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[POINT DE VUE] De Jack Lang à Raphaël Arnault : on a trouvé la filiation

Capture d'écran France 2
Capture d'écran France 2
Raphaël Arnault, Jack Lang. Rien à voir, vous me direz, entre ces deux personnages. Cinquante-cinq ans de différence et des parcours complètement différents. Et pourtant comment, à la réflexion, ne pas faire de parallèle entre le dernier dinosaure de la Mitterrandie et la jeune pousse de la Mélenchonie ? La chose ne paraît pas évidente, de prime abord, mais du ministre de la Culture, de toutes les cultures et de SOS Racisme surtout, au fondateur de la Jeune Garde, il y a comme une sorte de filiation, un ADN de la gauche.

À gauche, deux mois et une petite interview pour refaire surface

Deux styles, deux époques, mais un même aplomb pour venir plaider sa cause. Deux mois après avoir été sérieusement égratignés par des affaires graves touchant, pour l'un (Jack Lang), l'une de ses relations, pour l'autre (Raphaël Arnault), son entourage immédiat. Des affaires qui auraient dû, devraient les mettre définitivement sur la touche. Lang s'est accroché à son poste de président de l'Institut du monde arabe, au point que le Président lui-même avait dû le pousser à la démission. Quant à Arnault, personne ne l'a poussé vers la sortie ; au contraire, la firme LFI l'a soutenu mordicus...

Deux mois, ou presque, après le meurtre de Quentin Deranque, Arnault a donc fait son retour à l'Assemblée et donné deux interviews : au média de gauche Blast et à ICI Vaucluse. Dans le calendrier théologique de la gauche, deux mois doivent suffire pour faire pénitence (« convalescence » a dit maladroitement Arnault) mais le pénitent de gauche, lui, ne revient pas pour s'excuser, demander pardon ; non il ne réapparaît que pour dire son innocence et accuser les autres ! Jean Bexon, pour Boulevard Voltaire, a démonté point par point les mensonges de Raphaël Arnault et dénoncé la complaisance de France Inter qui ne lui porte jamais la contradiction.

Jack Lang a dû faire face à un interviewer autrement plus coriace, durant l'émission Complément d'enquête, comme l'a souligné Sarah-Louise Guille, mais cela lui a permis de surjouer la colère, en digne émule de Mitterrand (« ça suffit !  »« ras-le-bol, ras-le-bol, ras-le-bol ! »), de se victimiser et de nous servir un numéro impressionnant, pour un homme de 86 ans. On a même eu droit au « Moi je fais confiance à la justice de mon pays, je fais confiance à la justice de la République », à la « campagne de calomnies » et même à un parler jeune, comme aux grands heures des années 80 :« Je me sens nickel ». 

La morale de ces deux offensives de la gauche autoproclamée morale ? Les médias publics lui sont globalement acquis. Certes, Complément d'enquête n'a pas ménagé Jack Lang mais on se souvient de l'éloge dithyrambique de Patrick Cohen à l'endroit de Jack Lang. Ne parlons pas de l'interview de Raphaël Arnault par ICI Vaucluse... Écoutez-la pour vous faire votre propre idée. Et pour la droite ? L'épisode montre l'ampleur du travail à poursuivre, par les médias alternatifs et par les responsables de la droite nationale (songeons à Charles Alloncle) pour ne plus rien céder. Plus que jamais, ils doivent se montrer disruptifs. L'alternance qui se profile se jouera - et se gagnera ensuite - sur la capacité de la droite à pousser la gauche dans le retranchement de ses mensonges, de ses trahisons et de son immoralité, voire amoralité. Et il y a du grain à moudre.

Frédéric Sirgant

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