Viktor Orban a été battu par un conservateur ancien membre de son parti, ce qui montre que la gauche est inexistante sur le plan électoral.
https://lesalonbeige.fr/informations-contradictoire-sur-peter-magyar/